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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 07:40

Après plus d'une semaine d'attente, le monde a finalement découvert la décision du président américain Donald Trump sur le rôle que son pays entendait jouer par rapport à l'Accord de Paris sur le changement climatique. Au regret de beaucoup, il a choisi de se retirer de cet accord historique dans lequel les Etats-Unis ont joué un temps un rôle clé.

Pour la plupart des personnes au fait du dossier, c'est tout sauf une surprise.

M. Trump a été très clair sur cette question, la qualifiant de canular le changement climatique lors de sa campagne électorale. Il avait déjà pris l'engagement d'annuler l'Accord de Paris et revenir sur de nombreuses décisions environnementales prises par son prédécesseur Barack Obama, le tout au nom du besoin d'aider une industrie américaine du charbon chancelante en créant des emplois.

A l'approche de sa décision finale concernant l'un des plus grands pactes globaux de lutte contre le changement climatique de l'histoire, M. Trump a assuré avoir eu de nombreuses discussions avec des partisans et des opposants au retrait du texte.

On pourrait donc penser qu'il a de très bonnes raisons de sortir de l'accord et qu'il connaît les conséquences du retrait de ce texte signé par près de 200 pays et incarnant une aspiration commune à avoir un avenir moins carboné.

Mais il faut ici mentionner que ce retrait et un relâchement dans le contrôle des émissions de CO2 ne se traduira guère par une hausse de nouveaux emplois car l'industrie des énergies fossiles est très automatisée et n'a guère besoin de davantage de main-d'oeuvre, ont souligné de nombreux experts.

S'il faudra peut-être du temps au président américain pour réaliser la pertinence de ces avis, il est d'ores et déjà la cible de plusieurs alliés importants.

Tous les autres membres du G7 se sont dit pour le moins déçus, voire en colère, devant son refus de renouveler l'engagement américain envers l'Accord de Paris lors de leur sommet la semaine dernière à Taormine en Sicile.

Ces divergences sur le climat risquent d'être un nouveau boulet pour les relations transatlantiques, après son soutien au Brexit et ses remontrances sur les contributions financières des alliés à l'OTAN.

A Paris, les Etats-Unis s'étaient engagés à réduire d'ici 2025 de 26 à 28% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005. Selon une analyse du think tank Climate Interactive, cet engagement américain représentait 21% du total des promesses de réduction d'émissions d'ici 2030 en vertu de l'accord.

Ce retrait va être difficile à compenser, mais de grands acteurs tels que l'Union européenne, l'Inde et la Chine ont redit leur volonté d'accroître leurs efforts face à ce revirement américain.

Le fiasco d'il y a 16 ans, qui avait vu les Etats-Unis rejeter le protocole de Kyoto, nous a appris nos dépens -et le monde ne le sait que trop bien- qu'avec ou sans un leadership américain, il faudra respecter les engagements pris à Paris et travailler encore plus dur pour réduire les émissions de CO2 afin de garantir un avenir meilleur à notre planète.

Et comme le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres l'a dit, si un gouvernement vient à douter de la volonté globale exprimée par l'accord, alors le monde doit demeurer plus uni que jamais pour rester sur la bonne voie.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Liu Ying, le 02/06/2017 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 17:39

Une révolution photovoltaïque est en train de s'opérer avec l'émergence des cellules photovoltaïques fonctionnant par tous les temps, selon un scientifique chinois.

"La recherche sur les cellules photovoltaïques portait principalement sur l'augmentation de l'efficacité de la conversion photovoltaïque, avant que l'on ne jette une nouvelle lumière sur la production d'électricité hautement efficace et continue dans des conditions de faible luminosité, telles qu'un temps pluvieux, du brouillard ou encore la nuit", a expliqué Tang Qunwei, professeur à l'Université océanique de Chine.

L'équipe de M. Tang et celle dirigée par Yang Peizhi, professeur à l'Université normale du Yunnan, ont développé une cellule photovoltaïque utilisant un matériau essentiel appelée phosphore à longue persistance, qui peut stocker l'énergie solaire pendant la journée et l'exploiter dans le noir.

"Seule une partie de la lumière visible peut être absorbée et convertie en électricité. Mais l'énergie solaire en provenance de la lumière visible non absorbée et de la lumière infrarouge proche peut être stockée dans le phosphore à longue persistance, libérant la lumière visible monochromatique pendant la nuit," a précisé M. Tang. "Cette lumière diffusée est absorbée par les absorbeurs de lumière et convertie en électricité, ce qui réalise la production d'électricité continue la journée et dans le noir."

Le travail des MM Tang et Yang a récemment été publié dans les revues scientifiques ACS Nano et Nano Energy.

 

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Liang Yunfang, le 02/04/2

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 17:30

La Chine sera son propre modèle

Dans un brillant essai nourri de son expérience unique de diplomate dans le monde chinois
depuis la fin de la révolution culturelle en 1976, Sylvie Bermann, aujourd’hui ambassadeur de
France à Londres, assure qu’il faudra prendre la Chine telle qu’elle est et non comme nous la
fantasmons. Une leçon de modestie et d’ouverture d’esprit.

La Chine en eaux profondes. Sylvie Bermann, Stock, 339 p., 20,50 €

Comment expliquer la singularité de la Chine sans tomber dans l’apologie sans discernement ou
la critique idéologique biaisée ? Pour tous les spécialistes sérieux de la civilisation chinoise, le défi
est permanent et Sylvie Bermann, pionnière du monde chinois il y a quarante ans, a relevé ce défi
avec succès.
Diplomate de carrière, sa grande chance a certainement été de découvrir la Chine au lendemain de
la révolution culturelle en 1976 et 1977, d’y avoir été nommée comme jeune diplomate en 1980-
1982 puis d’y être retournée de 2011 à 2014.


Des immersions multiples et décalées dans le temps


Le sérieux et l’équilibre de son essai s’expliquent par ces immersions multiples et décalées dans
le temps. Elle a été le témoin de la « Chine d’avant » et de « la Chine d’aujourd’hui », porte ouverte vers une réflexion solide sur « la Chine de demain ».
Récits, témoignages et notations à vif nourrissent sa réflexion sur une Chine dont elle sent très
bien les vibrations profondes héritées d’un « glorieux passé » et dont « la Chine est fière ». Elle
écarte très vite les fantasmes de ceux qui attendent comme seule évolution réelle de la Chine une
démocratisation… à venir.

« Nul ne pourra façonner la Chine à son image »


Au risque de décevoir les Occidentaux qui, dans un schéma mental ethnocentré, voient la montée
des classes moyennes provoquer une démocratisation, Sylvie Bermann répond : « La Chine n’est
pas et ne sera jamais telle que la veulent ses experts amoureux, déçus. Nul ne pourra la façonner
à son image. La Chine sera, comme toujours dans l’Histoire, son propre modèle ».

