Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 12:24

En Chine, l’élection directe de 2,5 millions de délégués au niveau local par 900 millions d’électeurs n’est en réalité qu’une façade « démocratique » orchestrée par le Parti communiste chinois.

Hillary Clinton a peut-être perdu les élections aux États-Unis, mais pour les dizaines de millions d’électeurs chinois qui se rendent depuis mardi 15 novembre dans les bureaux de vote, elle remporte la palme de la popularité.

Le paradoxe peut surprendre mais le scrutin chinois actuel, organisé tous les cinq ans, vise à élire au suffrage direct (la seule élection de ce type en Chine) les futurs représentants dans les « assemblées populaires » locales qui gèrent au niveau des districts des dossiers aussi quotidiens que la gestion des ordures, les jardins ou les transports publics. Et, selon plusieurs témoignages recueillis en Chine pour ces élections que les autorités présentent comme la démocratie « aux caractéristiques chinoises », les électeurs connaissent beaucoup mieux Hillary Clinton et Donald Trump, que leurs propres candidats locaux.

Plus de 2,5 millions de représentants locaux

Urnes rouges, bulletins de vote tamponnés en rouge, sur fond de drapeau chinois (rouge) étoilé… difficile d’imaginer un autre organisateur de ces élections que le Parti communiste chinois (PCC). Pourtant, selon la Constitution, des candidats indépendants sont autorisés à se présenter et tout citoyen de plus de 18 ans, qui n’a pas été privé de ses droits politiques peut voter et être candidat.

« Peu importe son ethnie, son sexe, son parti politique (NDLR, il y a huit partis politiques en Chine supposés indépendants mais tous dépendants du Parti) ou son lieu de résidence, assurait le responsable d’un bureau de vote de Pékin, il a le droit de voter ».

Dans la réalité, ces textes n’ont que peu de valeur. Le Parti contrôle les candidats dont la quasi-totalité est membre du PCC. Il décourage de façon parfois très violente (harcèlement de la police, pressions, menaces) la candidature d’indépendants qui oseraient sortir du rang.

Pour se présenter, un candidat doit obtenir le soutien de dix citoyens du même quartier ou être recommandé par son employeur, comme le stipule la loi. Si le profil du candidat ne plaît pas, il n’a aucune chance d’être soutenu. De plus, une commission électorale officielle peut également écarter les candidats qui ne sont pas « conformes ».

Ces élections sont encadrées par le Parti communiste

Dans la pratique, des électeurs du quartier peuvent organiser une rencontre avec les candidats, échanger et proposer des idées, mais il est hors de question de critiquer ce qui ne va pas, de même, il ne faut pas aborder la corruption ou les injustices. Encadrées par et pour le Parti, ces élections finalement ne trompent personne et celles de 2016 n’ont jamais été aussi surveillées par la sécurité publique.

En 2011, juste avant l’arrivée du président Xi Jinping au pouvoir, quelques poignées de candidats indépendants avaient réussi à se présenter, utilisant les réseaux sociaux pour s’adresser à leurs électeurs, à faire des propositions nouvelles dans des domaines culturels, sociétales ou économiques. Sachant contourner la censure ou employer d’habiles métaphores, ils avaient pu toucher une large opinion publique grâce à Internet.

La répression est encore plus forte avec Xi Jinping

Les élections de cette année sont totalement verrouillées. L’arrivée de Xi Jinping au pouvoir a provoqué une telle répression – parmi les avocats, professeurs, militants des droits de l’homme, internautes ou journalistes –, que les candidats indépendants sont absents des listes électorales.

Jamais en manque de créativité lorsqu’il s’agit de contourner la répression ou la censure, de nombreux électeurs ont réussi à protester à leur façon, notamment parmi les étudiants. On a trouvé cette année de nombreux bulletins de vote sur lesquels étaient ajoutés les noms de « Trump » ou « Clinton ».

Dorian Malovic
Dorian Malovic, le 18/11/2016 LA CROIX
Repost 0
Published by chineenmouvement - dans POLITIQUE
commenter cet article
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 09:00

L’orage s’annonce sur le marché du  véhicule électrique (EV). Une feuille de route du secteur, très attendue, vient de sortir, dont Dai Lifan, un des auteurs, s’attend à voir la Chine passer au 1er rang en véhicules à économie d’énergie, à énergies nouvelles, connectés et aux matériaux légers sous 10-15 ans.


Œuvre d’un centre de recherche automobile de l’université Tsinghua à Suzhou, ce concept est aussi inspiré par le plan décennal « made in China 2025 » du ministère des Industries de l’Information. Fort ambitieux, il impose aux constructeurs dès 2018, de réaliser au moins 8% de leurs ventes en véhicules à zéro émissions (VZE), tout-électrique, puis 12% en 2020. Déjà accordées, de très généreuses subventions  (4,5 milliards de $ en 2015) doivent permettre de porter les ventes d’EV à 5 millions d’ici 2020. En hybrides, les ventes doivent atteindre 8% en 2020, 20% en 2025, 25% en 2030 –un objectif jugé optimiste voire irréalisable par les experts étrangers.

Le ministère capitalise sur les récents progrès des batteries, en charge et en coût de revient, pour passer au VZE, et battre de vitesse le reste du monde. Presque tout les pays étrangers (Japon, Allemagne) a misé lourd sur l’hybride et n’est pas prêt pour le tout électrique. Selon le plan chinois, le véhicule hybride neuf recevra 2 crédits, et le VZE de 4. Mais VW, pour recevoir en 2018 les primes conformes à sa part du marché de 3 millions d’unités, le groupe devrait écouler 60.000 VZE dans l’année, ou 120.000 hybrides –techniquement impossible. Aussi, accuse la presse allemande, le plan du ministère revient à garantir en 2020, 70% du marché chinois des EV aux véhicules « made in China by Chinese ». Le ministre Sigmar Gabriel, en voyage à Pékin le 1er novembre, protestait.

