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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:18

Constellation, le premier roman d’Adrien Bosc, lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française 2014, figure parmi les œuvres qui ont reçu le prix chinois des « Meilleurs romans étrangers du XXIe siècle » le 25 mars 2016 à Pékin. Monsieur Lu Xun, qui a traduit le roman en chinois, répond à nos questions.

Créé en 2002, ce prix littéraire chinois est le fruit d’un partenariat entre « China Publishing Group » et l’Institut chinois de la littérature étrangère. Son jury est composé d’universitaires chinois de grande renommée spécialistes de littérature étrangère. Adrien Bosc rejoint d’autres auteurs français récompensés par ce prix, parmi lesquels Marc Dugain, Patrick Modiano, Annie Ernaux et J.M.G. Le Clézio.

Voici le commentaire du jury des meilleurs romans étrangers du XXIe siècle quant à Constellation :
« Le roman d’Adrien Bosc Constellation raconte l’accident du « Constellation », l’avion d’Air France, du 27 octobre 1949. En s’appuyant sur de riches documents et par une approche particulière, l’auteur remémore les histoires ordinaires de ces quarante-huit victimes, et fait renaître d’une manière vivante leur tragédie faite par toutes sortes de hasards. En souvenir des décédés, ce roman plein de soins humanistes pousse aussi les lecteurs à réfléchir sur le destin des hommes, et sa signification réaliste est bien sûr plus grande en notre temps où des accidents aériens sont fréquents. »

Constellation a été traduit en chinois par Monsieur Lu Xun, professeur associé en littérature française et directeur du département de français à l’Université de Suzhou, pour la maison d’édition « People’s Literature Publishing House », maison d’édition renommée pour la traduction des oeuvres littéraires internationales. Monsieur Lu Xun avait traduit respectivement Le destin des images de Jacques Rancières (La Fabrique éditions, 2003, 157 p.) et Les lisièresd’Olivier Adam (Flammarion, 2012, 454 p.). Les lecteurs chinois pourront prochainement découvrir Vol de nuitd’Antoine de Saint-Exupéry qui devrait paraître dans sa version chinoise d’ici la fin d’année.

Le service universitaire du Consulat de France à Shanghai s’est entretenu avec Monsieur Lu Xun :

En 2006, puis en 2008, des accords de coopération mis en place par votre prédécesseur Monsieur LI avec l’université de La Rochelle d’une part, et l’université Jean Monnet d’autre part, permettent à certains de vos étudiants de séjourner en France. Directeur du département de français de l’université de Suzhou depuis 2011, vous avez vous-même fait une partie de vos études supérieures en France. Pouvez-vous revenir sur cette expérience et sur les bénéfices que de telles opportunités apportent à la jeunesse chinoise actuelle ?

Oui, je pense que séjourner un moment en France est vraiment une période incontournable pour tous les apprenants chinois de français. Pour ma part, au bout de deux ans de travail en Chine, j’ai décidé d’aller en France en 2003. En effet, c’est en 2002 que j’ai découvert la France pour la première fois en visitant l’Académie française, l’école Cachan, l’IFM (Institut français de la Mode) ainsi que quelques magnifiques coins méridionaux comme Sophia-Antipolis, Saint-Paul de Vence. J’avoue que c’était vraiment une découverte extraordinaire, mais c’était avec une délégation officielle, alors ce que j’ai vu, ce n’est pas forcément la vie réelle des Français, c’est plutôt ce qu’on pourrait considérer comme la « vitrine » de la France. C’est pour ça que je désirais vivement m’inscrire dans l’Université Paris XII à Créteil pour d’une part poursuivre mes études supérieures en DESS et d’autre part découvrir la vie quotidienne des Français en tant qu’étudiant. Pourtant, mes premiers jours se sont déroulés dans le stress et la difficulté comme pour la plupart des étudiants chinois à cette époque : beaucoup de déplacements entre université, banque et préfecture de Paris pour les formalités administratives, recherche du logement et surtout d’un stage pour mon premier semestre. Au bout d’un mois, une fois tous ces problèmes résolus, j’ai commencé à réellement apprécier ma vie à Paris.

J’aimerais mettre en avant deux aspects de ma vie universitaire. Premièrement, c’est le logement. Durant mon séjour à Paris, je partageais un appartement de 3 pièces avec deux jeunes colocataires français qui étaient respectivement fonctionnaire et ingénieur en informatique. Vivre en colocation a été un excellent moyen pour perfectionner mon niveau d’expression en français et également pour apprécier la vie réelle des Français. Chaque jour, j’échangeais des idées, avec mes professeurs et les autres étudiants la journée, et le soir avec mes colocataires. C’est là que j’ai vraiment progressé en français.

Deuxièmement, c’est mon travail. En fait, dès l’inscription à Créteil, j’ai pensé à chercher un stage de fin d’études de six mois au minimum pour compléter ma formation en DESS. Heureusement, j’ai fini par en trouver un à l’Union des Fabricants. C’est un organisme reconnu d’utilité publique spécialisé dans la protection des propriétés intellectuelles des entreprises françaises. Situé dans un hôtel particulier historique du 16e arrondissement de Paris et à 5 minutes de la Place de l’Etoile, il offre un cadre exceptionnel et une très bonne ambiance disons franco-française que j’ai beaucoup appréciés et au sein de laquelle je me suis bel et bien intégré. Cette expérience professionnelle de 7 mois consécutifs m’a permis de côtoyer des Français aussi passionnants que passionnés et compétents, une équipe de permanents soudée et dynamique. Ainsi, ce stage m’a permis de vivre un esprit d’équipe dépassant les individualités et orienté vers la poursuite d’objectifs précis et motivants. Si ce stage m’a fait plaisir, c’est aussi parce qu’il m’a donné l’opportunité d’observer de très près la culture de l’entreprise. Par exemple, le midi tout le monde est regroupé à 13h (ce qui est très tard par rapport à l’heure habituelle des Chinois) dans un restaurant à proximité de l’Union pour déjeuner avec son propre ticket-restaurant. Et là, on prenait du temps et passait au moins une heure à parler. C’était vraiment un moment relaxant dans une ambiance conviviale. De tels moments m’ont surtout permis de mieux connaître la bonté et la générosité de mes collègues français.

A partir de mes expériences personnelles en France, je me permets de donner deux conseils aux jeunes Chinois voulant séjourner en France pour leurs études :

Premier conseil : Une fois arrivé en France, cherchez toujours à vous intégrer à la société française, que ce soit en cherchant un logement, en effectuant un stage ou bien même en faisant un exposé en collaboration avec vos camarades français d’une même équipe. Ce n’est pas marrant de vivre coupé du monde français tout en s’enfermant dans un petit cercle d’amis chinois. Les difficultés que vous pouvez avoir finissent par vous apprendre à vous débrouiller tout seul et à travailler d’une manière autonome et efficace. Tout comme on le dit en Chine : La vie elle-même est le meilleur des professeurs.