En conclusion, Sylvie Bermann donne un sage conseil : « La Chine est entrée dans une logique
de puissance que nous ne pouvons contester. Comme la Chine fera de plus en plus partie de nos
vies et de nos paysages mentaux, à l’instar des États-Unis au XXe siècle, notre intérêt est de (…) la
comprendre et donc de la connaître mieux ». D’où l’impérieuse nécessité de dévorer cet ouvrage
loin d’être alarmiste comme certains autres mais… rassurant.

Par Dorian Malovic, le 14/3/2017 journaliste à La Croix

 

 
La Chine en eaux profondes
Sylvie Bermann
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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:47

Les sorties nettes de capitaux de Chine ont atteint l'an passé le montant sans précédent de 725 milliards de dollars (670 milliards d'euros), soit 50 milliards de plus qu'en 2015, et elles risquent encore d'augmenter si les entreprises américaines s'emploient à rapatrier leurs profits sous la pression du gouvernement, a annoncé jeudi l'Institute of International Finance (IIF).

Les sorties nettes ne représentaient que 160 milliards de dollars en 2014. Elles se sont multipliées depuis, tant de la part des ménages que des entreprises, qui, entre autres choses, ont cherché à réduire leur exposition à la dépréciation du yuan face au dollar.

Ces sorties, qui ont entraîné une diminution des réserves de change chinoises de 320 milliards de dollars en 2016, ont poussé les autorités à renforcer le contrôle des changes.

Le yuan a perdu 6,5% contre le dollars en 2016, une baisse d'une ampleur sans précédent.

Si le protectionnisme venait à se développer, surtout après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, cette tendance ne ferait que s'amplifier, estime l'IIF.

Donald Trump et Peter Navarro, son principal conseiller au commerce international, ont accusé mardi la Chine, l'Allemagne et le Japon, les trois principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, de dévaluer leur monnaie au détriment des entreprises et des consommateurs américains.

"Si les multinationales américaines commencent à rapatrier leurs profits de Chine, les sorties de capitaux pourraient encore empirer en 2017", dit l'IIF, évoquant les promesses d'exonérations fiscales pour les entreprises américaines qui le feraient.

Hors la Chine, le panorama est différent pour les économies émergentes, avec des entrées nettes de capitaux de 192 milliards de dollars en 2016 après 123 milliards en 2015.

L'IIF avait dit en novembre que les pays en développement devraient enregistrer des sorties nettes de capitaux de 206 milliards de dollars en 2017, la Chine en représentant la plus grande partie.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

 

jeudi 2 février 2017

par Sujata Rao LONDRES, 2 février (Reuters) -

 
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:00

Zhou Yaoping 周耀平 plus connu sous le nom d'artiste Zhou Youguang 周有光 a vu le jour le 13 janvier 1906 dans la ville de Changzhou en Chine. Il est décédé le 14 janvier 2017 à Pékin.

Zhou Yaoping est un linguiste d'origine chinoise, considéré comme le père du pinyin, la transcription officielle du mandarin en langue romaine en République Populaire de Chine.

 

Biographie

Zhou Yaoping est né au début des années 1900 au sein d'une famille aisée qui avait subi la perte de sa fortune à trois époques différentes. La première faillite s'était déclarée lors de la dynastie Qing, la deuxième lors de la Deuxième Guerre Mondiale et la période de la Révolution culturelle qui était une campagne politique menée par Mao Zedong, a eu raison de la fortune familiale. Malgré tous ces revers, Mr Zhou a quand même pu bénéficier d'une bonne éducation. En effet, en 1923, Zhou Youguang a fait ses études à l'Université de Saint John de Shanghai où il a suivi des cours de spécialisation en sciences économiques, et a pris en supplément une formation en linguistique. Cette université faisait partie des meilleurs établissements d'enseignement de la ville de Shanghai. Il a abandonné ses études au sein de cet établissement lors du Trentième mouvement de mai en 1925 et a été transféré à l'université de Guanghua qui a eu une existence éphémère. Il y a reçu son diplôme deux années plus tard. Il est ensuite allé au Japon dans le cadre d'un programme d'échange d'étudiant. Ses premières expériences professionnelles ont consisté à tenir un poste de banquier et d'économiste à l'étranger, principalement dans la ville de New York, mais il est retourné dans la ville de Shanghai en 1949 quand la République Populaire de Chine a été décrétée.

En 1955, le gouvernement alors en place avait nommé Zhou à la tête du comité qui avait pour but principal la réforme de la langue chinoise afin d'augmenter le taux d'alphabétisation de la population. En effet, au début de ses travaux pour le développement du pinyin, 85% de la population chinoise ne savait ni lire ni écrire. Grâce à ses travaux, ce chiffre a diminué drastiquement. Le comité, qui était composé d'une vingtaine de personnes, avait ainsi passé trois ans pour développer le pinyin. D'autres comités avaient aussi été créés afin de conduire des travaux pour promulguer le mandarin en tant que langue nationale et de créer un ensemble de caractères chinois simplifiés. Le comité de Zhou avait pour mission de développer une romanisation afin de représenter la prononciation des caractères chinois. Le pinyin est ainsi devenu la romanisation officielle du chinois mandarin en 1958. Jusqu'à présent cependant, le pinyin est uniquement un guide de prononciation, et non un substitut à un système d'écriture.

Durant la période de la Révolution culturelle, Zhou avait subi comme beaucoup d'intellectuels de cette époque, une période de persécution. Il a ainsi été envoyé à la campagne pour y vivre et subir un programme de rééducation. Il alors passé deux années au sein d'un camp de travail. Il a aussi passé plusieurs années dans les domaines de Ningxia, une région pauvre située dans la partie Ouest de la Chine, pour y travailler. En 1948, il a rencontré le dernier empereur de Chine dans une cantine qui était sous la gestion du gouvernement de Pékin. Après son séjour aux Etats-Unis, il avait décidé de revenir dans son pays afin de contribuer à sa reconstruction. Il avait alors occupé un poste de professeur d'économie au sein de l'université Fudan de Shanghai.

Après 1980, Zhou qui avait à l'époque 74 ans, avait travaillé en collaboration avec Liu Zunqi et Chien Wei Zang pour traduire l'Encyclopédie Britannique en Chinois, ce qui lui avait valu le surnom d'Encyclopédie Zhou. Zhou avait ensuite continué à écrire et à publier depuis la création du pinyin. Par exemple, son livre Zhongguo Yuwen de Shidai Yanjin a été traduit en anglais par Zhang Liqing et a été édité en 2003. La totalité des ouvrages qu'il a écrits depuis 2000 se comptent par dizaine, dont certains ont fait l'objet d'une interdiction en Chine. Dans sa vieillesse, il est devenu un défenseur de la réforme sur le plan politique, et était critique sur les attaques du Parti communiste chinois concernant la culture traditionnelle chinoise une fois arrivé au pouvoir.

