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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 07:40

Après plus d'une semaine d'attente, le monde a finalement découvert la décision du président américain Donald Trump sur le rôle que son pays entendait jouer par rapport à l'Accord de Paris sur le changement climatique. Au regret de beaucoup, il a choisi de se retirer de cet accord historique dans lequel les Etats-Unis ont joué un temps un rôle clé.

Pour la plupart des personnes au fait du dossier, c'est tout sauf une surprise.

M. Trump a été très clair sur cette question, la qualifiant de canular le changement climatique lors de sa campagne électorale. Il avait déjà pris l'engagement d'annuler l'Accord de Paris et revenir sur de nombreuses décisions environnementales prises par son prédécesseur Barack Obama, le tout au nom du besoin d'aider une industrie américaine du charbon chancelante en créant des emplois.

A l'approche de sa décision finale concernant l'un des plus grands pactes globaux de lutte contre le changement climatique de l'histoire, M. Trump a assuré avoir eu de nombreuses discussions avec des partisans et des opposants au retrait du texte.

On pourrait donc penser qu'il a de très bonnes raisons de sortir de l'accord et qu'il connaît les conséquences du retrait de ce texte signé par près de 200 pays et incarnant une aspiration commune à avoir un avenir moins carboné.

Mais il faut ici mentionner que ce retrait et un relâchement dans le contrôle des émissions de CO2 ne se traduira guère par une hausse de nouveaux emplois car l'industrie des énergies fossiles est très automatisée et n'a guère besoin de davantage de main-d'oeuvre, ont souligné de nombreux experts.

S'il faudra peut-être du temps au président américain pour réaliser la pertinence de ces avis, il est d'ores et déjà la cible de plusieurs alliés importants.

Tous les autres membres du G7 se sont dit pour le moins déçus, voire en colère, devant son refus de renouveler l'engagement américain envers l'Accord de Paris lors de leur sommet la semaine dernière à Taormine en Sicile.

Ces divergences sur le climat risquent d'être un nouveau boulet pour les relations transatlantiques, après son soutien au Brexit et ses remontrances sur les contributions financières des alliés à l'OTAN.

A Paris, les Etats-Unis s'étaient engagés à réduire d'ici 2025 de 26 à 28% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005. Selon une analyse du think tank Climate Interactive, cet engagement américain représentait 21% du total des promesses de réduction d'émissions d'ici 2030 en vertu de l'accord.

Ce retrait va être difficile à compenser, mais de grands acteurs tels que l'Union européenne, l'Inde et la Chine ont redit leur volonté d'accroître leurs efforts face à ce revirement américain.

Le fiasco d'il y a 16 ans, qui avait vu les Etats-Unis rejeter le protocole de Kyoto, nous a appris nos dépens -et le monde ne le sait que trop bien- qu'avec ou sans un leadership américain, il faudra respecter les engagements pris à Paris et travailler encore plus dur pour réduire les émissions de CO2 afin de garantir un avenir meilleur à notre planète.

Et comme le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres l'a dit, si un gouvernement vient à douter de la volonté globale exprimée par l'accord, alors le monde doit demeurer plus uni que jamais pour rester sur la bonne voie.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Liu Ying, le 02/06/2017 

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Published by chineenmouvement - dans ECOLOGIE
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