Deuxième conseil : Pensez toujours à lier la théorie avec la pratique, ce qui constitue un point fort dans le système éducatif français. Préparer un mémoire de spécialisation, c’est important pour vos études. Mais chercher un stage dans le cadre de la formation supérieure ne l’est pas moins, que ce soit à mi-temps ou à plein temps. Sinon, vous ne serez pas suffisamment « armé » dans votre carrière si vous avez un tas de diplômes ou de certificats en main mais pas d’expérience professionnelle.

Outre l’enseignement de la langue et de la culture françaises, vous vous intéressez à la traduction d’œuvres littéraires françaises. Comment êtes-vous arrivé à la traduction et d’après vous, quel est le rôle du traducteur ?

Avant de répondre à cette question, j’aimerais dire que je suis toujours très reconnaissant envers l’Université de Nankin où j’ai fait 4 ans d’études de français et où j’ai eu la chance de connaître des professeurs-traducteurs chinois renommés tels que M. Xu Jun, M. Zhang Xinmu et M. Liu Chengfu. C’est eux qui m’ont présenté le charme éternel de la traduction.

Généralement, le métier de traducteur s’exerce de façon différente selon que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Et j’ai travaillé à la fois aussi bien comme interprète que traducteur. A la fin de mes études à l’Université de Nankin en 2001, j’ai travaillé deux ans en qualité d’interprète au Centre franco-chinois des Métiers de la Mode de Chine qui se trouve dans la vieille ville de Suzhou et qui a été créé à l’initiative du Ministère français de l’Éducation nationale et du Comité de l’Éducation de la Province du Jiangsu. Et là, tous les jours, je faisais de l’interprétariat de 8h à 17h auprès de deux professeurs français en stylisme et modélisme. C’était un travail très dur mais très formateur. Entre-temps, j’ai souvent été sollicité comme interprète par des entreprises françaises et des organismes publics et gouvernementaux. Ainsi, je suis devenu polyvalent dans la traduction et capable de traduire des textes sur des sujets très variés : sciences et technologies, éducation, économie, culture, etc. De telles expériences m’ont aidé non seulement à beaucoup progresser en traduction mais aussi à approfondir mes connaissances dans de nombreux domaines.

En tant qu’enseignant de français à l’Université de Suzhou dès 2005, je manifeste un grand intérêt pour la traduction des ouvrages français et la recherche littéraire, car cela me permet de promouvoir la culture française auprès des lecteurs chinois et surtout d’établir un pont entre la France et la Chine tout en surmontant la barrière linguistique par la traduction. Le premier livre français que j’ai traduit, c’est Le destin des images de Jacques Rancières. J’ai fait cette traduction en 2009, quand je faisais mes études doctorales à Nankin, en collaboration avec M. Zhang Xinmu, professeur de langue et de littérature françaises, nommé chevalier dans l’ordre des Palmes académiques. Il m’a donné beaucoup de conseils précieux, ce qui m’a beaucoup aidé à me perfectionner. Depuis trois ans j’ai traduit pour la maison d’édition « People’s Literature Publishing House » Les lisières d’Olivier Adam (Flammarion, 2012) etConstellation d’Adrien Bosc (Stock, 2014).

Pour traduire des textes littéraires, je dirais qu’il faut des aptitudes en stylistique, une bonne imagination et des connaissances culturelles étendues. Il s’agit non seulement de bien comprendre le fond et la forme de la version originale française, mais aussi de pouvoir susciter, à travers l’oeuvre dans sa version chinoise, les mêmes émotions chez les lecteurs que ce que voulait l’auteur français. C’est en cela que réside les difficultés de la traduction littéraire.

Quant au rôle du traducteur, je trouve qu’à l’heure de la mondialisation, la communication se révèle être impérative et omniprésente à tous les niveaux, tant interpersonnel qu’intergouvernemental, tant national qu’international. Le traducteur joue un rôle crucial en la matière. Pour être un bon traducteur professionnel, bien comprendre une langue étrangère ne suffit pas. Il lui faut en posséder la culture, décoder ses messages sociaux ou même savoir créer.

Constellation le premier roman d’Adrien Bosc a reçu le prix chinois des « Meilleurs romans étrangers du XXIe siècle » le 25 mars à Pékin. Vous avez traduit ce roman en chinois. Avez-vous été en contact avec l’auteur durant la phase de traduction ? Racontez-nous votre expérience.

C’est une très bonne question, car j’ai effectivement pensé à prendre directement contact avec l’auteur.

A mon avis, Constellation est un roman non fictif dont tous les contenus sont basés sur un excellent travail de documentation qu’a fait l’auteur. A part des célébrités comme Marcel Cerdan, boxeur et amant d’Edith Piaf, et Ginette Neveu, la violoniste prodige, l’auteur veut raconter aussi l’histoire des autres passagers, et constitue ainsi une mosaïque de personnages aussi éclectiques qu’intéressants. Dans les « anonymes », il y a les bergers basques et la petite bobineuse de Mulhouse, le créateur des produits dérivés de Walt Disney, le mari malheureux qui joue sa dernière carte et rentre à New York reconquérir sa femme. Ainsi, Adrien Bosc a abordé des sujets très variés dans son premier roman : musique, économie, boxe, textile, littérature, etc. Cela signifie que lors de ma traduction, j’ai rencontré beaucoup de termes techniques qui proviennent de domaines bien différents. C’est pour cela que je voulais entrer directement en contact avec l’auteur. Mais nous ne nous sommes pas contactés directement l’un l’autre, dommage ! Heureusement, Mme Huang Lingxia, rédactrice francophone de la maison d’édition « People’s Literature Publishing House », m’a beaucoup aidé. Ma traduction touchant à sa fin, j’ai fait une liste de toutes mes questions sur l’oeuvre d’Adrien Bosc. Elle l’a ensuite envoyée à une rédactrice chez Stock. Quelques jours plus tard, j’ai eu toutes les réponses à mes questions. En fait, ce sont plutôt les deux rédactrices qui ont eu des contacts directs entre elles durant la phase de traduction. Ça a bien marché !
12/4/2016

Consulat général de France à Shanghai

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 19:36

Alors que les États-Unis, l'Allemagne, le Japon et d'autres pays développés connaissent une transformation de leur industrie manufacturière par l'innovation technique et l'intelligence artificielle, la Chine a lancé en mai 2015 un plan intitulé « Made in China 2025 ». Son objectif est de réaliser, en dix ans, une modernisation des techniques de production, d'améliorer la qualité des produits, de généraliser le numérique dans la production industrielle, la connexion de réseaux et l'intelligence artificielle, de réduire la consommation d'énergie et de matières premières, et donc les rejets polluants. Tout cela permettra de créer des sociétés transnationales et des holdings plus compétitives sur le plan international. Dans les pays développés, le défi est de progresser sur l'échelle du haut de gamme de la division mondiale du travail, tandis que la Chine doit trouver et prendre sa place dans le moyen et le haut de gamme. Actuellement, une vague d'innovation balaie la Chine dans les techniques de pointe, les produits de consommation et les formes d'activité économique, et on peut parler d'une nouvelle révolution industrielle pour qualifier cette montée en gamme de l'économie.