Le plan roule cependant : dopées par les incitations, les ventes d’EV atteindront 450.000 en 2016 – 41% du marché global, et + 53% sur 2015. BYD (Shenzhen) mène avec 74.000 EV, suivi par BAIC(Pékin) avec 29.000 EV.

Le plan s’intéresse aussi aux voitures autonomes sans chauffeur – dont des prototypes sont testés par les grands groupes à travers le monde. Toutes marques confondues, le ministère vise « 10 à 20% » de « semi-autonomes » d’ici 2025, et 10% d’autonomes en 2030.

Le pouvoir n’oublie pas les campagnes. Attirées par les primes, des dizaines de PME à faible technologie ont produit en 2016 un million de fourgonnettes électriques roulant en dessous de 100 km/h, peu sécuritaires et polluantes au recyclage. En octobre, l’Etat est passé à la seconde phase de création de ce marché natif, en émettant des normes qui auront pour effet de rehausser la qualité, tout en rayant de la carte 80% de ces groupes. L’un d’eux se distingue : Kaiyun, du Hebei, auteur d’une camionnette de moins de 700kg capable de parcourir 120 km par recharge. A 23.800 yuans (3500$) l’unité, il en a vendu 5000, mais affiche un carnet de commandes de 100.000 et 1 million sous 5 ans.

La difficulté vient de la  recharge : les normes de connectivité entre producteurs et équipementiers (batteries, démarreurs, moteurs…) sont moins performantes qu’en Union Européenne – 30KW en 2-3heures contre 350KW-, et la rareté des stations décourage l’achat. Mais le pays rattrape vite : en 2016, il a porté le nombre des stations à 81.000 (+65%), et en annonce 4,8 millions d’ici 2020 – plus que le reste de la planète.
Au demeurant, par dizaines d’initiatives, l’EV chinoise est en ébullition : depuis son usine californienne à 1 milliard de $, Faraday Future, inconnu jusqu’à hier, veut sortir dès 2017 des EV de luxe. Geely (Anhui) lance Lynk, sa gamme d’hybrides et de VZE, assortie d’une plateforme ouverte d’applications exclusives, permettant entre autre le partage d’un véhicule entre utilisateurs multiples. GM s’allie à la start-up Yi Wei Jing, de Pékin, pour créer la Feezu, EV de location sans station – elle se localise par smartphone et se laisse où l’on veut après usage. Comme on voit, dans les EV en Chine, c’est « l’imagination au pouvoir ».

LE VENT DE LA CHINE   EDITORIAL

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECONOMIE
commenter cet article
27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 06:55

Beijing s'efforce actuellement de transformer ses chaudières à charbon en utilisant des énergies propres dans le cadre des efforts visant à assainir l'air de la ville.

La métropole transforme ses chaudières à charbon, qui produisent environ 7.000 tonnes de vapeur chaque heure, en les rendant plus respectueuses de l'environnement. A la fin de l'année, les équipements verts installés permettront à Beijing de réduire de deux millions de tonnes la consommation de charbon, entraînant une diminution annuelle de la quantité de poussières, de dioxyde de soufre et d'oxyde d'azote de 30.000 tonnes, 16.000 tonnes et 5.000 tonnes, respectivement, selon le Bureau municipal de la protection de l'environnement.

La ville a lancé un "projet d'énergie verte" visant à transformer ses chaudières à charbon en 1998.

Beijing, la densité des PM2,5, particules fines, a baissé de 10,1% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de l'année, a déclaré le bureau la semaine dernière.

L'indice moyen des PM2,5 pendant cette période était de 62 microgrammes par mètre cube, selon le bureau. Ce niveau était de 80,6 microgrammes en 2015 et de 95,7 microgrammes en 2012.

 

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xu Yongchun, le 26/10/2016 

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECOLOGIE
commenter cet article
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 04:43

Avec son entrée ce samedi dans le panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international, la devise chinoise, le yuan (également appelé renminbi, RMB), est en train de briser le plafond de verre du monde de la finance et franchit une nouvelle étape vers son statut de monnaie de réserve mondiale.

Cette entrée est une reconnaissance des progrès effectués par la Chine pour s'intégrer dans un système monétaire international dominé depuis des dizaines d'années par les économies développées.

UN PLAFOND DE VERRE BRISE

A partir du 1er octobre, "le yuan sera considéré par la communauté internationale comme une devise internationale librement utilisable, et rejoindra le panier des DTS aux côtés du dollar américain, de l'euro, du yen et de la livre sterling", a annoncé vendredi la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, au siège de l'institution financière à Washington.

C'est "la première fois" dans l'histoire que ce panier s'élargit, a-t-elle noté, ajoutant que l'inclusion du yuan "diversifiera ce dernier et rendra sa composition plus représentative des devises mondiales et de l'économie mondialisée".

Le DTS est un instrument de réserve international créé par le FMI en 1969 pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. En cas de besoin, il peut être échangé entre gouvernements contre des devises librement utilisables.

Au moment où le yuan, conformément aux critères du FMI, devient "librement utilisable" dans le système économique mondial, la devise chinoise va désormais être utilisée dans le cadre des activités financières de l'institution, a affirmé Mme Lagarde.

"Il n'y a jamais eu jusqu'ici de devise d'un marché émergent ayant été utilisée dans les transactions internationales du FMI en matière de prêt ou d'emprunt. C'est la première fois que cela a eu lieu", souligne à Xinhua Tamim Bayoumi, chercheur associé à l'Institut Peterson, un think tank basé à Washington.

"Je pense que c'est un signe très important qui montre que le monde reconnaît l'importance croissante des marchés émergents, non seulement sur le plan commercial, mais également financier", a-t-il indiqué, ajoutant que "le yuan brise le plafond de verre financier".

Eswar Prasad, chercheur à l'Institut Brookings et ancien chef de la division Chine au FMI, a également convenu que l'inclusion du yuan dans le panier DTS est "un pas très important" pour la Chine et la communauté financière internationale.

