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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:23

PLANTER OU REPLANTER. La Chine est le pays au monde le plus touché par la désertification… et l’un de ceux qui replantent le plus d’arbres pour s’en protéger.

Sous le regard de 150 journalistes, Shang Youfu plonge une grande tige de métal, au bout d’un tuyau, dans le sable chaud du désert mongol. Un petit bouillonnement d’eau, aussitôt absorbée, et son collègue plante une tige dans le sable humidifié. Le paysan au visage brûlé par le soleil ajoute un peu d’eau et recommence la manœuvre un mètre plus loin.

« Ceux-là ne survivront pas, c’est juste pour la démonstration », admet Shang Youfu. Pour replanter le désert, la période la plus propice court en effet d’avril à mai. « À cette période, les boutures survivent dans 90 % des cas », indique l’ouvrier agricole de 58 ans, pour qui la santé des plants est aussi une question d’argent.

Son salaire dépend du nombre d’arbres plantés chaque jour et de leur taux de survie. Shang Youfu est employé par l’entreprise Elion, qui possède 8 000 km2 de terrain cédés gracieusement par la province de Mongolie intérieure en 1988 pour trente ans renouvelables, à condition que l’entreprise restaure ce terrain confronté à la désertification.

Cette année, cette oasis artificielle fourmillait d’experts et de journalistes pour un forum sur la désertification organisé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).

En Chine, le désert progresse vite, menaçant non seulement les zones cultivables, mais aussi les villes. Dans les années 1990, les tempêtes de sable à répétition ont frappé le nord-est du pays. La principale cause de ce phénomène, mais pas la seule, est le « Grand Bond en avant », la tentative de développement accéléré lancée par Mao Zedong en 1958.

27 % DU TERRITOIRE CHINOIS TOUCHÉ PAR L’EXTENSION DU DÉSERT

À l’époque, pour tenter de devenir le premier pays producteur d’acier au monde, la Chine a encouragé l’abattage des arbres pour faire tourner les hauts-fourneaux. Le surpâturage et le réchauffement climatique se sont ajoutés à la déforestation, et la Chine est désormais le pays du monde le plus touché par l’extension du désert : 27 % du territoire est touché, soit 400 millions de Chinois affectés.

Pour l’économie du pays, le coût de la désertification est estimé à 16 milliards d’euros par an.

Le géant asiatique est aujourd’hui l’un des pays qui plantent le plus d’arbres. Dans sa contribution nationale en vue de la conférence de Paris sur le climat, la Chine est d’ailleurs l’un des rares pays à avoir intégré un paragraphe sur le reboisement, qui a l’avantage d’« augmenter les puits de carbone ».

Dès 1978 avait été lancé le concept de « grande muraille verte » : une immense barrière d’arbres censée d’une part fixer les dunes et empêcher la progression du désert, et d’autre part stopper les tempêtes de sable s’abattant régulièrement sur les grandes villes de l’Est, dont Pékin, en première ligne, mais parfois Tokyo au Japon, ou Séoul en Corée du Sud.

Dans les années 1990, et jusqu’au début des années 2000, de violentes tempêtes de sable ont touché la capitale cinq à dix fois par an, aveuglant la population pendant un ou deux jours et laissant la capitale recouverte d’un fin manteau jaune.

« DEPUIS LES ANNÉES 2000, LE GOUVERNEMENT PREND CES QUESTIONS AU SÉRIEUX »

Ces tempêtes sont aujourd’hui plus rares et moins violentes, grâce aussi à de meilleures pratiques agricoles. Mais les bonnes intentions se sont heurtées aux objectifs productivistes du pays le plus peuplé au monde.

«Le problème est que la Chine a adopté des politiques contradictoires : si vous êtes un éleveur du Gansu (province aride du Nord), vous pouvez recevoir un jour la visite d’un agent du ministère de l’agriculture qui vous expliquera qu’il faut produire plus, explique Victor Squire, un chercheur australien à la retraite qui a passé sa vie à étudier les déserts chinois. Et le lendemain, la visite d’un agent du ministère de la forêt qui vous expliquera que vous recevrez des subventions si vous acceptez de réduire votre cheptel, pour limiter le surpâturage. »

Dans ces jeux d’injonctions contradictoires, le ministère de la forêt a longtemps été le parent pauvre.