L'ancien mode de développement est obsolète

Deuxième économie mondiale, avec un volume économique global de 10 000 milliards de dollars, la Chine doit renouveler son mode de développement qui ces sept dernières années se basait principalement sur l'investissement et l'exportation. Certes, l'urbanisation de type nouveau, la nouvelle industrialisation, la modernisation de l'agriculture et l'informatisation continueront de fournir des opportunités d'investissement, mais ce sont désormais des investissements ciblés et contrôlables qui seuls profiteront à l'économie, tandis que les investissements à court terme et de faible rentabilité lui nuiront.

En dépit d'incessantes sanctions et de mesures antidumping dirigées par les États-Unis et l'UE, la Chine a conservé ces cinq dernières années son rang de premier pays exportateur. Un rang qui lui vaut d'être le pays cible du plus grand nombre d'enquêtes internationales. D'autre part, une grande quantité de produits chinois exportés ont dû être rappelés pour des problèmes de qualité et de composants ne répondant pas aux normes occidentales.

Depuis le début de la réforme et de l'ouverture, la Chine a suivi une politique d'échange des technologies étrangères contre l'accès à son marché. Mais on observe actuellement que les investisseurs étrangers sont de plus en plus réticents à partager leurs techniques clés et à fournir des composants essentiels. Cela alors que l'investissement national dans la recherche scientifique est insuffisant. Ces facteurs conditionnent la stagnation de l'industrie manufacturière chinoise dans le bas et le milieu de gamme. Alors que 30 % des biens manufacturés du monde étaient produits en Chine, celle-ci n'a recueilli qu'un sixième de leur valeur finale.

Shi Yong, directeur adjoint de l'Institut de recherches informatiques de l'industrie mécanique, a déclaré récemment : « Dans l'avenir, les entreprises devront posséder une capacité à développer des produits dans un sens positif, à mieux comprendre le mécanisme intérieur des opérations du produit et surtout maîtriser des techniques de conception plus complexes. Cette capacité de concevoir dans un sens positif naîtra d'une accumulation prolongée d'expérience et d'un développement coordonné de toute la chaîne de production. »

Le vieillissement de la population chinoise qui ira en s'accélérant suite à la politique de planning familial, privera la Chine du facteur de supériorité lié à sa main-d'œuvre. La main-d'œuvre d'autres pays de l'Asie du Sud-Est accède désormais au marché mondial à un coût moindre.

Dans ces conditions, l'économie chinoise conservera-t-elle une force motrice capable d'assurer une croissance à un rythme moyen ? À cette question, le premier ministre Li Keqiang répond par sa politique de promotion d'une réforme structurelle visant à établir, grâce à une réforme mue par le marché, un mode de croissance durable basé sur l'innovation et entraîné par la consommation.

Le développement par les sciences et les technologies

La stratégie de renforcement global de la Chine est passée par la mise en application de grands projets scientifiques, tels que la bombe atomique, puis à hydrogène, les missiles, les satellites artificiels, le vol spatial habité et le riz hybride. Plus près de nous, de nouveau des succès spectaculaires ont été enregistrés dans la recherche fondamentale d'importance internationale, les sciences de pointe et les hautes technologies stratégiques. 16 projets d'importance capitale ont été fixés, définissant les produits stratégiques, les technologies génériques clés ou les tâches d'importance capitale, vers lesquels des investissements d'État seront dirigés en soutien aux mécanismes du marché, afin de réaliser, d'ici 2020, d'importantes percées scientifiques, mais aussi combler des lacunes stratégiques et mettre en œuvre des réalisations susceptibles de relancer la croissance.

Zhao Houling, secrétaire général de l'UIT (Union internationale des télécommunications), a quant à lui rappelé que la nouvelle occasion de développement qu'offre à la Chine l'industrie informatique est du même ordre que la révolution industrielle. De la 2G à la 4G, la téléphonie mobile chinoise est passée par une phase de rattrapage, puis d'égalité, et désormais d'avance technologique. En février 2013, le ministère de l'Industrie et de l'Information a amorcé les études nécessaires au lancement d'une norme 5G en Chine. La société Huawei, l'un des leaders dans les télécoms, a projeté d'investir 600 millions de dollars pour élaborer et commercialiser la norme 5G. China Mobile espère de son côté fournir des données et une aide technique à l'UIT dans la mise au point de la norme 5G.

Depuis le scandale PRISM, la sécurité des communications est au cœur de l'effort scientifique, notamment la technologie des circuits quantiques, qui peut assurer le chiffrement inviolable des communications, un aspect primordial pour la défense, la finance, les affaires politiques ou le commerce. La Chine se trouve à l'avant-garde mondiale dans ce domaine, ainsi que le reconnaissait le site de la Société européenne de physique qui a publié les dix principales avancées de la science physique en 2015. La première de ces avancées est l'« état furtif de transmission quantique à plusieurs degrés de liberté », résultat des recherches de Pan Jianwei et Luo Zhaoyang, membres de l'Académie des sciences de Chine. En 2016, la première ligne de communication cryptée de Chine employant cette technologie sera mise en service sur une ligne Beijing-Shanghai, et un premier satellite quantique chinois sera mis en orbite pour poursuivre des expériences de communication quantique. En octobre 2015, Ali Cloud et Quantum CTek, qui dépendent de l'Académie des sciences, ont lancé conjointement des produits de communication quantique cryptée, un marché qui devrait atteindre à terme 50 à 100 milliards de yuans.

Ces exemples d'innovation indigène montrent que la Chine se place désormais au premier rang mondial dans la recherche scientifique. Selon le Rapport national 2014 des indices de l'innovation publié par l'Institut chinois de stratégie du développement scientifique et technique, le budget de recherche-développement de la Chine en 2013 a atteint 191,2 milliards de dollars, la plaçant au second rang mondial, devant le Japon. Selon Science Citation Index, la Chine était le second pays en nombre de thèses, et le quatrième en nombre de thèses citées dans d'autres recherches. Sa part des exportations de produits de haute technologie dans les exportations de produits manufacturés est elle aussi la deuxième, tandis que le taux d'accroissement des services à haute valeur ajoutée est le troisième au monde.