"C'est la première fois que la monnaie d'un grand pays à revenu moyen est incluse dans le panier des DTS", a-t-il confié à Xinhua, ajoutant que cela témoigne de l'importance croissance de la Chine aux yeux de l'économie mondiale et de la finance internationale.

L'entrée du yuan dans le DTS constitue également ''une étape importante'' dans l'intégration de l'économie chinoise au sein du système monétaire et financier mondial et témoigne des progrès réalisés en matière de réforme des systèmes monétaire, financier et de change de la Chine, a dit Mme Lagarde.

EN ROUTE VERS UN STATUT DE RESERVE GLOBALE

Si l'obtention du statut officiel de monnaie de réserve mondiale ne constitue pas une révolution du système financier international, il pourra en revanche inciter les banques centrales à commencer à ajouter des réserves libellées en RMB à leur portefeuille. Les investisseurs privés devraient également être encouragés à acheter graduellement davantage de biens chinois pour un taux de rendement plus élevé.

"Nous espérons que l'inclusion du RMB dans le panier des DTS du Fonds monétaire international viendra appuyer un recours et des échanges déjà accrus en RMB à l'échelle internationale", a indiqué Siddharth Tiwari, directeur du département de stratégie, de politique et d'analyse du FMI.

Avec sa croissance économique stable et de meilleurs rendements obligataires, la Chine note que le recours au RMB et la détention d'obligations souveraines chinoises s'accroît à l'étranger, en dépit de la dépréciation du yuan contre le dollar ces derniers mois.

En juillet dernier, le RMB était la cinquième devise la plus active en valeur pour les règlements internationaux, avec une part de 1,9%, contre 1,72% en juin dernier, selon les statistiques du réseau interbancaire SWIFT.

Cependant, le statut que lui confère le panier DTS ne transformera pas automatiquement le RMB en devise de réserve majeure. Tout dépendra du marché.

"En fin de compte, peu importe ce que dit le FMI ou qui que ce soit. C'est le marché qui déterminera le degré d'importance du RMB", a souligné M. Prasad, ajoutant que ce statut de réserve donnera en tout cas à la Chine "un élan supplémentaire" dans son processus actuel de réformes.

Pour renforcer l'attraction du RMB comme monnaie de réserve mondiale, il suggère que la Chine dispose de comptes de capital plus ouverts, d'un taux de change plus flexible et, le plus important, d'un large éventail de marchés financiers avec un meilleur cadre réglementaire du secteur financier.

Jin Zhongxia, directeur exécutif du FMI pour la Chine, a déclaré que la décision du Fonds est "un nouveau point de départ" pour les réformes et le développement économiques du pays, ajoutant que la Chine allait continuer de favoriser les réformes financières suite à l'entrée officielle du RMB dans le panier DTS.

"La Chine libéralisera davantage les comptes de capital et le taux de change va devenir beaucoup plus flexible", assure-t-il, soulignant que ce processus pourrait se faire de façon graduelle.

"Nous sommes pleinement conscients du fait que les efforts de réformes axés vers le marché sont en cours, donc il y a encore beaucoup de travail à faire", a-t-il noté.

Si la Chine entreprend davantage de réformes financières et que son économie continue de croître comme aujourd'hui, M. Prasad prédit que le RMB pourrait représenter jusqu'à 10% à 15% des réserves de devises mondiales d'ici 10 à 15 ans, devenant un sérieux challenger pour d'autres monnaies telles que le yen japonais ou la livre britannique.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Cai Shihao, le 01/10/2016

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECONOMIE
commenter cet article
30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 08:29

La Chine compte 69,3 millions d'hectares de forêts plantées, le plus au monde, après plus de six décennies de travail de reboisement, a indiqué Zhang Jianlong, directeur du Bureau national des forêts.

La superficie totale des forêts est passée de 1,24 milliard de mus au début des années 1950 à 3,12 milliards de mus (208 millions d'hectares), couvrant 21,66% du territoire, contre 8,6% il y a plus de 60 ans, a précisé M. Zhang lors d'une conférence nationale sur l'accélération du reboisement ce week-end à Hohhot.

Le bureau vise à planter davantage d'arbres dans les régions le long de la région de l'initiative "la Ceinture et la Route", de la région Beijing-Tianjin-Hebei, et de la Ceinture économique du fleuve Yangtsé.

La Chine a lancé en 1979 un programme de 70 ans pour planter des arbres dans le nord, nord-ouest et le nord-est du pays, afin d'améliorer l'environnement écologique.

La Chine a efficacement contrôlé la désertification, avec la superficie des déserts en baisse continue pendant ces dix dernières années.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xing Yaofeng, le 28/08/2016

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECOLOGIE
commenter cet article
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 08:57

Des parcs scientifiques qui fleurissent partout aux expositions itinérantes pour entrepreneurs en plein essor, les villes chinoises rivalisent d'idées pour attirer les start-up et encourager l'innovation.

La Chine ambitionne de devenir un géant de l'innovation d'ici 2020, selon un plan d'action national sur l'innovation scientifique et technologique adopté récemment dans le cadre du 13e plan quinquennal (2016-2020).

Le plan, qui selon le Premier ministre chinois Li Keqiang "démontre pleinement que nous accordons la priorité à l'innovation", donne un nouvel élan au mouvement national initié depuis 2013 visant à soutenir et encourager l'innovation.

Plus de 200 projets de fab labs (ateliers de fabrication ouverts à tous prônant une approche collaborative), 1.600 incubateurs d'entreprise et 129 zones de haute technologie et parcs scientifiques et technologiques ont été mis en place à travers le pays. Ils permettent de concentrer les ressources sur l'innovation et de soutenir les start-up créées aussi bien par des chefs d'entreprise que des scientifiques ou des étudiants.