La donne a changé, selon Yang Youlin, le coordinateur pour l’Asie-Pacifique de la CNULCD, et ancien employé du bureau chinois de lutte contre la désertification, dépendant du ministère de la forêt.

« Depuis les années 2000, le gouvernement prend ces questions au sérieux. Quand j’ai rejoint le gouvernement, en 1994, le budget du bureau contre la désertification était ridicule. Depuis, il a été multiplié par 100. »

UN MODÈLE QUI FAIT DÉBAT

Des progrès que confirme Victor Squire. « Après beaucoup d’erreurs et de tâtonnements, la formation des acteurs de terrain porte ses fruits. La Chine a acquis une vraie expérience en matière de lutte contre la désertification », assure le chercheur.

Il cite en exemple de nouvelles techniques d’arrosage, la manière de planter autour d’une dune pour la réduire petit à petit ou encore la sélection d’essences adaptées aux différents terrains, après avoir privilégié longtemps des arbres à rendement rapide comme le peuplier, gourmand en eau et fragile. À Kubuqi, un centre de recherche travaille à sélectionner les plantes les plus résistantes.

Le modèle défendu par l’ONU fait cependant débat. À la fin du forum sur la désertification, un jeune journaliste demande ainsi à un représentant d’Elion si un jour la Chine verra pousser une ville comme Las Vegas, aux États-Unis.

Ce dernier n’hésite pas : « Avant, il fallait faire trois jours de chameau pour arriver ici. Grâce au développement, tout le monde a désormais des conditions de vie proches de celles de la ville. Oui, nous pouvons créer un Las Vegas chinois ! », assure-t-il.

Le représentant de l’ONU, Yang Youlin, tient pour sa part à préciser : «Las Vegas ou Dubaï ne sont pas des exemples à suivre. Dans ces villes, également confrontées aux tempêtes de sable, la gestion de la terre est inexistante.»

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 08:36

L'investissement chinois dans un projet nucléaire au Royaume-Uni ne constitue qu'un exemple de la manière avec laquelle la deuxième plus grande puissance économique au monde continuera à élargir ses investissements à l'étranger.

"Le moment est opportun pour la Chine de devenir un exportateur net de capital", a indiqué un livre blanc sur la mondialisation des entreprises chinoises, publié jeudi par Thomson Reuters.

Il s'agit d'une tendance inévitable de voir l'investissement direct à l'étranger dépasser l'investissement direct étranger (IDE), au moment où les Chinois cherchent de nouveaux canaux d'investissements pour leurs épargnes, selon le rapport.

L'investissement direct à l'étranger de la Chine est passé d'un niveau pratiquement nul en 2004 à environ 116 milliards de dollars en 2014, devenant ainsi le troisième plus grand exportateur de capital au monde. Les données venant du ministère chinois du Commerce montrent que l'ODI non financier de la Chine a augmenté de 16,5% en glissement annuel pour atteindre 87,3 milliards de dollars durant les trois premiers trimestres de 2015, tandis que l'IDE a progressé de 9%.

Cependant, la dynamique d'investissement a changé ces dernières année. Avec l'établissement de la Banque asiatique des investissements pour les infrastructures (BAII), de la nouvelle banque de développement des BRICS et le nouveau Fond de la Route de la soie, la Chine diversifient ses investissements vers les économies émergeantes, et pas uniquement dans les pays développés.

Au cours des trois premiers trimestres, les IDE des entreprises chinoises dans les pays situés le long de la Ceinture et la Route ont bondi de 66,2% pour atteindre 12,03 milliards de dollars, représentant 15,3% des investissements étrangers non financiers. Singapour, le Kazakhstan, le Laos, l'Indonésie et la Russie figurent parmi les pays destinataires favoris pour ces investissements, selon le Ministère.

Il reste encore un grand potentiel pour l'investissement, a ajouté le rapport.

Néanmoins, un nombre grandissant d'entreprises chinoises font face à de nombreux risques, dans leur expansion à l'extérieur de leur pays. Les problèmes émergents sont liés aux incertitudes du marché financier telles que les fluctuations des taux de change du RMB, au manque de protection de la propriété intellectuelle à l'étranger et à l'impact de la différence culturelle dans la gestion des ressources humaines.