Le récent rapport annuel de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle montre qu'en 2014, les demandes de brevet en provenance de la Chine ont été les plus nombreuses, dépassant celles des États-Unis et du Japon réunis. Les demandes de brevets étrangers déposées par des citoyens et des entreprises de Chine ont elles aussi pris la première place.

Il va de soi que l'innovation se nourrit de ressources humaines. Alors que sa main-d'œuvre faiblement qualifiée se réduit, la Chine possède un avantage en coûts et en nombre de personnels qualifiés. Depuis 2013, la Chine est membre signataire du système de l'Accord de Washington, une norme d'enseignement de l'ingénierie reconnue internationalement. Cela illustre le fait que les normes chinoises d'enseignement de l'ingénierie sont reconnues dans le monde. En Chine, la formation d'un ingénieur coûte 30 000 dollars par an, soit un dixième du coût moyen aux États-Unis. Actuellement, la Chine est au premier et au deuxième rang mondial en termes de nombre de personnels scientifico-techniques et de nombre de chercheurs.

On peut en déduire que la Chine entre dans une phase d'innovation dynamique, et qu'elle passe donc du stade de l'imitation vers celui de l'innovation créative qui doit la mener à la pointe des industries modernes. La plupart des entreprises chinoises se trouvent encore au stade 2.0 ou 3.0, mais l'élévation de leur capacité innovante permettra à la Chine de prendre sa place dans la compétition mondiale et de rattraper les pays développés qui mettent en application « l'industrie 4.0 ».

Innovation : patience et assiduité

Jack Ma a transformé une petite société de 18 personnes à Hangzhou en un leader de l'e-commerce qui transforme les modes de consommation dans le monde entier. Sur l'avenue « Changye », à Zhongguancun, on compte une société créée par jour avec un capital d'au moins 5 millions de yuans. Désormais, de plus en plus de personnes travaillent à la création.

En 2014, lors du Forum d'été de Davos, le premier ministre Li Keqiang a avancé le slogan « la démocratisation de la création d'entreprises et de l'innovation ». Quelques mois plus tard, cette idée était reprise dans le rapport d'activité du gouvernement pour 2015. En même temps, le terme « Internet + Plan d'action » figure aussi dans ce rapport. On retrouve ces mêmes néologismes dans les plans d'action aux niveaux provinciaux et municipaux.

Deng Feng est revenu de la Silicon Valley il y a dix ans pour ouvrir à Beijing le Fonds de capital-risque Northern lights. Il explique qu'à son retour, beaucoup trouvaient la création d'entreprise hasardeuse. « Mais aujourd'hui, que ce soit le gouvernement, l'école ou la famille, tout le monde trouve cette idée excellente. La culture entrepreneuriale se propage très vite. »

« Lave ton chien chez toi pour 9,9 yuans », une publicité qui faisait fureur sur WeChat fait la promotion des services de Me Me Da, la principale plate-forme de services pour les animaux de compagnie. C'est déjà la quatrième application de Hou Yong, 27 ans. Avant cela, il avait lancé un logiciel pour aider les jeunes à faire des rencontres sur leur ligne de bus. D'après lui, la création d'entreprise est pleine d'embûches mais il suffit d'oser sans craindre quelques faux pas.

Ren Bin a créé en ligne un service de livraison de médicaments à domicile. Pour lui, le créateur d'entreprise a d'abord pour but de présenter un produit et de satisfaire un besoin. L'idée de ce service en ligne lui est venue alors qu'il était malade, en service de nuit à son travail, cherchant vainement un pharmacien.

Li Guoxun a quitté son poste pourtant bien rémunéré chez Baidu (le Google chinois) pour ouvrir un site de commerce de produits fermiers. Son revenu est moindre et il travaille autant, voire plus. Mais, enfant d'une famille paysanne, c'était son rêve de mettre au point un logiciel qui pourrait améliorer la distribution dans les villes du produit des campagnes. « L'argent ne remplace pas la joie que j'ai ressentie en réalisant de ce travail », explique-t-il.

Travailleurs d'origine paysanne, gestionnaires d'entreprise, étudiants d'université, simples employés, ou encore représentants d'autres couches sociales, nombreux sont ceux qui ont choisi de retourner dans leur région natale avec les capitaux, les connaissances techniques ou l'expérience de gestion acquis, pour y créer leur petite entreprise. Dans les provinces et régions du Centre et de l'Ouest de la Chine, de telles entreprises représentent jusqu'à la moitié de l'activité économique des districts, que ce soit en nombre ou en valeur de leur production.

L'année dernière, le gouvernement chinois a adopté des mesures de réforme visant à lever les barrières à la création d'entreprise. Un bon exemple est la réforme du système d'immatriculation des entreprises. Grâce à cette simplification, 12 000 entreprises ont été enregistrées par jour en moyenne et on a ainsi vu se créer 13,12 millions d'emplois.

L'innovation accélère le développement des entreprises

L'article le plus cher du magasin Darty de la place Madeleine, au centre de Paris, est un réfrigérateur Haier. Cette entreprise chinoise, créée en 1984, est devenue en sept ans une marque mondiale connue et distribuée dans des dizaines de pays. Les réfrigérateurs Haier occupent les segments du haut et moyen de gamme dans les pays développés, où ils occupent la première place au palmarès des ventes depuis six années successives.

Tan Lixia, PDG adjoint du groupe Haier, a expliqué la transformation du modèle économique de la société Haier. De producteur de marchandises, elle devient une plate-forme offrant aux porteurs de projets l'opportunité de créer leur entreprise. Le 19 novembre 2014, la société a lancé le service en ligne ihaier.com, qui est connecté à 95 incubateurs pour attirer et mettre en contact investisseurs en capital-risque et auteurs de projets de création innovante.

Haier a également mis en place une plate-forme financière en ligne qui fusionne la gestion des entreprises et des banques en amont et en aval pour permettre le développement d'une finance industrielle, de consommation, d'affacturage des crédits de consommation et de l'investissement dans la création d'entreprise.

L'innovation et la création d'entreprise ouvrent ainsi la voie aussi bien aux petites entreprises et aux auto-entrepreneurs qu'aux grandes entreprises pour se développer. Au cours du Forum d'été 2015 de Davos, le premier ministre Li Keqiang a affirmé qu'il existait en Chine toutes sortes de plates-formes d'innovation et de création d'entreprise. Les plates-formes de création participative, de mise en commun de travail ou de soutien collectif, ou encore de financement participatif font évoluer les modes de production et de gestion.