"Le gouvernement local a accordé une grande attention aux entrepreneurs et les a fermement soutenus", a indiqué Diana Yang, co-fondatrice de XGimi Technology, une start-up technologique basée à Chengdu, chef-lieu de la province chinoise du Sichuan (sud-ouest).

Son entreprise a largement profité des politiques gouvernementales prévoyant notamment la gratuité des espaces de travail, des récompenses financières pour chaque brevet approuvé et des plate-formes d'échanges avec les investisseurs et entrepreneurs internationaux, des mesures qui ont permis de lancer l'entreprise dès ses débuts.

En moins de trois ans, XGimi Technology a ainsi remporté plus de la moitié des parts de marché des mini-projecteurs multimédias en Chine et expédié plus de produits que le géant de l'électronique sud-coréen LG, son principal rival sur le marché mondial.

Selon les chiffres du gouvernement local, le nombre de nouvelles entreprises immatriculées à Chengdu a bondi de 34% en 2015 par rapport à l'année précédente, et le nombre de brevets déposés a également augmenté de plus de 35% durant la même période.

La Chine traverse actuellement une période de transformation de son économie qui lui permettra de passer du "Fabriqué en Chine" à un modèle axé sur l'innovation, le "Conçu en Chine", a indiqué à Xinhua Francis Gurry, directeur général de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Dans la ville de Shenzhen, dans le sud de la Chine, le secteur de la fabrication de produits de haute technologie représentait déjà 66,2% du total de la valeur ajoutée industrielle de la ville en 2015. La ville s'est tournée vers l'innovation plus tôt que d'autres grandes villes chinoises et jouit d'un environnement commercial libéral, d'un cadre politique solide de soutien aux start-up et d'un marché de capital-risque efficace.

Par ailleurs, les gouvernements locaux ont saisi l'opportunité d'approfondir les réformes, de réduire les procédures administratives et de lever les obstacles à l'innovation.

Ainsi, Chengdu a simplifié les procédures d'immatriculation des entreprises, pris des mesures fermes en vue de protéger la propriété intellectuelle et lancé des réformes dans les universités afin d'encourager le transfert de technologie et la commercialisation.

Dans les villes de l'intérieur comme dans celles du littoral, les gouvernements locaux ont tous souligné l'importance de s'étendre au marché mondial pour encourager la créativité.

Ainsi, une zone de développement de haute technologie de Shanghaï a ouvert en février dernier un parc d'entreprises à Boston, aux Etats-Unis, afin de promouvoir la coopération sino-américaine en matière d'innovation technologique. Ce parc, qui sera exploité par une joint-venture, mettra en commun les ressources d'innovation des universités, des entreprises et des instituts de recherche des deux pays et intégrera la recherche, l'incubation, l'industrie, les services, le commerce et les finances.

Plaque tournante des transports, du commerce et des technologies de l'Ouest de la Chine, Chengdu a accueilli en novembre dernier le Salon mondial de l'innovation et de l'entrepreneuriat 2015, le premier du genre à avoir été organisé en Chine. Le salon a rassemblé des responsables gouvernementaux, des investisseurs, des instituts de recherche et des entreprises innovantes venues de 30 pays et régions. En outre, 109 des 2.686 projets participants ont conclu des transactions totalisant 5,32 milliards de yuans (environ 817 millions de dollars).

Le Canadien Arthur B. McDonald, lauréat du prix Nobel 2015 de physique, qui a participé au deuxième salon organisé en juin dernier à Chengdu, a estimé que Chengdu était une ville internationale très attirante. "L'environnement d'investissement et de développement est très favorable pour les start-up ici", a-t-il indiqué.

De plus, la ville a abrité les 23 et 24 juillet la Réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, la réunion internationale la plus importante jamais organisée par la ville jusqu'à présent. "L'organisation de cette réunion améliorera davantage la réputation de la ville dans le monde", a estimé Li Houqiang, directeur de l'Académie des sciences sociales de la province du Sichuan.

Les jeunes entrepreneurs qui tentent de s'étendre au niveau international attachent une grande importance à la communication internationale. "C'est une grande source d'inspiration pour moi et cela élargit ma vision", a ainsi déclaré Mme Yang.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Huang Han, le 01/08/2016


Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECONOMIE
commenter cet article
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 05:53

Les relations entre Chine et Etats-Unis sont à l’orage. La tension provient de deux incidents – à vrai dire tous deux initiés depuis l’Amérique.

Le premier fut la dénonciation sèche le 10 juin, du projet de 370 km de TGV américain, 370km de Las Vegas à Los Angeles.CRI (China Railways International) devait délocaliser une part de la production. Peu locace, la partie américaine justifie le retrait par « des difficultés de CRI à tenir l’agenda », à « obtenir à temps la licence »… Pour l’industrie ferroviaire Céleste, c’est un coup dur, qui la prive de son seul fruit tangible à l’export en 20 ans d’efforts.

Le second calice que Pékin a dû boire, est politique : Barak Obama reçut le 15 juin le Dalai Lama au Salon des cartes à la Maison Blanche. Depuis des années, nul chef d’Etat n’avait osé une telle démarche, de peur d’encourir les foudres de Pékin. La veille encore, un porte-parole chinois accusait le pontife lamaïste de « colporter de par le monde ses ambitions de diviser la Chine » et avertissait que la rencontre, dût-elle avoir lieu, heurterait les sentiments du peuple chinois et endommagerait durablement la confiance mutuelle… Obama n’en a pas tenu compte. A 7 mois de la fin de son mandat, il ne prend plus de gants. Il ne s’est pas expliqué sur ses motivations : elles peuvent être une amitié ancienne entre les deux hommes, mais aussi une critique de l’expansion de Pékin en cette mer de Chine du Sud, et de sa tentative de modifier le droit maritime en sa faveur…