Les entreprises chinoises sont également contraintes de se former à l'évolution constante de l'environnement réglementaire et d'étudier les différentes méthodes d'évaluation de la sécurité de chaque destination investie, selon le rapport.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Luo Jingping, le 22/10/2015

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 10:27

Cette semaine, des annonces majeures ont grandement fait avancer la cause de l'internationalisation de la monnaie chinoise, ce qui devrait bénéficier davantage au monde.

Jeudi, la première phase du système de paiement interbancaire international de Chine (CIPS) a été lancée à Shanghai, permettant aux institutions financières de profiter de services de compensation et de règlement pour les transactions transfrontalières en renminbi (RMB).

Vendredi, la présidente du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a annoncé que le FMI avait bientôt fini d'évaluer si le RMB allait être inclus dans le panier monétaire des Droits de tirage spéciaux (DTS).

Ces annonces ont renforcé le statut du RMB en tant que monnaie mondiale, et l'internationalisation rapide du RMB a parallèlement eu un impact positif sur d'autres pays.

En mai dernier, lors de la visite du Premier ministre chinois Li Keqiang au Chili, les deux pays ont convenu sur un swap de devises d'une valeur de 22 milliards de yuans (3,5 milliards de dollars) dans les trois prochaines années, ce qui devrait promouvoir le commerce et les investissements bilatéraux.

La Chine a convenu d'accorder un quota de 50 milliards de yuans (8,1 milliards de dollars) aux investisseurs institutionnels étrangers qualifiés au Chili. La China Constuction Bank a été nommée en tant que banque en charge de la compensation du yuan pour le Chili, devenant la première de ce genre en Amérique Latine.

En janvier, l'Argentine a demandé le quatrième versement d'une valeur de 400 millions de dollars dans le cadre d'un swap de devises de 11 milliards de dollars signé en juillet 2014.

Ces accords ont également aidé l'Argentine a réduire une partie de sa dette, selon un rapport de la société de conseil argentine Ecolatina publié au mois d'août. Un autre rapport publié par la société de conseil argentine Econometrica a également révélé que ce swap avait "sauvé 2015" pour l'Argentine et "l'avait protégée de revers économiques internationaux".

En septembre, la Banque populaire de Chine a nommée la banque chinoise ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) en tant que banque en charge de la compensation du RMB en Argentine, facilitant le commerce et les investissements bilatéraux.

Ces actions ont aidé l'Argentine, comme le révèlent les efforts du gouverneur de la Banque centrale d'Argentine Alejandro Vanoli pour obtenir un second swap de devises cette semaine.

L'ambassadeur de Chine en Argentine, Yang Wanming, a confié à l'agence de presse argentine Noticias Argentinas fin septembre que "nous sommes actuellement en train d'examiner cette requête (pour un second swap), car nous accordons une grande importance à la coopération financière avec l'Argentine".

Comme le démontrent les exemples du Chili et de l'Argentine, l'internationalisation duRMB aide les deux parties dans un moment de sévères restrictions financières. Le dollar américain montant en flèche vis-à-vis des devises latino-américaines, le RMB fournit une alternative puissante.

Avec les banques en charge de la compensation et les swaps de devises, les pays tels que l'Argentine et le Chili peuvent renforcer leurs réserves de change dans une nouvelle dénomination et promouvoir le commerce bilatéral avec l'un de leurs partenaires clés. Pour la Chine, cela fixe le RMB en tant qu'alternative viable face au dollar américain.

Bien que le RMB n'ait pas la présence de la monnaie américaine en terme de commerce mondial, il est maintenant plus logique pour les pays de l'utiliser pour le commerce avec la Chine ou des entreprises chinoises.

Le tant-attendu système de paiement international CIPS, lancé par la banque centrale de Chine, inclut 19 banques chinoises et étrangères en tant que participants directs. Les participants indirects incluent 38 banques chinoises et 138 banques étrangères, a indiqué la banque centrale dans un communiqué.

De telles actions aident également à soulager les critiques de longues dates selon lesquelles la Banque mondiale et le FMI sont les seules organisations internationales vers lesquelles les pays en développement puissent se tourner.

De nombreux pays, dont ceux qui soutiennent normalement la Banque mondiale, saluent la compétition dans la finance internationale, comme l'on peut également le voir dans la popularité de la Banque asiatique d'investissements pour les infrastructures (BAII) proposée par la Chine.