De nombreuses technologies et entreprises innovantes, influentes sur le plan international, ont fait leur apparition dans divers domaines comme la communication mobile, les équipements de production électrique, l'e-commerce, la fabrication de machines, l'électro-ménager, les équipements de chantier, l'aéronautique et l'aérospatiale ou encore les chemins de fer à grande vitesse. Des entrepreneurs clairvoyants, vivant avec leur époque, ont émergé et se sont imposés. Dans les principaux secteurs de la nouvelle révolution industrielle, comme l'impression en 3D, les matériaux composites et les énergies nouvelles, se profile un immense espace de croissance.

En renouvelant les modes de production et même en les bouleversant parfois de manière subversive, l'innovation et la création d'entreprise constituent un soutien efficace à la croissance économique chinoise.

HOU RUILI, membre de la rédaction

La Chine au présent

1-March-2016

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:19

La récente tourmente du marché international met en évidence la nature fragile de l'actuelle reprise économique mondiale et souligne la nécessité de promouvoir la coordination des politiques et de mener des réformes de la gouvernance économique mondiale.

Il est en particulier nécessaire de renforcer la coordination des politiques alors que des pays sont tentés face aux défis économiques d'adopter des politiques qui pourraient avoir un effet indirect.

Le récent crash du marché n'est pas une coïncidence. Le Japon a récemment adopté des taux d'intérêt négatifs, ce qui n'a que temporairement fait baisser les taux de change du yen. Les marchés anticipent de similaires actions par la Banque centrale européenne, et il existe même des rumeurs clamant que la Réserve fédérale américaine pourrait avoir à inverser la hausse de ses taux.

Alors que les marchés ont été assez tendus, des signes montrent que le marché "perd sa confiance dans la capacité des banques centrales à perpétuer la 'lévitation' des actifs risqués", a indiqué Rabobank, entreprise multinationale néerlandaise de services bancaires et financiers.

Il a été révélé que certains membres de la Banque du Japon se disent inquiets concernant l'effet que pourraient avoir les taux d'intérêt négatifs et les chances que cela provoque une réduction des taux d'intérêt ailleurs.

Tout cela met en avant la nécessité de coordonner les efforts internationaux pour soutenir la croissance et éviter les politiques contradictoires.

Pour sa part, la Chine s'est engagée à éviter une dépréciation compétitive de sa monnaie. Les taux de change pourraient être au programme des discussions lors de la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G20 prévue plus tard ce mois-ci à Shanghai.

A un niveau plus approfondi, les instabilités reflètent de nouveau les faiblesses fondamentales de l'actuel système monétaire et financier international. Jaime Caruana, directeur général de la Banque des règlement internationaux, a pointé du doigt un des problèmes du système, à savoir "les politiques orientées vers l'intérieur dans un monde d'entreprises, de monnaies et de flux de capitaux internationaux".

Les conditions de liquidités débordent souvent à travers les frontières via l'adoption de politiques monétaires, l'utilisation internationale de monnaies, l'intégration des marchés financiers et la disponibilité des finances étrangères, et peuvent amplifier les déséquilibres intérieurs jusqu'au point d'instabilité.

"La liquidité internationale augmente ainsi fortement puis s'effondre", a averti M. Caruana.

Cela n'est pas un problème nouveau, mais la nécessité de le résoudre est devenue encore plus urgente dans un monde grandement internationalisé où les marchés sont de plus en plus connectés et les économies deviennent de plus en plus interdépendants.

Les politiques des économies avancées telles que les Etats-Unis, basées largement sur leurs conditions économiques intérieures, créent souvent un effet indirect sur les politiques d'autres pays.

Plusieurs économistes ont convenu qu'un grand nombre de défis récents pourraient remonter aux défauts d'alignement des cycles monétaires internationaux dictés par le dollar américain et aux conditions économiques des économies émergentes.

Les rôles du dollar américain en tant que monnaie souveraine et internationale ne sont toujours pas compatibles. Les réformes sont le seul moyen pour résoudre ce problème, étant donné le fait que le rôle du dollar américain en tant que monnaie internationale demeure irremplaçable dans le futur proche.

La directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a mis l'accent la semaine dernière sur la nécessité de faire avancer les réformes de la gouvernance économique internationale afin de mieux refléter le poids croissant des économies en développement. Cela pourrait aider davantage le monde à faire face aux défis économiques.

"Les Etats-Unis ont une responsabilité spéciale, car ils normalisent leur politique monétaire, et parce que cela pourrait être une source d'effet indirect international", a-t-elle confié aux étudiants de l'Université du Maryland.

Mme Lagarde a suggéré que les économies en développement renforcent leurs conditions fiscales, gèrent les risques et mettent en oeuvre des réformes, alors que les économies développées, qui ont largement dépendu des bas taux d'intérêt, devraient adopter une politique plus équilibrée.

Le monde doit également collaborer afin de promouvoir l'innovation et le partage de technologies, et mieux administrer les flux de capitaux ainsi que renforcer le réseau sécuritaire financier international.

Si la récente tourmente du marché nous apprends quelque chose, c'est qu'il est aujourd'hui plus urgent que jamais d'appeler à des efforts internationalisés pour faire avancer les réformes de la gouvernance internationale.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Huang Han, le 11/02/2016

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:21

Huang Yongan a mis la moitié du temps que d'habitude pour retourner dans son pays natal, dans la province du Jiangxi.

"C'est incroyable", a déclaré ce technicien informatique qui travaille à Beijing.

Avant que la ligne ferroviaire à grande vitesse ne desserve son petit bourg, le voyage de 1.500 km prenait 14 heures dans un train bondé ou en autocar interurbain.

Le souvenir de M. Huang est typique concernant le retour dans les familles pour les Chinois, à l'occasion de la fête du Printemps : l'anxiété, le chaos et l'inconfort.

Cependant, des centaines de millions de Chinois sont vraiment rassurés à l'idée de rentrer chez eux cette année grâce au développement rapide du réseau ferroviaire à grande vitesse.

Plus de 60% des trains fonctionnant lors du pic des voyages sont maintenant à grande vitesse avec des places spacieuses, et une vitesse pouvant atteindre 350 km/h, a annoncé la China Railway Corp. (CRC).

Cette année, les Chinois devraient faire 2,91 milliards de déplacements à travers le pays, un nouveau record.

La Chine a beaucoup investi dans le réseau des chemins de fer à grande vitesse, qui est déjà le plus long du monde. Quelque 3.300 km de nouvelles lignes ont été ouvertes l'année dernière, amenant la longueur totale opérationnelle à 19.000 km et complétant la majeure partie du réseau.