Zhou avait épousé Zhang Yunhe le 30 avril 1933 et cette dernière est décédée le 14 Août 2002. Ils ont été mariés durant soixante neuf ans et une centaine de jours. Ils ont eu ensemble deux enfants, dont une fille qui est décédée à l'âge de 6 ans et un garçon.

© Chine Informations - La Rédaction

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 17:34

Premier jour

Le lever du jour ou les trois débuts 

Ce premier jour du premier mois lunaire " yuan dan " (Yuan : " le début " et dan : " le lever du jour "), désigne non seulement le premier jour de l'année, le premier jour du premier mois mais également le début de toute une année ; raison pour laquelle ce premier jour est aussi nommé " les " trois débuts ". A partir du matin de ce premier jour, on honore les ancêtres avec l'expression de sa reconnaissance.

L'hommage aux ancêtres

Pendant l'Hommage aux ancêtres, la famille fait des offrandes devant les tablettes des ancêtres (petites planches en bois sur lesquelles sont marquées les noms des défunts, placées sur l'autel des ancêtres) : des fruits, des gâteaux du nouvel An, des nourritures salées et sucrées et du vin. Durant cette cérémonie, sont allumés de l'encens et des bougies rouges et l'on s'incline devant les tablettes en signe de gratitude pour leur bonté, mais également en reconnaissance aux Dieux, aux parents et aux aînés.

Les voeux de la famille réunie et les présents aux enfants

Au terme de l'hommage aux ancêtres, les membres de la famille se complimentent de façon réciproque et les enfants se présentent tour à tour devant les parents : ils expriment leurs voeux, de l'aîné au plus jeune et du fils à la fille. A cette occasion, il peuvent recevoir les "Hong-Bao", ces petites enveloppes rouges et or qui contiennent les étrennes des enfants. Les "Hong-Bao" sont traditionnellement données à l'aube du jour de l'an, après le dîner du Jour de l'An, pour souhaiter richesse et réussite.

Le rituel " de faire l'invité " (zuo ke)

Tandis que les pétards résonnent tout le long de la journée, l'après-midi et durant les deux jours suivants, il est de tradition que la famille visite à ses proches, à ses amis et même à ses supérieurs pour présenter ses souhaits de bonne année, ce que l'on appelle " le rituel de faire l'invité ". Cette période est propice également à l'envoi de cartes de voeux aux personnes éloignées. Les enfants qui présentent leurs voeux reçoivent une orange qui symbolise le bonheur et la longévité. Les fruits sont très importants. Les clémentines, symbole de chance et de bon présage, sont servies en grande quantité, en offrandes aux divinités sur l'Autel de la maison et aux invités. Les invités peuvent donner aussi des "Hong-Bao" aux enfants s'il sont de la même famille. Ce premier jour est aussi par tradition une journée végétarienne, car le corps doit être purifié.

Deuxième jour

L'accueil du gendre 

Ce deuxième jour, les voeux et les occupations de la "Fête du Printemps" se poursuivent. On continue de rendre visite aux proches et aux amis, et surtout aux parents de sa femme puisque cette journée est réservée à " l'accueil du gendre ". Ces présentations de souhaits et ces multiples visites aux proches ont pour objectif de raffermir les rapports sociétaux entre les diverses familles.

Le culte au Dieu de la fortune 

Dans le but que le Dieu de la fortune accorde chance et réussite à la famille pour l'année qui commence, avec des cierges et de l'encens allumés, toute la famille prie le Dieu de la fortune. La cérémonie est couronnée par des pétards. Après une journée végétarienne, ce jour-ci, le repas est le même que celui consommé au banquet du nouvel An, le plus important dans la culturechinoise.

Troisième jour

Le mariage des souris

En ce troisième jour, la tradition veut que l'on ne perturbe aucunement les souris. Dès le matin, la famille se lève sans les troubler et dépose à leur intention des aliments aux quatre coins du foyer. Les souris peuvent grignoter dans les délicieuses réserves et les provisions de la famille. La légende indique qu'un charbonnier, recevant la visite d'une jeune fille, lui proposa de faire un déjeuner. Alors qu'elle préparait le repas, il s'aperçut qu'il y avait des griffes sur la pâte des raviolis et que les mains de la jeune fille étaient comparables aux pattes des souris. "Il s'agit d'une une sorcière", pensa-t-il. Voulant lui trancher les mains, la jeune fille s'évapora comme par magie. Voulant se repentir, et persuadé que la jeune fille était immortelle, il décida avec ses amis d'offrir de la nourriture aux souris afin d'attendrir le courroux de l'immortelle. Et depuis ce jour les souris sont autorisées à grignoter librement dans les réserves des foyer, mais un jour par an. Une autre légende indique que la pluie tombera à chaque fois que l'on sortira dans l'année, si pendant les trois premiers jours de l'année on mange du riz cuit avec trop d'eau.

Quatrième jour

Le retour des dieux du foyer

Le retour des dieux tutélaires est attendu le quatrième jour. Aussi, pour les accueillir, des offrandes et des rafraîchissements seront déposés en offrande. Durant cette quatrième journée tout le monde commence à reprendre ses activités quotidiennes interrompues par les coutumes et les festivités de la fête du printemps.

Cinquième jour

Le retour aux activités quotidiennes

Si la période de la fête du printemps n'est pas terminée, le cinquième jour marque la fin des distractions et des fêtes de la commémoration du nouvel An. Ce jour là, on retire les décorations, les emblèmes décoratifs de la maison et les occupations journalières reprennent normalement.

Septième jour

Le jour de l'homme : "ren ri"

Suivant les écrits ancestraux de Tung Fang So (censeur de l'empereur Wudi, Dynastie des Han de 206 avant JC à 220 après JC), les huit premiers jours de l'année sont attribués respectivement au coq, au chien, au cochon, au mouton, au boeuf, au cheval, à l'homme et aux grains.

Si un cochon (le troisième) met au monde des petits sur son jour sa progéniture sera exemplaire, sous condition que la jornée soit ensoleillé. Le septième jour du premier mois est celui de l'homme. C'est à cette date de l'année que les humains changent tous ensemble d'âge et non pas au jour de leur naissance.

Par exemple, un enfant qui vient au monde en Chine a donc déjà un an s'il est né durant le douzième mois. Il aura deux ans le septième jour du premier mois alors qu'il n'aura en vérité qu'un mois de vie sur terre. De même, dans cette journée, il est dans la coutume de dire que si le temps est clair et ensoleillé, les enfantements seront abondants durant l'année.

Pour célébrer ce jour de l'homme, sa jeunesse et sa longévité, toute la famille rassemblée autour d'un banquet " bai shou " : prier pour la longévité ) consomme des plats symboliques : notamment des nouilles, qui par leur longueur représentent ce souhait d'une longue vie. Si elles sont préparées et sautées avec de la viande et des pousses de bambou, la signification du plat aura pour sens : " nous vous souhaitons une longue vie ". Notons que le mot "bambou" est un homophone de " prier, souhaiter " et étant invariablement de couleur verte et inaltérable, il représente la jeunesse et la longévité.