Les pays latino-américains saluent la coopération financière avec la Chine, car l'internationalisation du RMB a déjà bénéficié et continuera à bénéficier à la région.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Huang Jian, le 12/10/2015

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 22:31

Le gouvernement chinois se penchera ce mois sur le plan quinquennal de développement 2016-2020.

La restructuration économique restera l'une des questions essentielles alors que la Chine continue à passer de l'économie tirée par l'investissement à celle conduite par l'innovation et les services.

Voici certains faits et chiffres qui montrent des changements dans ls structure économique du pays survenus entre 2011 et 2015.

-- CROISSANCE

Le taux de croissance du PIB passe de 9,3% (2011), 7,7% (2012), 7,7% (2013), 7,3% (2014). Pour la première moitié de 2015, c'est 7% et l'objectif annuel prévu par le gouvernement est "autour de 7%".

-- SERVICES

Le secteur des services représente 49,5% du PIB pour la première moitié de 2015, contre 39,2% en 2010.

-- INVESTISSEMENT

Par rapport 23,8% en 2010, la croissance des investissements en immobilisations chute à 15,7% en 2014 et à 11,4% durant la première moitié de 2015.

La baisse est principalement causée par la fermeture progressive des capacités périmées de la production industrielle.

Les investissement dans le chemin de fer et d'autres secteurs relatifs à la vie du peuple reste stable au cours des cinq ans passés.

-- CONSOMMATION

Les ventes au détail de biens de consommation augmentent de 15.500 milliards de yuans (2.400 millards USD) en 2010 à 2.200 milliards de yuans en 2014.

Les ventes au détail augmentent de 10,4%, 14.200 milliards de yuans durant la première moitié de 2015.

Le consommation représente 60% de la croissance du PIB pendant la première moitié de 2015, avec une hausse de 13,1% points de pourcentage par rapport à l'an 2010.

Les nouveaux modèles de consommation tels que les achats en ligne représentent près de 10% des ventes au détail cette année, et la consommation dans le tourisme et les soins de santé devrait progresser rapidement.

-- INNOVATION

Les dépenses dans les recherches et le développement (R&D) ont presque doublé, de 706,3 milliards de yuans en 2010 à plus de 1.300 milliards de yuans en 2014.

Les demandes de brevets ont augmenté à une vitesse explosive, de 1,2 million en 2010 à 2,4 millions en 2014.

-- ENTREPRENARIAT

Sur fond d'innovation robuste, un boom de start-up a eu lieu. Pendant la première moitié de 2015, le capital enregistré par les nouvelles entreprises s'élève à 12.000 milliards de yuans, soit une croissance de 43% par rapport à la même période de l'année dernière.

-- EXPORTATIONS

La croissance des exportations de la Chine continue à relantir au cours des cinq dernières années en raison de la reprise chancelante de l'économie mondiale.

Les exportations des équipements liés au chemin de fer passent de 8,4 milliards de yuans en 2010 à 26,8 milliards de yuans en 2014.

-- INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE

Comme l'économie devient de plus en plus "intelligente", la consommation d'énergie par unité du PIB baisse de 13,4% en 2014 par rapport à l'an 2010.

Pendant la première moitié de 2015, la consommation d'énergie par unité du PIB glisse de 5,9% au rythme annuel

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Zhou Shaoping, le 06/10/2015

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:50

À 84 ans, Youyou Tu est la première Chinoise à obtenir un Nobel, celui de médecine, attribué lundi 5 octobre par le comité Nobel.

La fierté d’une nation. Il n’est pas exagéré de dire que la co-lauréate du prix Nobel de médecine 2015, la Chinoise Youyou Tu, 84 ans a rempli de joie le pays tout entier à double titre. Ce Nobel de médecine est le premier attribué à une femme chinoise (1) d’une part, et qui de plus a fondé sa réussite sur la pharmacopée traditionnelle chinoise millénaire.

UN CADEAU DE LA MÉDECINE CHINOISE AU MONDE

Scientifique et patriote, Youyou Tu a déclaré lundi que sa découverte du traitement contre le paludisme a été possible grâce à un extrait de la plante armoise annuelle (Artemisia annua), « un cadeau de la médecine chinoise traditionnelle au peuple du monde ». Une nouvelle contribution de la Chine à la planète.