Autre sujet, le Parc Disney de Shanghai ouvrait le 16 juin, un espace de rêve qui n’aura manifestement pas manqué son rendez-vous auprès des habitants de la « tête du Dragon » (surnom de la métropole du Yangtzé). Deux semaines à l’avance, tous les billets étaient vendus, de 370 à 499 yuans. Murray King son vice-président, prédit 1300 yuans de dépenses sur place par visiteur, en frais d’hôtel, de restaurants et de souvenirs. En tablant sur la clientèle potentielle des 330 millions d’habitants de la bande côtière à 3 heures de TGV, les rentrées annuelles devraient s’élever à 19,5 milliards de yuans, frôlant 1% du PIB de la ville. Certaines voix critiques avaient prédit une désaffection du public local, à ce parc de loisirs aux thèmes pas assez chinois. Mais à ce qui semble, la métropole semble au contraire plutôt fière de disposer d’un espace « venu d’ailleurs ». Le professeur He Jianmin, de l’université shanghaïenne d’économie et finances, table sur la réussite d’un site permettant aux gens de se défouler dans une ambiance rafraichissante, contant des histoires aux origines et valeurs différentes !

Dernier point : la campagne anticorruption, et le changement de perspectives qu’elle induit auprès de la population après deux ans de poursuite à boulets rouges. Ainsi, pour dissuader ses lecteurs de céder à la tentation, le quotidien de la CCID (police anticorruption) fait appel à la saga du « Seigneur des anneaux », et avertit les candidats à la corruption de résister à leurs tentations pour éviter le sort de Gollum, le vilain personnage du roman, victime de ses désirs excessifs.

La tentation pourtant, n’est plus ce qu’elle était : les cadres du Shanxi, une province dévastée l’an dernier par les arrestations massive de ses responsables, et son bureau politique quasi-entièrement décapité, « n’osent plus » se laisser soudoyer.

Et un autre sondage auprès des femmes d’apparatchiks aboutit à cette révélation hilarante : ces dernières, quadra– ou quinquagénaires vouent toute leur gratitude envers la campagne de Xi Jinping. Désormais fidèles, leurs maris délaissent leurs « petits miels » et recommencent à vivre en famille. Les couples, et la morale sont enfin saufs !

18 juin 2016 Vents de Chine

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans POLITIQUE
commenter cet article
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 07:05

« Chine Informations » a interviewé par Dorian Malovic, auteur du livre « China Love : comment s'aiment les Chinois ». Nous vous faisons ici la transcription de nos échanges riches et passionnants.

Bonjour Dorian Malovic, merci d'accepter de répondre aux questions de « Chine Informations » !
Vous avez écrit un livre qui s'appelle « China Love : comment s'aiment les Chinois. » Avant de comprendre de quoi il est question, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs votre lien avec la Ch
ine ?

Mes liens avec la Chine remontent au milieu des années quatre-vingt lorsque je suis parti m'installer à Hong Kong comme correspondant pour plusieurs médias européens et canadiens. À cette époque-là, après la période Mao, c'était vraiment le début de l'ouverture de la Chine et c'est là où j'ai pu commencer à me rendre un peu partout en Chine. Aujourd'hui je suis chef du service Asie au quotidien « La Croix » et je m'occupe de la Chine depuis maintenant 30 ans ; j'ai eu la chance d'avoir pu être le témoin sur le terrain de l'évolution absolument extraordinaire du pays.

Ces années d'expérience m'ont permis d'appréhender ce que j'essaie de comprendre depuis des années, le cœur de la société chinoise. Il faut du temps et de la patience pour nouer des relations et en particulier pour comprendre les relations entre les gens.

J'aime les Chinois. C'est la nature humaine des Chinois qui me séduit, le rapport qu'on peut avoir avec eux une fois qu'on abat les barrières, qu'on change nos schémas mentaux, qu'on ne juge pas et qu'on n'est pas là pour être prétentieux et arrogant. Personnellement, je me pose toujours la question avant de dire quoi que ce soit, lorsque je suis témoin de quelque chose ou lorsque j'écoute des témoignages : « pourquoi cela se passe comme ça ? » Il y a toujours une explication et des raisons historiques, politiques, sociétales et il faut les écouter.

Qu'est-ce qui vous a décidé d'écrire sur l'amour en Chine ? Et quand cette aventure a-t-elle débuté ?

Ce livre c'est dix ans de travail sur le sujet des relations entre les hommes et les femmes, les relations sentimentales, les relations amoureuses et comment ça fonctionne. J'ai travaillé dix ans sur le sujet mais sans mes trente ans d'expérience de société chinoise dans les provinces, à la campagne je n'aurais pas pu écrire ce livre.

Le mariage est le cœur de la société, c'est-à-dire que la stabilité c'est le couple, la famille, le couple. C'est la Chine de l'intérieur que j'ai essayé de comprendre et voulu partager au lecteur.

Si les lecteurs français connaissent de la Chine le système communisme, les grandes usines, les exportations de produits manufacturés, les délocalisations ou le chômage à cause de la Chine, en revanche, sur la société chinoise, il y a très peu de livres accessibles au grand public et personne ne sait vraiment comment ça fonctionne. De plus, je pense qu'il y a une curiosité naturelle sur le sujet universel qu'est l'amour et les gens se demandent comment ça fonctionne en Chine, comment s'aiment les Chinois.

Ma formation d'anthropologue m'a poussé à me poser des questions sur les relations entre les êtres car ce qui est important dans une société finalement, ce sont les relations humaines. En Chine, les gens n'ont pas les mêmes codes, les mêmes échanges, les mêmes touchés que chez nous ; chacun a sa façon de s'aimer et j'ai eu envie de mener mon enquête pour savoir si l'amour existe en Chine, l'amour au sens où on l'entend en Occident avec la passion et les relations.