La fête de la lanterne

Ce septième jour du premier mois lunaire représente la clôture des fêtes de la période du nouvel an. Alors que la lune arrive dans sa première lunaison depuis la nuit de l'accession au nouvel An), on célèbre la soirée de la pleine lune en suspendant des lanternes multicolores à l'approche du soir.

Cette tradition qui prend ses sources dans l'hommage rendu au ciel, aux astres, aux étoiles et à l'Unité Suprême (tai yi), se déroulait depuis le crépuscule jusqu'au lever du jour. Les hommages étaient destinées à un monde éternel qui dépasse l'homme dans sa réalité. Ces lanternes, suspendues dans les temples en hommage au "seigneur du ciel" ou à l'Unité Suprême, devinrent avec des ornements pour honorer Bouddha, puis des décorations pour le divertissement de la cour, des invités étrangers, associant dès lors l'usage des lanternes avec la représentation d'une magnificence et d'un éclat particulier.

Actuellement, les lanternes représentent un caractère social et une occasion de fête, et elles font le bonheur des petits. L'après-midi les nombreuses lanternes multicolores rivalisent de couleurs et de représentations dans les boutiques et aux enseignes des échoppes. Carrées auparavant ou maintenant plutôt rondes, confectionnées en papier fin (souvent rouge), ou en tissu ou dans d'autres matières, elles peuvent représenter des animaux de l'horoscope chinois, du signe de l'année, des événements historiques, des caractères symbolisant des voeux.

Le soir, grâce au spectacle féerique de la fête des lanternes, c'est une occasion idéale pour se rencontrer et faire de nouvelles rencontres. Auparavant, les jeunes Chinois n'étaient autorisés à sortir qu'à deux occasions : le jour de la fête des pures clartés "qing ming jie" où l'on nettoyait les tombes, et à l'occasion de la fête des lanternes, où les jeunes filles pouvaient rencontrer leur futur fiancé.

 

© Chine Informations - La Rédaction

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:32

Pour l’ex-ministre des affaires étrangères, l’Occident doit admettre qu’il ne peut plus régenter le monde.

Ancien secrétaire général de l’Elysée de François Mitterrand et ex-ministre des affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), le diplomate et homme politique Hubert Védrine reste un observateur aussi aigu que réaliste de l’état du monde. Il a publié dernièrement Le Monde au défi (Fayard) et Sauver l’Europe ! (Liana Levi).

L’installation de Donald Trump à la Maison Blanche marque-t-elle la fin d’une prétention américaine au leadership mondial ?

C’est encore trop tôt pour le dire, mais déjà son élection a désintégré nombre de convictions en Occident. Il a été choquant dans sa campagne, il est déjà perturbant et il va y avoir des turbulences ! Mais je ne suis pas sûr qu’il soit forcément dangereux. Cela dépend un peu de nous, et des autres. A partir de 1992, après l’effondrement de l’URSS, nous avons quitté le monde bipolaire pour entrer dans un monde global semi-instable, une mer agitée à 5/6, jamais de mer calme, mais pas non plus de cyclone permanent. Pendant ce dernier quart de siècle, les Occidentaux ont cru à ce qu’avait promis George Bush père [1989-1993], c’est-à-dire à un nouvel ordre mondial sous la conduite éclairée des Etats-Unis. Les conceptions étaient certes sensiblement différentes, plus nationalistes outre-Atlantique, plus idéalistes chez les Européens, mais il y avait une illusion commune. Tout cela s’effondre aujourd’hui. L’élection de Donald Trump n’est pas la cause de ce bouleversement, elle en est une expression. Elle est la résultante d’insurrections électorales – comme par ailleurs le Brexit, ou d’autres phénomènes similaires – des classes populaires qui n’ont jamais cru à une mondialisation « heureuse », mais aussi des classes moyennes occidentales qui s’en détournent maintenant, comme elles se détournent de l’Europe. Vu d’Europe, la victoire de Donald Trump était possible mais impensable, parce qu’il horrifiait. Elle court-circuite la pensée d’une certaine gauche américaine – et européenne – qui s’est détournée des classes populaires qui votent « mal », et a tout misé sur les minorités. D’autre part, la perte par les Occidentaux du monopole de la puissance qui était le leur depuis plusieurs siècles était déjà observable depuis un certain temps. Mais il a fallu des événements terribles, tels que la reconquête des quartiers orientaux d’Alep par le régime syrien, aidé par l’aviation russe, face à des Occidentaux impuissants, puis les négociations pour une sortie de crise en Syrie annoncées par la Russie avec la Turquie et l’Iran – mais sans les Etats-Unis ni la France –, pour que cette nouvelle donne sidérante devienne une évidence. Et encore, je ne suis pas sûr qu’on ait pleinement réalisé ce que cela signifie.

La vision du monde de Trump où les Etats-Unis n’ont pas vocation à intervenir partout n’était-elle pas déjà celle de Barack Obama ?

Sur l’essentiel, notamment sur le terrain des valeurs, les conceptions de Donald Trump sont aux antipodes de celles de son prédécesseur. Mais, sur l’idée que les Etats-Unis n’ont pas vocation à demeurer à perpétuité les gendarmes du monde, ni à imposer partout la démocratie, il s’inscrit dans une continuité paradoxale avec Barack Obama. Ce dernier pensait déjà que les interventions des vingt-cinq dernières années avaient mal tourné, dans la plupart des cas, notamment en Afghanistan et, pire, en Irak, et que, donc, pour préserver un leadership américain relatif dans la longue durée vis-à-vis des émergents – Chine et autres –, il fallait s’y prendre tout autrement. Donald Trump dit un peu la même chose, mais de façon brutale et outrancière. C’est une rupture énorme avec ce qui était jusqu’ici la vision wilsonienne du monde d’une bonne partie des élites libérales américaines (et mondiales) interventionnistes, et dont les néoconservateurs – qui ont tous voté Hillary Clinton – représentent la forme extrême. Cela va avoir des effets profonds dans la durée sur l’ensemble des relations internationales.

Est-ce la fin de l’Occident comme entité unie et du lien transatlantique ?