La CRC envisage d'investir encore 800 milliards de yuans (environ 120 milliards de dollars) en 2016, particulièrement dans les régions centrales et de l'ouest les moins développées. La construction de plus de lignes reliant les villes importantes sera accélérée.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Gao Yuye, le 07/02/2016

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:19

La Chine est à première vue bientôt prête à mener la nouvelle révolution industrielle mondiale, ou "Industry 4.0", car elle met rapidement en place la convergence de multiples nouvelles technologies, ont déclaré les observateurs présents au Forum Economique Mondial à Davos.

"Je ne vois aucune raison pour que la Chine ne soit pas le premier ou du moins un des trois pays menant de front cette transformation", a déclaré Bernd Leukert, membre du conseil exécutif de SAP, leader mondial dans le secteur des logiciels de management d'entreprise, faisant référence à la nouvelle révolution industrielle.

La Chine possède l'avantage technologique et se targue d'une haute efficacité dans le secteur manufacturier, a-t-il expliqué au forum de Davos ce week-end, qui s'est déroulé sous le thème "Maîtriser la Quatrième Révolution Industrielle".

Les experts présents à ce forum ont déclaré que la Chine s'est bien implantée dans l'économie du futur en adoptant rapidement la nouvelle révolution industrielle et en encourageant les innovations basées sur Internet.

Alors que la Chine vend des trains grande vitesse à des acheteurs étrangers, les compagnies des technologies de l'information comme Alibaba, Tencent et Baidu ont rapidement impacté sur la vie de presque tout le monde dans le pays qui compte 1,3 milliard d'habitants.

Les magasins en ligne essaient de faire en sorte que les marchandises commandées arrivent au domicile de leurs clients en à peine une journée.

"La Chine dépasse les autres joueurs si vous regardez les secteurs comme l'Internet mobile", a expliqué Zhang Yaqin, président du fournisseur d'Internet Baidu, un des leaders de la technologie de l'information en Chine.

A Davos, les experts ont déclaré que la nouvelle révolution industrielle n'est pas alimentée par une seule avancée mais par l'intégration de multiples technologies.

Matthew Grob, chef des services technologiques de Qualcomm Technologies Inc., a déclaré que ceci comprend l'intelligence artificielle, le Machine Learning et les télécommunications.

"Les gens avaient vraiment envie de voir comment la Chine se transforme de plateforme manufacturière en plateforme de l'innovation", a expliqué David Aikman, chief representative officer for Greater China, World Economic Forum, à Xinhua dans une interview accordée avant le forum.

Les dirigeants chinois ont dit que l'innovation est au coeur du plan de développement national. Le gouvernement a mis en place des mesures pour mener des réformes basées sur le marché, encourager les innovations et l'entreprenariat, et réduire les démarches administratives. Il est en effet désormais plus facile de créer une entreprise en Chine.

"Un certain nombre d'activités définies par le gouvernement dans son 13ème Plan quinquennal comme "Internet Plus" et "Made in China 2015" montrent que la Chine va droit dans cette direction", a expliqué Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum Economique Mondial.

Hans-Paul Buerkner, président de Boston Consulting Group, a déclaré à Xinhua que parmi les économies qui parlent réformes ou transformation, la Chine apporte certainement une plus grande certitude que les autres pays du monde.

Malgré les défis, "la sincérité des efforts en Chine est très forte", a-t-il poursuivi.

M. Buerkner, qui connaît bien la Chine pour s'y rendre souvent, a déclaré que des entreprises chinoises comme Huawei, Lenovo, Haier et Xiaomi, sont devenues de fortes compétitrices mondiales dans les secteurs de l'innovation et de la digitalisation.

Depuis ces dernières années, la Chine fait partie des plus grands pays en termes de nombres de demandes de brevets pour l'impression 3D, l'ingénierie robotique et la nanotechnologie, selon les statistiques publiées par l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle.

Bill Gates, fondateur de Microsoft, a déclaré qu'avec la reconnaissance que les gens font quelque chose pour laquelle ils peuvent être récompensés, de nombreux experts ont créé des nouvelles entreprises dans les secteurs comme les technologies de l'information, la biologie et les robots. "La Chine va peser de tout son poids", a-t-il ajouté.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Yang Ling, le 25/01/2016

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 08:17

Les plus importantes informations relatives aux sciences et technologies de 2015 ont été annoncées, mardi, à Beijing.

Parrainé par l'Académie chinoise des Sciences (ACS) et l'Académie chinoise de l'Ingénierie (ACI), les sages des deux institutions ont voté pour élire les annonces d'actualité figurant sur le classement.

La découverte dans la recherche sur la communication de quantum est en tête des dix plus importantes annonces domestiques chinoises, désignée comme l'une des plus importantes percées en physique, en 2015, par la Société européenne de Physique.

La liste présente également des accomplissements chinois en matière de technologie spatiale, dont le lancement du premier satellite pour le service global du système de navigation de satellite Beidou, ainsi que le lancement de la fusée porteuse Longue Marche-6, qui a transporté 20 micro-satellites pour des tests spatiaux.

Dans le secteur du transport, le premier grand avion de passagers fabriqué en Chine, le C919, a été rejoint par la technologie de moteur magnétique permanent que l'on trouve dans le système des trains à grande vitesse.

Par ailleurs, les nouvelles relatives aux fermion Weyl, splicéosome, jets relativistes, signalisation cellulaire et aux premières machines de métal liquide occupent le reste de la liste.

Quant aux dix plus importantes communications sur les sciences et technologies à l'échelle du monde, le succès du projet du Génome du cancer d'Atlas et le vaccin d'Ebola dominent le classement.

Il s'agit du 22e vote annuel sur le "top" des nouvelles des sciences et technologies.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Chen Binjie, le 20/01/2016

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 14:59

Le Produit Intérieur Brut (PIB) est devenu le baromètre du progrès social depuis l’après-Seconde Guerre mondiale. Il est cependant de plus en plus critiqué, incapable qu’il est d’intégrer la dégradation de notre planète, l’augmentation des inégalités et, plus généralement, de représenter la satisfaction générale de la population.

Damien Demailly est coordinateur du programme Nouvelle Prospérité de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), programme transversal sur les nouveaux modèles macroéconomiques, microéconomiques et les liens entre inégalités et environnement. Laura Brimont est chercheuse à l’Iddri. Elle travaille en particulier sur les indicateurs alternatifs au PIB et la mobilité collaborative.

De nombreux pays à travers le monde ont adopté de nouveaux indicateurs de richesse pour compléter le PIB. Et l’Union européenne dans tout ça ? Elle n’est pas en reste, la Commission européenne ayant même lancé en 2007 une initiative, baptisée « Au-delà du PIB », afin de développer de nouveaux indicateurs, de les utiliser dans la gouvernance de l’Europe, et de devenir le continent pionnier en la matière. Huit années plus tard, l’UE apparait comme un pionnier certes, mais un pionnier illisible… donc invisible.