On peut remarquer qu'en dépit de l'apparence ultramoderne des grandes villes chinoises, il y a encore une pression familiale très forte concernant le mariage. Il y a aussi une révolution sexuelle en marche pas très bornée, un peu anarchique. Mais toutes ces choses évidemment changent et fondamentalement, j'ai voulu aller au cœur du fonctionnement de cette société ; et c'est seulement après toutes ces années d'enquête que je commence à saisir des choses que je n'avais pas comprises avant.

Auprès de qui avez-vous recueilli vos témoignages ?

J'ai beaucoup d'amis qui ont servi d'intermédiaire, qui m'ont fait confiance et qui m'ont présenté des gens.

La plupart de mes témoins, à 90 %, sont des femmes, de toutes les villes et de toutes les provinces, d'un peu partout. Les femmes ne m'ont jamais refusé le moindre entretien parce qu'elles avaient énormément de choses à me raconter.

Les 10 % restant sont quelques hommes qui ont ouvert leur cœur mais c'est un peu plus compliqué ; je crois qu'ils sont beaucoup plus réservés, plus timorés que les femmes.

« China Love » apporte-t-il un regard personnel ou est-ce un sujet que vous abordez de façon strictement objective ?

Je ne revendique pas l'objectivité puisque je suis un être humain et j'ai une approche sensible et humaine.

Ce que je ne voulais pas, c'est faire une enquête à charge mais je voulais faire témoigner et raconter des histoires de vie des Chinois, avec une structure simple sans en ajouter. Le livre est d'ailleurs écrit à la première personne.

La première chose qui saute aux yeux lorsqu'on voit la couverture de ce livre, c'est le billet de 100 yuans, au centre du cœur, comme pour symboliser que l'union dans le mariage est fondée sur l'argent. Est-ce là ce que vous avez voulu faire comprendre ?

Cette couverture est un peu satirique. Ce clin d'œil du billet, ce n'est pas de dire que lemariage est simplement basé sur l'argent mais que derrière celui-ci, il y a une structure, une cohérence. Un mariage, c'est une alliance de deux familles et il y a une quête de sécurité en Chine ; les critères de choix se font beaucoup sur le matériel, sur le garçon qui doit avoir un appartement, une voiture, un bon travail. Les rapports sont d'abord concrets avant d'être sentimentaux.

Mais c'est un petit peu l'approche que je donne en tendance « lourde ». Il n'y a pas que ça, il y a des exemples dans mon livre où des jeunes se sont mariés par affinités culturelles ; là on est dans une catégorie où ce sont souvent des jeunes un peu plus éclairés, qui ont fait des études supérieures, qui sont allés à l'étranger, qui ont été « frottés » à la littérature romantique.

Voilà, c'est un peu l'explication de la couverture, mais, loin de moi de porter le moindre jugement avec ce billet sur quoi que ce soit. J'explique simplement pourquoi cette question d'argent et le but du livre c'est aussi de faire en sorte que le lecteur ne juge pas au premier coup d'œil.

On observe en Chine une croissance importante presque tragique du nombre de divorces ces dernières années. Comment expliquez-vous cela ?

En lisant le livre et les témoignages on comprendra très vite. La pression familiale étant insistante et forte, on trouve un mari ou une femme très jeune sans se poser la question des sentiments ni se connaitre très bien. Les choses s'enveniment très vite avec les pressions des familles ; le mari va gambader à gauche, à droite et voir les prostituées avec sa situation financière qui s'améliore et finalement, cela mène au divorce. Et ça n'a jamais été très compliqué en Chine de divorcer.

Comment les nouveaux célibataires, qui se retrouvent parfois avec un enfant à charge, vivent-ils leur vie amoureuse ?

Alors effectivement, on se trouve avec des femmes célibataires assez âgées, qui ont des enfants à charge et qui ont du mal à se remarier parce que les hommes vont chercher des femmes très jeunes. Et c'est vrai, c'est un véritable phénomène de société.

La communauté homosexuelle en Chine est plutôt discrète. Savez-vous comment les gays vivent leurs histoires d'amour dans le pays ?

La communauté gay en Chine est assez énorme, elle est massive. On a des évaluations qui vont quand même jusqu'à 8 % de la population adulte mâle.

Et elle est visible, il faut ouvrir un peu les yeux ; vous avez des bars où se retrouvent gayset on croise des couples gays dans les rues.

Il n'y a pas vraiment d'homophobie en Chine comme on peut en voir en Occident mais le problème des gays, c'est qu'ils ne peuvent pas se marier entre eux.

Le mariage pour tous est-il envisageable et envisagé en Chine ?

C'est un sujet actuellement en discussion dans le pays vu le décalage entre les garçons et les filles : on est à 116 garçons pour 100 filles.

Il y a déjà des associations qui s'occupent des gays et des universitaires, des conseillers conjugaux, des psychanalystes qui en parlent. Il y a même des discussions sur le sujet dans les journaux. Donc la réalité est là et elle s'impose. Je serai donc plutôt optimiste non pas concernant un mariage pour tous mais une formule de PACS ou d'alliance. Cependant, c'est impossible à prédire.

Votre livre aborde également la prostitution. Est-ce un phénomène marginal ou répandu ?

La prostitution en Chine, elle est revenue après les années Mao et elle est massive. On a beau avoir des campagnes lancées par le gouvernement, la prostitution dans les hôtels, les salons de massage, les karaokés, les boites de nuit et autres endroits bien spécialisés, est une réalité.

C'est une prostitution économique qui se développe en masse près des côtes, où le développement est important comme à Canton ou Shenzhen.

Alors aux yeux de la population c'est bien évidemment socialement tabou et pas accepté. Maintenant il y a un pragmatisme économique qui fait que quand vous avez de jeunes femmes qui sont jolies, qui n'ont pas fait d'études et qui se demandent comment gagner de l'argent plutôt que d'être serveuse dans un restaurant à gagner trois fois rien, alors elles rejoignent des réseaux.