Il ne faut pas confondre ces deux notions. L’atlantisme au sens classique se réfère à l’alignement obligé de l’Europe sur les Etats-Unis, qui s’est imposé après la seconde guerre mondiale, du fait de la menace soviétique. C’est cela qui a unifié les deux rives de l’Atlantique, alors que ce n’était pas le cas avant. Longtemps, en effet, les Etats-Unis n’avaient montré qu’un intérêt très relatif vis-à-vis de l’Europe. Cet atlantisme a perdu en partie sa raison d’être après l’effondrement de l’URSS, même si certains prétendent aujourd’hui que la menace russe est presque équivalente – ce qui est pour le moins exagéré. L’Occident est une notion plus vague et vaste, portée notamment par les néoconservateurs américains. Après 1992, les Etats-Unis ont considéré que la démocratie, l’économie de marché et les valeurs occidentales devaient s’appliquer partout. Hyperpuissance triomphale. Avec George W. Bush [2001-2009], surtout après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis sont devenus plus inquiets face à un monde (Russes, Chinois, islam) jugé trop hostile, et plus agressif (Irak). Là on peut parler d’« occidentalisme ». Obama a été élu en réaction à cela et a essayé de calmer l’Amérique. Mais le débat n’est pas clos. En tout cas, l’occidentalisme, mélange de supériorité, d’arrogance et de paranoïa, a échoué et inquiète… en Occident. Les Américains, mais pas seulement eux, sont lassés des interventions militaires extérieures, même s’il y a eu parfois des raisons justifiées pour intervenir au Kosovo [en 1999] ou, au début, en Libye [en 2011]. L’Occident doit admettre qu’il ne peut plus régenter le monde : il va être moins missionnaire, et Donal Trump est une traduction brutale de ce fait.

A la question historique : peut-il y avoir un Occident sans ingérence ?

La réponse n’est pas évidente. Cette vocation prosélyte semble lui être consubstantielle, depuis saint Paul qui appelait à évangéliser tous les peuples. Cela ne veut pas dire pour autant que l’Occident va couler. Mais l’heure est venue d’un inventaire sérieux sur nous-mêmes, sans repentance inutile.

L’intervention russe en Syrie n’est-elle pas, elle aussi, une ingérence ?

Oui, d’un autre type. L’ingérence, ce n’est pas nécessairement l’intervention pour défendre les droits de l’homme, comme on le croit volontiers en France. Il faut assumer qu’il y a des cas où l’intervention est justifiée par les intérêts vitaux du pays. L’intérêt national, ce n’est pas seulement l’indice du commerce extérieur. Ne justifier l’intervention française au Mali [au cours d’une opération multinationale, de 2013 à 2014] que par la défense de « valeurs » était partiel. Nous y sommes intervenus, à juste titre et avec succès, pour défendre notre sécurité et celle des Africains, et nos intérêts, ce qui garantit nos valeurs.

Retourne-t-on à un monde dominé par des zones d’influence ?

Il y aura des tentatives en ce sens puisqu’il n’y a pas de communauté internationale ni d’ordre international et que le gendarme du monde est moins omniprésent. Les hégémonistes américains s’en indignent. Pour eux, il doit y avoir une seule zone d’influence mondiale : la leur ! Mais voilà, il y a la Chine qui ne cesse de se renforcer et la Russie qui s’est réveillée, même si ses faiblesses sont évidentes. Quelques pays raisonnent en ces termes, aussi bien au Moyen-Orient, qu’en Asie du Nord-Est ou en Afrique. C’était d’ailleurs l’objectif de l’Allemagne en matière économique lors de l’élargissement européen à l’Est. La francophonie ou l’hispanidad [« hispanité »] sont des ensembles qui, en se fondant sur une langue partagée, visent aussi à conserver des zones d’influence. Mais il n’y aura pas de zones d’influence hermétiques. Voyez le Moyen-Orient qui se déstructure sous nos yeux. Aucune des puissances régionales ne peut y imposer complètement sa volonté. Ni le régime iranien, avec sa stratégie irano-chiite, ni l’Arabie saoudite avec la sienne, fondée sur un saoudo-sunnisme wahhabite, ni la Turquie et son néo-ottomanisme. L’Egypte ne peut guère gérer que ses propres intérêts. Israël – qui a tort dans sa politique palestinienne – ne cherche qu’à garantir sa sécurité. Ajoutez à cela qu’aucune puissance extérieure n’a les moyens d’imposer sa solution au travers de nouveaux accords de partage du type Sykes-Picot [entre la France et le Royaume-Uni, en 1916] ou San Remo [en 1920].

Va-t-on vers un monde à trois, dominé par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, avec une Europe condamnée à jouer les utilités ?

Une Europe spectatrice peut-être, hélas. Mais, à part cela, sur quoi ces trois puissances, dont le poids est énorme, pourraient-elles réellement se mettre d’accord ? Donald Trump passera peut-être tel ou tel deal réaliste avec Vladimir Poutine, mais je ne vois pas sur quelles bases il pourrait y avoir un accord global entre Moscou et Washington. Ni entre la Russie et la Chine, en dépit de leur rhétorique anti-occidentale commune. Ni entre la Chine et les Etats-Unis. Le jeu international est devenu beaucoup plus diversifié et mouvant, notamment en raison de la multiplicité des acteurs et des sujets. Il y a désormais presque deux cents pays au sein des Nations unies. Même si les trois quarts d’entre eux n’ont guère d’influence, il y a quand même ceux qui contrôlent certaines ressources énergétiques, ceux qui occupent des positions géostratégiques importantes ou des « niches », etc. A ceux-ci s’ajoutent les entreprises, les institutions financières, les ONG, les médias, les Eglises… ce qui complexifie encore un peu plus les processus de décision, y compris dans les cadres multilatéraux. Sans oublier les mafias ! C’est plus facile pour les systèmes autoritaires comme la Chine, la Russie ou l’Iran d’avoir une politique étrangère suivie – bonne ou mauvaise –, que pour les démocraties contemporaines. Donc je m’attends plutôt à de la confusion qu’à de la restructuration.

La chute d’Alep et la prise en charge du règlement du conflit syrien par le trio Russie-Turquie-Iran ne sont-elles pas le symbole d’un nouvel ordre mondial ?

L’idée de l’ordre mondial que nous nous faisions avant était illusoire. La tragédie d’Alep est le symbole cruel de l’erreur complète des Occidentaux, dès le début, dans l’affaire syrienne. C’est presque comparable au fiasco de Suez [en 1956, une coalition franco-israélo-britannique intervenait militairement en Egypte, à la suite de la nationalisation du canal de Suez par le président Nasser, avant d’être contrainte de faire marche arrière sous les pressions américaine et soviétique], même si comparaison n’est pas raison. [Alep] symbolise l’effondrement des politiques occidentales guidées avant tout par des critères moraux et des postures éthiques, sans doute honorables, mais qui, en pratique, n’ont pas marché. Finalement, c’est la Russie qui a les cartes en main, avec l’Iran. Même si elle échoue, cela ne nous remettra pas dans le jeu. Tirons-en les leçons !

Qu’auraient dû faire les Occidentaux en Syrie ?