L’un des succès de l’UE et de l’initiative « Au-delà du PIB » est incontestablement l’harmonisation des comptes nationaux sociaux et environnementaux entre les États membres, les progrès réalisés dans la collecte de données, et la production de nombreux indicateurs qui servent aujourd’hui à alimenter le débat sur le développement durable, et à pousser les responsables politiques à agir sur ces enjeux. Les chiffres sont en effet les principales armes des discours politiques, qu’ils soient le fait d’élus ou de représentants de la société civile. C’est grâce aux données et aux indicateurs, celles produites par l’Agence européenne de l’Environnement sur la pollution atmosphérique par exemple, que des associations de défense de la qualité de l’air peuvent construire leur plaidoyer. En générant de l’information sur les problèmes environnementaux et sociaux, les nouveaux indicateurs sont autant de munitions pour défendre les causes environnementales et sociales.

Mais en Europe, les nouveaux indicateurs de richesse ne sont pas seulement utilisés dans les débats : ces indicateurs servent aussi à piloter les politiques de l’UE, ce qui en fait un pionnier dans l’usage des nouveaux indicateurs. Difficile en effet de mener une politique de protection de la biodiversité sans avoir d’information sur l’état de santé des écosystèmes : informer les décideurs et guider la mise en œuvre d’une politique, voilà l’un des principaux rôles que jouent les indicateurs. Les indicateurs sociaux et environnementaux rendent visibles les progrès réalisés en matière de justice sociale et de qualité de l’environnement, ce qui permet à l’UE d’apprécier les effets de ses politiques en fonction de nouveaux critères. La stratégie de croissance de l’UE pour la période 2010-2020 (dite Europe 2020) est ainsi évaluée tous les ans par la Commission européenne en fonction de 9 indicateurs, dont 6 sont des indicateurs sociaux ou environnementaux.

Ces tableaux de bord d’indicateurs se sont toutefois développés « tous azimuts », sans forcément de réflexion sur leur mise en cohérence. Ainsi, les indicateurs utilisés pour évaluer la Stratégie Europe 2020 sont différents de ceux utilisés pour évaluer la Stratégie de Développement durable de l’UE, ou encore du tableau de bord en vigueur dans le cadre du Semestre européen. Au-delà des enjeux de coordination des politiques publiques que cela pose, cette prolifération fait de l’UE un pionnier illisible. Illisibilité renforcée par le problème d’articulation entre les indicateurs développés et utilisés au niveau européen, ceux des États membres et ceux d’envergure internationale à commencer par les indicateurs associés aux Objectifs du Développement durable nouvellement adoptés.

Malgré les ambitions de l’initiative « Au-delà du PIB », l’Union européenne n’est pas parvenue à se doter d’un tableau de bord d’indicateurs capable de jouer le même rôle de « boussole du progrès » que le PIB, encore moins d’un indicateur unique qui agrégerait les nombreuses dimensions du développement durable. Relever ce défi implique de formuler une vision européenne sur ce « qui compte vraiment ». Le chemin vers une autre prospérité a donc débuté, il est encore loin d’être terminé.

AVERTISSEMENT : Les opinions exprimées dans cette rubrique sont celles des auteurs et ne reflètent pas les vues d'EurActiv.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 17:06

Il y a trente ans, la globalisation surgissait, balayant tout sur son passage. Ses apôtres, les néolibéraux, proclamaient que ce mouvement était inéluctable et que, pour leur plus grand bonheur, toutes les sociétés seraient désormais organisées autour d’un seul élément : l’économie.

En vérité, la globalisation n’était pas une fatalité, mais une idéologie, une théorie expérimentale visant à remodeler simultanément les paysages économique, politique et social. Or, tout montre aujourd’hui que cette idéologie-là est en train de mourir…
C’est donc un monde en transition que décrit John Saul, un monde où des pays, voire des continents, à la dérive, ont quitté le « navire global » tandis que s’affrontent les économistes, mais où pointent également les idées et les expériences, bonnes ou risquées, qui préparent la société de demain.


Poche | 432 pages. | Paru en : Janvier 2008

John Saul est né à Ottawa au Canada, en 1947. Après une brillante carrière dans la finance et l'industrie, il décide de se consacrer à ses deux passions : les voyages et l'écriture. Son premier roman, Mort d'un général (Rivages poche n°216) est un best-seller international. Sa trilogie philosophique, publiée aux Editions Pavot, qui débute avec Les Bâtards de Voltaire, a été traduite dans le monde entier et récompensée par de nombreux prix. Il a reçu en 2004 le prix Pablo Neruda pour l’ensemble de son œuvre.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 17:38

Un éditorial du très officiel China Daily mercredi 25 novembre, appelle à la reconnaissance de ces millions de Chinois qui sont nés hors de la politique de l’enfant unique.

A

Ils sont vivants et ont aujourd’hui l’espoir de pouvoir enfin exister officiellement. Les personnes nées en Chine, en violation de la politique de limitation des naissances – que l’on appelle « enfants noirs » –, lancée en 1979, doivent pouvoir obtenir des documents d’état civil, a plaidé dans son édition du mercredi 25 novembre le très officiel quotidien China Daily, alors que 13 millions d’entre eux, sont victimes de ce vide juridique.

13 MILLIONS DE CHINOIS VICTIMES D’UN VIDE JURIDIQUE

Le « hukou », le permis de résidence, est un sésame indispensable d’une citoyenneté normale en Chine, afin d’aller à l’école, de bénéficier d’une protection santé ou d’avoir accès au logement. Les parents qui ont un enfant de plus qu’autorisé par la loi doivent s’acquitter d’une lourde « taxe de maintenance sociale », pouvant aller de 500 à plus de 10 000 € pour légaliser le nouveau-né de trop, et lui permettre d’obtenir des papiers. Une amende que seuls les plus riches peuvent payer.

UN ÉDITORIAL DU CHINA DAILY VAUT « DÉCISION POLITIQUE »

Le quotidien officiel anglophone China Daily a ainsi exhorté dans un éditorial, illustré d’une photo d’un agent de l’état civil, les autorités à permettre à ces enfants, nés hors planning familial, de mener une vie normale. Une telle prise de position dans un organe officiel du régime vaut « décision politique » à terme. « (Ils) n’ont commis aucun acte répréhensible et devraient se voir offrir un statut légal leur autorisant l’accès aux prestations sociales », plaide le journal.