Il y a aussi ces concubines qui sont entretenues par de riches hommes d'affaires chinois dont je parle dans mon livre. Ces femmes ont une approche très mercantile ; elles font un plan de carrière sur quatre ou cinq ans jusqu'à ce qu'elles atteignent 25 ou 26 ans. Les hommes d'affaires finissent par se débarrasser d'elles pour une fille de 20 ans, mais vont quand même leur offrir une petite boutique, un magasin pour qu'elles s'en sortent. C'est une réalité dont la société est consciente même si ce n'est pas moralement acceptable.

Avec cette longue expérience dans le pays, avez-vous écrit d'autres livres ?

En effet, « China Love » est finalement l'achèvement d'une sorte de triptyque commencé il y a déjà plus d'une dizaine d'années. Celui-ci avait commencé à scruter le spirituel des Chinois au travers d'une biographie de l'ancien évêque de Shanghai, Mgr Jin Luxiane, publié en 2006 sous le titre « le Pape Jaune. » J'ai ensuite publié en 2008 un autre livre, « La Chine sur le divan », avec le grand psychanalyste chinois Huo Datong.

Après le spirituel et l'inconscient, j'ai voulu aller dans le cœur, dans le sentimental des humains.

Pour conclure, selon vous, pourquoi nos lecteurs aimeront lire « China Love » ?

Le sujet de l'amour est un sujet universel qui passionne. Ce sujet-là, sur la société chinoise n'a pas été traité de cette façon dans sa globalité comme je l'ai traité pendant dix ans de travail et d'enquêtes en Chine. C'est quelque chose que j'ai voulu assez complet et de très vivant. Je pense que pour les lecteurs de « Chine Informations », ça va être une découverte d'une société chinoise, d'un fonctionnement fondamental qui est au cœur de la vie et dont ils ne soupçonnent pas forcément la réalité. Je pense qu'à la lecture de ce livre, les Français ne regarderont plus les Chinois de la même façon ; ils y verront quelque chose de plus sensible que ce qu'ils peuvent lire en économie, en politique et en droits de l'homme entre autres choses.

Merci à vous Dorian Malovic.

« China Love : Comment s'aiment les Chinois »
ISBN : 9791021018037
Éditeur : Talla
ndier (2016)

David Houstin pour
La Réda
ction
© Chine Informations, le 01/06/2016

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans CULTURE ET CIVILISATION
commenter cet article
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 16:59

Par 546 voix « pour », 28 « contre » et 77 abstentions, le Parlement Européen refusa (14 mai) d’octroyer à la Chine le « statut d’économie de marché » (SEM), sans mesures compensatoires. Au contraire, il réclama le renforcement des lois contre le dumping et les subventions étrangères aux exportations vers l’Europe. C’est que le temps presse, avec l’échéance du 11 décembre, 15ème anniversaire de l’entrée de la Chine à l’OMC. Alors, au titre de la section « 15 » du Traité, tout membre de l’OMC devra cesser d’entraver les produits chinois, et devra octroyer au Céleste Empire le SEM. A ce jour, aucune puissance (Europe, Japon, Etats-Unis) ne l’a encore fait.

Pour l’instant, pour toute importation, en cas de plainte des Etats membres, la Commission vérifie si le produit entre dans l’UE à prix trop bas. Si oui, elle évalue ses coûts de production réels, non à partir des déclarations d’origine mais selon ceux d’un pays « comparable » (Inde par exemple). Puis elle fixe le montant de sa taxe compensatoire. Mais pour Wang Yi, ministre des Affaires étrangères, cette pratique doit cesser au 11 décembre – le Traité n’est pas négociable!

Bruxelles et les 28 cependant, ne l’entendent pas de cette oreille : la Chine n’a toujours rien d’une « économie de marché », avec son crédit illimité à des firmes d’Etat, souvent pour la seule défense de l’emploi et par les rivalités entre provinces. De ce fait, l’export chinois d’acier à prix insupportablement bas, a augmenté de 20% en 2015, puis de 5,7% au 1er trimestre 2016. Sur les 5 conditions de 2001 à l’octroi du SEM (tels l’abandon des subsides ou la non interférence de l’Etat dans les choix des entreprises), seule « une et demi » est remplie, selon un haut cadre européen.
D’autre part, l’octroi du SEM pénalisera les Européens du Sud plus que ceux du Nord, ces derniers ayant déjà fait une croix sur leurs industries traditionnelles. Pour l’ensemble de l’UE, les pertes d’emplois s’élèveraient de 340.000 à 3,5 millions.

Vis-à-vis de la Chine, les Etats membres aux intérêts divers, paient au prix fort leur division. Tous tentent d’attirer la manne des investissements chinois sur leur sol. Pékin sait aussi « punir » ceux qui se plaignent d’elle : quand l’UE en 2014 a sanctionné ses panneaux solaires, la Chine a initié des enquêtes antidumping contre le vin français et le polysilicone allemand. Aujourd’hui en cas de refus d’octroi du SEM, elle fait planer la menace d’un arrêt des négociations pour l’accord Chine-UE de protection des investissements.

La solution que doit présenter en juillet, J-C Juncker, Président de la Commission Européenne, semble évidente : un octroi partiel du SEM, assorti d’un nouveau bouclier anti-dumping, compatible avec le Traité d’adhésion. Ce système devra être approuvé par le Parlement et le Conseil des ministres des 28.

Trois inconnues influenceront l’issue du dossier : le vote du Brexit au Royaume-Uni, et les « pré-campagnes » d’élections en France et en Allemagne, où pèseront plus que jamais les voix d’extrême droite.

Une chose est sûre : l’UE ne refusera pas le SEM à la Chine. Le prix à payer serait trop cher. L’UE perdrait devant le panel de l’OMC. Elle perdrait aussi en prestige et sympathie côté chinois, qui se traduirait par le gel de moultes coopérations potentielles : sur le nucléaire et les énergies renouvelables, le co-développement de l’Afrique, la paix en Syrie, la dénucléarisation en Corée du Nord, la gestion du contentieux sur la mer de Chine du Sud… Autant de dossiers dépassant de loin l’attribution d’un simple « statut d’économie de marché ».