Cette pharmacologue diplômée de l’Académie de médecine en 1955 et qui avait déjà reçu en septembre 2011 le prestigieux prix Albert-Lasker, considéré comme potentiellement précurseur à l’obtention d’un Nobel de médecin ou de physique, avait estimé que ce Nobel n’était pas « un honneur fait à ma seule personne, mais à l’ensemble des scientifiques chinois ».

« Nous avons mené des recherches pendant des dizaines d’années, donc obtenir ce prix n’est pas une surprise » a-t-elle encore expliqué lundi soir à un quotidien du soir de la province du Zhejiang.

UNE MISSION MILITAIRE « TOP SECRÈTE »

Au-delà de cette prestigieuse récompense, c’est la façon dont elle a pu aboutir qui inspire une histoire singulière plongée dans les pires années noires de la Chine communiste. En 1967, au début de la révolution culturelle chinoise, quand Mao décide de balayer toutes les anciennes valeurs intellectuelles et culturelles, Tu est affectée d’office dans un institut de recherche.

En pleine guerre du Vietnam (contre les Américains, 1955-1975), une équipe de 500 chercheurs dont elle a fait partie, hérite d’une mission militaire « top secrète », baptisée « projet 523 », imposée du sommet de l’État : trouver un traitement contre le paludisme, une maladie qui frappait alors la Chine et décimait les forces communistes du Nord Vietnam soutenues par Pékin.

LA DÉCOUVERTE D’UNE ÉQUIPE

Ce projet scientifique, en plein chaos de la révolution culturelle, fut le seul maintenu par Mao et son premier ministre Zhou En-lai, avec ceux sur les bombes nucléaires (A et H) et les satellites artificiels. Tu quitte sa fille de trois ans et s’exile avec ses collègues sur l’île de Haïnan tout au sud de la Chine.

Treize ans de recherches plus tard, dans des conditions très difficiles, on découvre l’artémisinine, extraite d’une plante, l’armoise annuelle. C’est là que pointe une polémique sur l’identité réelle de celui ou celle qui a découvert le remède. Youyou Tu se présentait dans son livre publié il y a quelques années comme « l’inventrice numéro un » de la molécule alors que certains collègues parlaient plutôt d’un « travail d’équipe ».

Grâce à ce Nobel, Youyou Tu a réussi à légitimer aux yeux du monde l’importance de la médecine traditionnelle chinoise, longtemps moquée en Occident. La récupération politique est immédiate. Le ministère chinois de la Santé a publié lundi soir un communiqué félicitant la lauréate pour son prix, « qui montre l’importance que peuvent avoir les médicaments traditionnels chinois dans la préservation de la santé humaine », ajoutant que c’était une « fierté » pour la médecine traditionnelle chinoise.

En même temps le premier ministre Li Keqiang a estimé que le succès de Youyou Tu « reflète les progrès dynamiques des sciences et technologies chinoises », signes de « la progression continue de la force de la Chine et de son influence internationale ».

(1) Avant elle, deux autres citoyens chinois avaient obtenu un prix Nobel : l’écrivain Mo Yan (Littérature, 2012) et l’activiste Liu Xiaobo (Paix, 2010), qui purge une peine de 11 ans de prison depuis 2009.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 19:37

EXPLICATION Le président chinois Xi Jinping a annoncé vendredi 25 septembre à Washington une contribution de 2,7 milliards d’euros au « Fonds vert », qui doit aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique.

QUELLE EST LA NATURE DE LA PROPOSITION CHINOISE SUR LE CLIMAT ?

Dans le cadre des discussions entre les dirigeants chinois et américain, qui président les deux nations qui polluent le plus, Barack Obama et Xi Jinping ont affirmé leur volonté d’avancer ensemble dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La Chine a annoncé qu’elle allait débloquer 3,1 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) pour alimenter le « fonds vert », qui doit aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique. Cette décision marque un changement majeur de l’approche chinoise, qui, jusqu’à présent, rejetait la faute sur les pays riches occidentaux, en évoquant leur responsabilité historique dans le réchauffement climatique.

L’année dernière lors de leur rencontre à Pékin, les deux chefs d’État avaient annoncé un accord inédit dans lequel ils présentaient leurs objectifs en termes d’émissions de gaz à effet de serre : réduction de 26 à 28 % d’ici à 2025 par rapport à 2005 pour les États-Unis, « pic » à l’horizon 2030 pour la Chine. Cette fois, Xi Jinping se montre plus ambitieux.