LI XUE A MENÉ UNE VIE DE FANTÔME

Après avoir annoncé le mois dernier que tous les couples chinois seraient désormais autorisés à avoir deux enfants, Pékin a ouvert un débat national sur l’impact de la politique de limitation des naissances, mais a également mis en lumière la dramatique réalité de ces millions de Chinois non enregistrés par l’administration. Une Pékinoise, Li Xue, racontait le mois dernier à l’Agence France-Presse sa vie passée dans l’ombre en raison des contraintes bureaucratiques.

Sa famille aurait dû s’acquitter à sa naissance d’une amende de 5 000 yuans (650 €) hors de portée pour ses parents disposant d’une retraite de 100 yuans par mois. Du coup, à 22 ans, Li Xue a passé toute sa vie dans un néant administratif. À six ans, elle a vu ses copines partir à l’école. Elle restait à la maison. « Quand elle était malade, on devait mendier des médicaments aux voisins », expliquait sa mère.

UN ESPOIR DE CHANGEMENT

Le ministère de la Sécurité publique a promis lundi 23 novembre de s’occuper de la question des enfants sans « hukou », selon la presse chinoise. Mais si le gouvernement s’est déjà engagé dans le passé à réformer le système, peu a été fait dans ce sens. « Les autorités locales devraient réfléchir à la façon d’appliquer les politiques gouvernementales sans violer les droits juridiques des gens », a souligné le China Daily sur un ton martial qui laisse espérer une prochaine régularisation de ces millions de Chinois fantômes.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 05:33

Le 13e Plan quinquennal chinois (2016-2020), qui vise à donner à la Chine un mode de développement plus durable et équilibré, propose un modèle qui fera l'objet de longues discussions entre les économistes du monde entier.

Selon ce Plan, la Chine, qui se fixe pour objectif de maintenir une vitesse de croissance moyenne ou élevée, compte doubler son PIB et son revenu par habitant en 2020 par rapport aux niveaux de 2010, selon un communiqué publié à l'issue de la cinquième session plénière du 18e Comité central du Parti communiste chinois (PCC).

A cette fin, "la croissance annuelle pour la période 2016-2020 ne devra pas être inférieure à 6,5%", a déclaré le président chinois Xi Jinping dans un communiqué.

Alors que l'économie chinoise entre dans une ère de "nouvelle normalité" caractérisée par une croissance économique plus lente, mais plus saine, la Chine a besoin de temps et d'espace pour digérer sa surcapacité industrielle, restructurer son économie et passer à un modèle orienté sur l'innovation.

"Le mode de croissance est vraiment en train de passer d'une économie tournée vers l'investissement et l'exportation à une économie tournée vers la consommation intérieure et les services, menant à une croissance plus lente, mais plus saine", a estimé Livio Ribeiro, économiste de la Fondation Getulio Vargas au Brésil, dans une interview accordée à Xinhua.

Un taux de croissance inférieur à 7%, ou même d'environ 6,5%, est un objectif approprié, qui fera encore de la Chine un contributeur majeur à la croissance économique mondiale, a estimé Nicholas Lardy du Peterson Institute for International Economics (PIIE).

LE DEVELOPPEMENT VERT

La Chine poursuivra son engagement en faveur du développement vert et s'attellera à améliorer l'environnement, selon le communiqué.

Elle encouragera la production industrielle propre, le développement à faible émission de carbone et la conservation de l'énergie afin d'assurer une croissance durable dans les cinq prochaines années, précise le communiqué.

L'objectif est de rechercher la croissance à travers la transformation économique, l'optimisation de la structure industrielle, la protection de l'environnement et l'amélioration de la qualité et de l'efficacité, a souligné M. Xi.

Créer une nouvelle "civilisation écologique" plutôt que de se concentrer sur la croissance du PIB deviendra une nouvelle priorité du gouvernement chinois d'ici 2020, a indiqué l'économiste américain Laurence J. Brahm à l'agence de presse russe Spoutnik.

Le PCC annoncera une ère de "civilisation écologique" en plaidant pour un nouveau type de croissance plus globale et plus équilibrée plutôt que de se concentrer sur la croissance rapide du développement industriel comme au cours de la dernière décennie, a expliqué M. Brahm.

La part du secteur des services dans le PIB continuera à croître et la contribution de la consommation à la croissance économique augmentera de manière significative, selon le communiqué.

"Le développement doit reposer sur l'innovation", ajoute-t-il.

Ainsi, le développement innovant de l'internet a pénétré dans tous les secteurs de la société et de l'industrie et a directement changé la structure économique et sociale de la Chine, a noté Zhou Zhaocheng, professeur agrégé adjoint de l'Université de technologie de Nanyang.

Par conséquent, la politique de développement innovant de l'internet adoptée par le 13ePlan quinquennal aura une influence considérable sur le futur développement économique de la Chine, a estimé M. Zhou.

Si la Chine continue à adhérer à ses politiques axées sur la "nouvelle normalité", et la vie du peuple continuera à s'améliorer, a indiqué Kiyoyuki Seguchi, directeur de recherche de l'Institut japonais Canon pour les études internationales.

S'OUVRIR DAVANTAGE AU MONDE

La Chine accélérera l'ouverture du marché des capitaux et du secteur des services, notamment les services bancaires, les assurances, les valeurs mobilières et les centres de soins infirmiers aux investissements étrangers, selon le communiqué.

En outre, elle continuera à promouvoir l'initiative "La Ceinture et la Route" à travers la coopération avec les pays et les régions le long des routes et à participer à la coopération internationale en matière d'industrie et de fabrication d'équipements, selon le communiqué.

Cette initiative crée un nouveau modèle d'ouverture vers l'Orient et l'Occident, ont noté certains économistes.

Si la Chine veut continuer à croître à un taux moyen ou élevé, elle devra ouvrir davantage son économie aux échanges commerciaux et aux investissements internationaux, a souligné David Dollar, expert de la Chine à l'Institut Brookings.

Une Chine plus ouverte créera plus d'opportunités pour les biens, les services et les investissements des autres pays, a indiqué à Xinhua Tang Zhimin, directeur des études sur la Chine et l'ASEAN à l'Institut de gestion Panyapiwat de Bangkok.

"L'ouverture du marché intérieur est un puissant outil de réforme qui peut bénéficier à la Chine", a estimé James Laurenceson, économiste et directeur adjoint de l'Institut des relations sino-australiennes.

Bien qu'il existe des secteurs qui restent protégés et que ces secteurs fassent l'objet de réformes au cours des cinq prochaines années, M. Laurenceson a estimé que la réduction des obstacles à l'entrée des entreprises du secteur privé tant nationales qu'étrangères serait une grande priorité du 13e Plan quinquennal.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Wang Yanan, le 09/11/2015

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