Choisir dès le début. Face à l’épouvantable guerre civile qui se profilait, soit les Américains et les Français se disaient : nous n’avons pas les moyens nécessaires ni la légitimité pour intervenir, alors faisons de l’humanitaire massif pour atténuer les souffrances des Syriens en aidant davantage la Turquie, la Jordanie et le Liban, et en acceptant d’accueillir plus de réfugiés, tout en essayant de nous concerter avec les Russes. Soit nous jugions fondamental d’imposer la démocratie en Syrie. Et alors, nous nous donnions les moyens militaires, financiers et politiques de réussir, ce qui voulait dire intervenir massivement à l’appui de nos amis démocrates, malgré leurs faiblesses, et donc envoyer, s’il le fallait, cent mille hommes pour des années, tout en nous assurant du soutien de nos opinions publiques. Mais nous n’avons choisi clairement ni l’un ni l’autre, tout en faisant croire aux opposants à Bachar Al-Assad que nous les aiderions vraiment… Parfois moralisme et cynisme se rejoignent. Deux autres erreurs ont été commises. D’abord de ne pas écouter les chrétiens de Syrie et du Liban, qui avertissaient que, si le régime de Bachar était cruel, le suivant serait pire. Deuxièmement, en croyant que la Russie allait laisser tomber la seule implantation extérieure [la base navale de Tartous] qu’elle avait gardée. Ce concentré d’erreurs est l’aboutissement d’une série de croyances et de réflexes chimériques qui se sont accumulés depuis vingt à trente ans. Je suis attaché aux droits de l’homme autant que tout le monde, mais je craignais depuis longtemps que le droit-de-l’hommisme, comme seul critère de choix en politique étrangère, nous mène dans une impasse. Nous y sommes. Nous n’avons plus les moyens de nos émotions, et il ne peut être question de recommencer la colonisation. Il faut repenser tout cela : bilan des interventions, et fixation de critères plus rationnels et rigoureux pour l’avenir.

Dans l’affaire syrienne, la France a été la plus interventionniste. Pourquoi ?

On peut reprocher son incohérence à Obama : édicter une « ligne rouge » [sur l’usage d’armes chimiques par le régime syrien, comme en août 2013] et ne pas réagir quand elle a été violée fut une erreur grave. Mais, conceptuellement, l’erreur française fut plus profonde et continue. Ainsi, après avoir raté le coche lors des événements de Tunisie et d’Egypte en 2011, la France s’est engouffrée à fond en Syrie pour des raisons idéologiques : une sorte de néoconservatisme à la française, à la fois grave et futile. La France, convaincue que c’était sa « mission », a surévalué ses forces, hésité… Il faudrait passer en revue tout ce qui a été fait depuis Jacques Chirac. Tout n’est pas négatif : Jacques Chirac a été remarquable en ce qui concerne l’Irak ; Nicolas Sarkozy a eu des réussites avec la Géorgie, la crise financière, le G20 ; et François Hollande est courageusement et efficacement intervenu au Mali. Il a bien géré, en Centrafrique [l’opération « Sangaris », de fin 2013 à octobre 2016], et a lancé le processus de Minsk pour l’Ukraine. Il n’empêche qu’on a l’impression de ne plus bien savoir qui nous sommes et où nous sommes.

Dans ce nouveau paysage mondial, l’Europe est-elle hors jeu ?

Il y a des puissances européennes, mais « l’Europe » n’est pas à l’origine un projet de puissance. Au départ, elle est un mode d’organisation du plan Marshall, quand les Américains nous ont imposé de coopérer avec les Allemands [après la seconde guerre mondiale]. Puis c’est un marché. L’idée d’Europe puissante est apparue beaucoup plus tard : quand François Mitterrand, le chancelier allemand Helmut Kohl et Jacques Delors [alors ministre de l’économie et des finances français] ont relancé le projet européen en 1984. Jusqu’en 1992, il y a eu cette volonté de faire l’Europe politique, sociale, économique et des citoyens… Les Français voulaient l’Europe de la défense. Mais déjà, à l’époque, les autres Européens n’étaient pas très convaincus sur ce point. Aujourd’hui, les Européens, qui croyaient vivre dans le monde idéal de la communauté internationale et du droit, se réveillent dans Jurassic Park : Donald Trump inquiète tout le monde, Poutine nous provoque, l’islam se convulse. Cela pourrait provoquer un électrochoc créateur mais, pour le moment, rien ne se passe. J’ai relu récemment les conclusions du Conseil européen de Laeken [Belgique], en 2001 : sur le nécessaire sursaut européen, elles sont beaucoup plus ambitieuses qu’aujourd’hui.

Comment relancer l’Europe ?

Pas en ajoutant des promesses aux promesses, sans rien changer au système ! De plus en plus de gens décrochent : les anti-Européens bien sûr, mais aussi des sceptiques, des gens déçus, et beaucoup de gens allergiques à la réglementation à outrance. En fait, une majorité. Donc, il faut annoncer une pause pour écouter les peuples, admettre qu’ils veuillent conserver un peu d’identité, de souveraineté et avoir plus de sécurité. Dans une conférence refondatrice, les gouvernements volontaires décident une opération de subsidiarité massive, aux termes de laquelle la Commission arrête de tout réglementer en détail et est remissionnée sur des éléments-clés et d’avenir, à commencer par un Schengen fiable, avec un contrôle effectif des frontières extérieures. Si nous y parvenons, alors nous pourrons présenter aux peuples une idée de l’Europe de nouveau convaincante. En tout cas, je ne crois pas qu’on puisse avancer sans avoir réentraîné les peuples au préalable. Même Wolfgang Schäuble [le ministre des finances allemand] le dit. En parvenant à convaincre les peuples, on pourra recommencer à bâtir l’Europe de demain, celle qui défendra notre mode de vie dans un monde troublé.

Qu’est-ce que l’arrivée de Trump va changer pour l’Europe ?

Sur Donald Trump, on a entendu en Europe beaucoup de gémissements et de cris d’orfraie. Il faut dépasser cette sidération. Les Européens, du moins les trois ou quatre dirigeants qui pèsent, devraient dire : « Vous voulez sortir de l’accord sur le climat ? C’est une erreur. Nous continuons à l’appliquer y compris avec la société civile et des entreprises de votre pays. » C’est ce que les Chinois ont annoncé. Donald Trump veut casser l’accord sur le nucléaire iranien ? Les Européens n’ont qu’à répondre : « C’est un accord international que nous continuerons à appliquer. Si vous voulez nous empêcher de le faire par des sanctions extraterritoriales et judiciaires, nous créerons un système d’échange avec les émergents, la Russie et la Chine pour travailler malgré tout avec l’Iran. » Si nous sommes capables d’adopter ce genre de position, le grand business américain fera pression sur Donald Trump. Enfin, Trump veut faire un deal avec Poutine ? Eh bien, définissons sans attendre notre conception de relations réalistes avec la Russie. Cela suppose de prendre notre perte sur certains dossiers, comme la Crimée ou la Syrie, de proposer de coopérer avec la Russie sur d’autres plans – tout en restant fermes et dissuasifs. Quant aux accords commerciaux, cela va dépendre de l’escalade entre Pékin et Washington. De toute façon, avec quelqu’un comme Donald Trump, cela ne sert à rien de parler de valeurs universelles, il vaut mieux afficher à l’avance nos positions, fondées sur nos intérêts. Dans ce cas-là, elles compteront.