Le Vent de la Chine
20 mai 2016

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans ECONOMIE
commenter cet article
10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 23:39

En publiant dans la collection « Folio Histoire » le livre de l’anthropologue britannique Jack Goody, Le vol de l’histoire, les éditions Gallimard mettent à la disposition du grand public un important classique de l’anthropologie comparatiste contemporaine. Le professeur Goody analyse avec brio et finesse les ressemblances et les différences entre les grandes sociétés du continent euroasien et leurs dettes réciproques.

« L’Est est l’Est, l’Ouest est l’Ouest, et jamais ils ne se rencontreront », aimait répéter le grand chantre du colonialisme britannique et le prix Nobel de littérature 1907 Rudyard Kipling. Rien ne pouvait être plus éloigné de la pensée de l’anthropologue Jack Goody, compatriote du célèbre auteur de Kim, qui vient de s’éteindre cette année à l’âge canonique de 95 ans. L'homme s'était fait connaître en produisant une œuvre aussi abondante qu’érudite fondée précisément sur la proximité intellectuelle et historique entre l’Est et l’Ouest et leurs dettes réciproques.

Cette thématique de « dette » chère au professeur Goody, qui a enseigné pendant quarante ans à l’université de Cambridge, est au cœur de son dernier livre traduit en français : Le vol de l’histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde. « Le vol de l’histoire », désigne pour Goody, l’appropriation par l'Occident de l'Histoire avec un grand «H», conceptualisée à partir des grands moments de son propre passé. Cette approche hégémonique de l'Histoire pose problème puisqu'elle néglige les expériences d'autres peuples. C’est cet européocentrisme auquel Goody s’attaque dans son livre, n’hésitant pas à aller le débusquer chez des historiens européens les plus éminents tels que le sinologue Britannique Joseph Needham , l’Allemand Norbert Elias ou le Français Fernand Braudel.

Dynamisme occidental versus despotisme oriental

Situé à la confluence de l’histoire, la littérature, la sociologie, l’ethnologie et l’anthropologie, cet l’essai passionnant de plus de 600 pages propose une lecture comparatiste de l’évolution civilisationnelle notamment de l’Europe et de l’Asie, en s’arrêtant plus particulièrement sur une série de valeurs telles que la démocratie, le capitalisme de marché, l’individualisme, mais aussi sur des institutions telles que les villes, les universités et des émotions comme l’amour courtois érigés tant dans le discours savant que dans le discours populaire comme mesures de la singularité de la civilisation occidentale.

Or, ce qui pose problème, c'est que ces prétendues « inventions » occidentales, explique Goody, « se retrouvent dans bien d’autres sociétés, du moins à l’état embryonnaire ». Prenons l’exemple de la démocratie. Si le penseur britannique concède que c’est à Athènes qu’est née une certaine forme de gouvernance démocratique dans laquelle les hommes politiques contemporains se reconnaissent, il rappelle que la Grèce n’était pas un cas isolé dans le monde antique. Les consultations populaires étaient courantes dans les sociétés anciennes d’Asie et d’Afrique. Les Ashanti en Afrique de l’ouest pratiquaient une forme de démocratie participative, tout comme les communautés villageoises en Inde. Certains régimes comme celui de Carthage organisaient des élections annuelles. On est loin de la vision populaire de l’Etat de droit à l’œuvre dans une Europe dynamique face à des empires tyranniques (« despotisme oriental ») condamnés à l’immobilisme.

Marx et Weber

Dans un autre exemple consacré au capitalisme, Goody s’en prend, cette fois, à Marx et Weber pour affirmer, avec des exemples à l’appui, que le capitalisme de marché ne date pas de la révolution industrielle. Pour l’essayiste britannique, les méthodes de la production des richesses de la bourgeoisie occidentale n'étaient guère différentes de la pratique des marchands indiens et chinois qui, avec leurs cotonnades et leur porcelaine inondant les marchés, étaient les principaux exportateurs du monde au moins jusqu’au XVIIIe siècle. Et Goody de se demander si, au lieu d’être une pratique de nature différente, le capitalisme contemporain ne pourrait pas se définir plutôt comme « une intensification de l’activité économique et d’autres activités au sein d’un cadre à long terme qui serait celui du développement des villes et des activités de production et d’échange ? »

Ainsi, nombre des phénomènes politiques et sociologiques affichés par l'Occident comme spécifiques à son histoire, se retrouvent, comme le démontre Goody, dans bien d'autres sociétés : ils relèvent d'une histoire commune, plus particulièrement de celle de l'aire euroasienne. L’unicité de l’évolution de cette zone est un des motifs récurrents de la pensée de l’anthropologue britannique. En effet, après ses premiers terrains africanistes dans les années 1950, celui-ci s’est intéressé à l’évolution parallèle en Europe et en Asie des techniques (adoption de la charrue, écriture) et des systèmes sociaux depuis l’Age du Bronze il y a 5000 ans jusqu’à la Renaissance.

Alors que pour l’historiographie classique, la suprématie occidentale s’expliquerait par des causes fondamentales telles que la pensée rationnelle et le christianisme, selon Goody, la singularité occidentale qui date de la Renaissance s’explique par des contingences matérielles tels que « les progrès de l’artillerie et de la marine » et le développement de la culture de l’écrit basé sur la diffusion de l’imprimerie. Or, la poudre à canon tout comme le papier ont été inventés en Chine. Mais qui s’en souvient ?

Par Tirthankar ChandaPublié le 11-12-2015

Le vol de l'histoire. Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, par Jack Goody. Traduit de l’anglais par Fabienne Durand-Bogaert. Collection « Folio Histoire », 2015, 608 pages, 9 euros.

Repost 0
Published by chineenmouvement - dans CULTURE ET CIVILISATION
commenter cet article