Le Monde du 14 janvier 2017

 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 19:05

 

Les autorités chinoises tentent de mieux concilier développement et respect de l’environnement. À l’image de ce qui se fait au Parc industriel chimique de Shanghaï, vitrine de cette nouvelle politique.

Depuis la route qui longe la baie de Hangzhou, on distingue à travers la brume qui couvre la mer de Chine la ligne délicate du pont transocéanique le plus long du monde, fil qui relie la zone portuaire de Shanghaï à celle de Ningbo. Mais si l’on se tourne vers l’intérieur des terres, c’est un tout autre paysage qui s’offre au regard : un horizon sans fin de tuyauteries et de cheminées, de passerelles qui s’entremêlent, de réservoirs géants qui semblent monter la garde sur cet univers de béton et d’acier.

SCIP, l’un des plus grands parcs chimiques du monde

Imaginez la « vallée de la chimie », ce corridor d’industries qui s’étale au sud de Lyon, rassemblée en un seul lieu, et vous n’aurez encore qu’une idée miniature du Parc industriel chimique de Shanghaï (SCIP, selon l’acronyme anglais), la plus grande plate-forme du genre en Asie, l’un des quatre plus grands parcs chimiques du monde.

Situé à 60 km au sud de la mégapole et de ses vingt millions d’habitants, SCIP concentre sur quelque 30 km2, le tiers de Paris intramuros, plus d’une centaine d’usines appartenant aux grands noms de la chimie mondiale – Covestro, BASF, DuPont… – et à quelques champions locaux. Sans parler de tous les services associés : administration, centres de santé, casernes de pompiers et même un hôtel cinq étoiles et son golf pour les cadres de passage.

Une ville sortie de terre dans les années 2000

« Plus de 10 000 personnes travaillent dans cette petite ville sortie de terre dans les années 2000 sous l’impulsion de la municipalité de Shanghaï. Il s’agissait alors de régler les problèmes de pollution liés à cette activité, élément clé de la vie locale puisqu’elle contribue pour 8 % au PIB de la région », explique Jean-Pierre Arcangeli, vice-président de l’activité parcs industriels pour le groupe Suez, un des opérateurs sur le site.

Lorsque la Chine décide d’ouvrir son économie, dans les années 1980, sous l’impulsion du « Petit Timonier » Deng Xiaoping, la question environnementale n’est pourtant pas la première préoccupation de Pékin. Il s’agit alors de produire toujours plus pour développer le pays, peu importent les dégâts occasionnés par cette course à l’industrialisation. La Chine « usine du monde » en paie aujourd’hui le prix fort en matière de qualité de vie.

Des réserves d’eau souterraines contaminées

L’exemple de l’eau est à cet égard éclairant. Alors que le pays abrite 1,4 milliard d’habitants, soit 20 % de la population mondiale, il ne possède que 7 % des réserves de la planète. D’où un problème de pénurie aggravé par une pollution qui prend ici des proportions inquiétantes quand on sait que les industries chinoises ne recyclent que 25 % des eaux usées contre 85 % dans les pays développés. Résultat : 60 % des réserves souterraines seraient déjà contaminées, ce qui met en péril la qualité de l’eau du robinet sur la quasi-totalité du territoire

 

Conscient d’un problème qui touche également l’air et les sols, le gouvernement central renforce depuis une quinzaine d’années les réglementations et durcit les contraintes pesant sur les industriels. Ainsi, la loi de protection de l’environnement adoptée en janvier 2015 prévoit un « plan pour l’eau en dix points » censé garantir, à l’horizon 2020, une eau potable dans la plupart des zones urbaines et une amélioration de la qualité dans sept bassins majeurs, dont ceux du fleuve Jaune et du Yangtze.

Appuyées par Pékin, les autorités provinciales ont également mis en place une politique de regroupement des industries les plus polluantes dans des parcs industriels, à l’image de celui de Shanghaï, site pilote dans le secteur chimique. « Pour l’imaginer, la municipalité a étudié ce qui se faisait de mieux dans le monde. Ce site est un concentré des meilleures pratiques pour concilier développement et respect de l’environnement. Un modèle exemplaire tant les normes qui y sont appliquées sont parfois bien plus strictes que partout ailleurs », soutient Jean-Pierre Arcangeli.

Des stations d’épuration pour des « soupes » polluées

Présent sur le site dès son lancement en 2002, le groupe Suez a obtenu la gestion de deux activités primordiales pour le fonctionnement des installations : l’approvisionnement en eau et le traitement des effluents pollués ainsi que le traitement et la valorisation des déchets toxiques.

Via sa filiale Sino-French Water Development – coentreprise avec un conglomérat hongkongais – elle gère une station capable de fournir les 200 000 m3 d’eau nécessaires chaque jour à ses clients et opère une station d’épuration dont les cinq lignes de traitement permettent d’épurer 37 000 m3 par jour d’une « soupe » lourdement polluée. « Tout cela sous le regard intraitable des services spécialisés de Shanghaï alors même que notre laboratoire effectue plus de 1 000 analyses quotidiennes pour s’assurer que les normes drastiques sont respectées », précise Jean-Pierre Arcangeli.

Des données contrôlées par le gouvernement local

La même exigence est imposée à l’incinérateur de déchets dangereux exploité depuis 2006 par Suez Recyclage et Valorisation. « L’installation d’une capacité de 60 000 tonnes par an est à la pointe de la technologie. Nous contrôlons en continu les émissions rejetées par les cheminées et envoyons toutes les données en direct au bureau de l’environnement de Shanghaï », précise Thierry Beheregaray, le directeur du site.

« Contrairement à une idée répandue, en Chine, on ne plaisante pas avec la préoccupation environnementale. Pour construire la troisième ligne qui doublera la capacité d’ici à 2017, il a fallu une année d’études, deux revues d’experts et trois consultations publiques. Ici, la sécurité et le respect de l’environnement sont devenus des préalables au business », ajoute Benjamin Chan Piu, directeur de l’activité déchets dangereux de Suez en Chine.

Une opportunité pour Suez en Chine

Loin de se plaindre de ces contraintes, la multinationale française y voit plutôt une opportunité de développement sur un marché chinois où la concurrence locale reste peu développée. « Nous apportons des solutions innovantes, des règles de management éprouvées et un retour d’expérience dans le monde entier », fait valoir Jean-Pierre Arcangeli.

Autant d’atouts qui expliquent qu’en 2015 le chiffre d’affaires géré par Suez en Chine s’est élevé à 1,2 milliard d’euros. Un montant que son DG Jean-Louis Chaussade espère voir croître d’au moins 7 % en 2017, au même rythme que la croissance du pays.

► Pékin taxe la pollution

À partir du 1er janvier 2018, les institutions et les entreprises devront acquitter une taxe écologique concernant l’air, l’eau, le niveau sonore ou la production de déchets, selon une loi adoptée dimanche 25 décembre par le comité permanent du Parlement chinois.

Le prix de cette taxe a été fixé par unité d’émissions polluantes – par exemple 1,2 yuan (0,16 euro) pour 950 g de dioxyde de soufre – mais les autorités locales pourront faire varier ce prix en fonction de l’écart aux normes nationales.

Mais les émissions de dioxyde de carbone (CO2) échappent encore à cette fiscalité alors que le pays est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.



Antoine d’Abbundo, envoyé spécial à Shanghaï (Chine), le 03/01/2017 La Croix
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 10:49

Des scientifiques ont déclaré récemment avoir résolu l'énigme de la manière dont le sulfate, un composant majeur du smog (brouillard de pollution), se forme dans le nord de la Chine, y compris à Beijing.

Cette étude, publiée dans le journal américain Science Advances, a identifié des réactions chimiques de l'azote et des particules d'eau dans l'air comme les deux pièces manquantes du puzzle, concluant que réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx) spécifiquement permettrait de réduire la pollution de l'air en Chine.

Ces conclusions se basent sur une analyse de données récoltées lors du pic de smog de janvier 2013 à Beijing, l'un des cas de pollution atmosphérique les plus graves enregistrés à ce jour en Chine, au cours duquel la concentration des particules fines appelées PM2.5 a dépassé 16 fois les valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé.

À cette époque, les chercheurs ont effectué des mesures d'aérosol sur le toit d'un bâtiment de l'Université Tsinghua à Beijing, et analysé les données de toute la région.

Ils ont identifié une chaîne de réactions qui pourrait expliquer la source de sulfate inexpliquée, et découvert que les particules fines d'eau dans l'air agissaient comme réacteur, piégeant les molécules de dioxyde de souffre (SO2) et interagissant avec le dioxyde d'azote (NO2) pour former des sulfates.

Le taux de réaction était également renforcé lors de l'incident de 2013 par la stagnation de la météo, piégeant le NO2 près de la surface de l'air et générant des concentrations des NO2 trois fois supérieures à celle de l'air propre.

Ce processus "s'amplifiait de manière autonome", selon les chercheurs, car les concentrations croissantes de la masse d'aérosol entraînaient une augmentation de la teneur en aérosols dans l'eau, accélérant l'accumulation de sulfates et provoquant une aggravation du nuage de pollution.

"Cette étude révèle le mécanisme unique de formation des sulfates dans la PCN (plaine de la Chine du Nord), qui diffère des scénarios traditionnels", a expliqué dans un courrier électronique à Xinhua, Guangjie Zheng, directrice de cette étude et chargée de recherches à l'Université Tsinghua.

"Dans des environnements moins pollués comme les États-Unis ou l'Europe, les sulfates sont formés principales par la chaîne de réaction OH (hydroxyde) traditionnelle dans la phase de gaz atmosphérique, ou par la chaîne de réactions de l'H2O2 (peroxyde d'hydrogène) et de l'O3 (ozone) dans la chimie des nuages. Dans le cas des nuages de pollution de la PCN, toutefois, la chaîne de réaction dominante pour la formation des sulfates devient la chaîne de réactions NO2 dans l'eau d'aérosol."

Les conclusions de cette étude montrent "la nature complexe" des nuages de pollution en Chine, selon Mme Zheng.

"Le SO2 provient principalement des centrales électriques, le NOx provient des centrales et des véhicules, tandis que le NH3 (ammoniaque) et les poussières minérales, qui servent de substances neutralisantes, sont présentes de manière naturelle et par émissions anthropogènes liées à l'industrie et aux poussières diffusés", explique-t-elle.

Ces polluants de diverses sources sont émis avec une haute intensité et simultanément, provoquant une situation de pollution lourde unique, et changeant ainsi la chaîne de formation de sulfates dominante. La complexité des nuages de pollution dans la PCN démontre une nouvelle fois l'importance des stratégies scientifiques de réduction des émissions.

Par exemple, la réduction du NO2 et de l'oxyde nitrique, qui peuvent réagir dans l'air pour former du NO2, devraient réduire les niveaux de pollution de sulfate bien plus que prévu dans les modèles traditionnels sur la qualité de l'air.

Ces résultats "devront être pris en compte dans les stratégies futures en matière de qualité de l'air et d'émission de polluants dans le nord de la Chine, et peut-être dans d'autres régions", concluent les chercheurs dans leur étude.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xinhua, le 25/12/2016

 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 17:05

La Tunisie et la Chine ont adopté le principe de l’échange du dinar et du yuan pour payer en monnaies nationales une partie des opérations commerciales et financières entre les deux pays.

 

La Banque centrale de Tunisie (BCT) et la Banque centrale de Pékin ont signé, lundi 12 décembre 2016, un mémorandum d’entente et de coopération, favorisant une plus grande ouverture dans les deux secteurs bancaire et financier.
Les deux banques centrales se sont mises d’accord sur le principe de conclure une convention pour l’échange du yuan et du dinar tunisien pour payer une partie des opérations commerciales et financières en monnaie nationale.

«Ceci permettra d’alléger les risques de change pour les deux parties et d’encourager les Chinois à importer du marché tunisien», a précisé la BCT, dans un communiqué, publié mardi.

Le gouverneur de la BCT, Chedly Ayari, et son homologue chinois, Zhou Xiaochuan, qui ont signé, à Pékin, le mémorandum d’entente et de coopération, ont examiné la possibilité d’émettre un emprunt obligataire tunisien sur le marché financier chinois, «pour mobiliser des fonds pour le financement des projets de développement économiques en Tunisie».

Chedly Ayari s’est rendu en Chine, à la tête d’une délégation de responsables des secteurs financier et bancaire, dont le président du Conseil du marché financier (CMF), Saleh Saiel, la directrice générale de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC), Boutheina Ben Yaghlane, et le président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements institutions financières (APTPEF), Ahmed El Karam.

Le président du CMF s’est mis d’accord avec son homologue chinois pour la signature d’un mémorandum d’entente et de coopération tuniso-chinoise favorisant l’échange des expériences et des expertises et pour une étroite collaboration entre les marchés de la bourse dans les deux pays.

Des réunions sont prévues lors de cette visite, qui se terminera aujourd’hui, mercredi 14 décembre, avec des responsables d’institutions financières chinoises, dont le Comité chinois de contrôle du secteur bancaire, l’Association chinoise des banques, le Fonds de développement sino-africain, le Fonds de coopération Chine-Afrique, ainsi que des banques commerciales chinoises.

Source : Tap.14 Déc 2016

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