DANS QUEL CONTEXTE INTERVIENT CETTE PROPOSITION CHINOISE ?

Cette annonce chinoise arrive au moment où piétine la question du financement de l’aide aux pays en développement. La création du Fonds vert a été entérinée en 2009, au sommet de Copenhague, avec pour objectif de lever 100 milliards de dollars d’ici à 2020. Mais pour le moment, l’objectif serait loin d’être atteint – ce qui risque de compliquer les négociations lors de la COP21 qui s’ouvrira dans deux mois à Paris.

Lors d’un déjeuner, dimanche 27 septembre à New York, présidé par François Hollande et en présence d’une trentaine de chefs d’État, la question de ce fonds devait encore être abordée. Dans ce contexte, la proposition financière chinoise, supérieure à celle des États-Unis (3 milliards de dollars), est une bonne nouvelle. Reste à savoir si elle sera suffisante pour donner un coup d’accélérateur aux négociations.

LA CHINE VEUT-ELLE S’IMPOSER COMME LEADER MONDIAL DANS LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ?

Il est clair que la Chine fait preuve d’une confiance en elle sans précédent, après avoir affirmé pendant des années qu’elle n’était encore qu’un pays en voie de développement. En plus de sa contribution au Fonds vert, elle a annoncé, samedi, la mise en place en 2017 d’un marché national de quotas de CO2.

Dans ce système, qui existe notamment en Europe, chaque entreprise industrielle dispose d’un « quota d’émissions » : celles qui optent pour des technologies vertes n’utiliseront pas tous leurs quotas et pourront les revendre, tandis que les entreprises les plus polluantes seront pénalisées car elles devront acheter des quotas supplémentaires. « Il ne fait aucun doute que la Chine est prête à mener la lutte mondiale contre le réchauffement climatique », affirme Li Shuo, analyste en chef sur le climat à Greenpeace Asie.

Pour le professeur Zhang Haibin de l’Université de Pékin au département des affaires internationales, « la Chine joue un gros coup politique international sur le terrain du climat, domaine que le monde entier observe avec attention et dont ce dernier bénéficiera à l’avenir ».

Cette nouvelle stratégie internationale chinoise sur le climat montre aussi sa volonté de s’imposer plus largement comme un acteur majeur sur la scène mondiale.

27/9/15 LA CROIX

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 09:45

Par Sonia Bressler

A l'issue du Forum sur le développement économique du Xinjiang qui s'est déroulé, en août, à Urumqi, nombreux ont été les échanges, les discussions et les découvertes. Cependant au fur et à mesure des débats passionnants qui ont mêlé interrogations sur la « sécurité », sur la culture autour du projet « One Belt, One Road » plus communément appelé Route de la Soie, il me semble que l'on manque notre sujet. Cela signifie que nous n'arrivons pas à entendre ce que la Chine souhaite mettre en place. Nous restons sur des positions anciennes tant sur le plan politique, économique que philosophique et culturel. Or nous devons comprendre ce qu'est la Chine de demain, nous devons l'admettre et l'accueillir.

Quand je parle de « nous », de « on », il faut entendre « nous les occidentaux ». Pourquoi manquons-nous notre sujet ? La première raison c'est que nous refusons d'interroger notre peur viscérale de la Chine. Celle-ci naît du schisme apparu en 1750. La seconde raison, c'est que nous appartenons au passé.

J'entends déjà les boucliers se dresser, les arguments s'affuter, la colère gronder. Mais ce n'est pas grave d'appartenir au passé, le tout est de le savoir ou comme je l'ai déjà dit de l'admettre et non de rester dans un déni (caractéristique de notre époque).

Le passé a du bon, il est le soutien d'un présent. Il est le « point aveugle » qui sous-tend le futur. De ce point aveugle on peut observer, comprendre, établir de nouvelles recherches et certainement chercher à défricher de nouveaux outils avec lesquels mettre en place un nouveau système.

1- L'Europe et le Monde ont besoin de la pensée chinoise

Mettre en place un nouveau système de pensée, nous ne pouvons pas le faire seuls (avec nos concepts usés, abîmés pour ne pas dire périmés). « Seuls » cela signifie dans notre coin, loin de la pensée chinoise. Cette mise à l'index de la pensée chinoise ne date pas d'hier. Comme expliqué dans mon article intitulé « la culture en avance sur la diplomatie » , c'est à partir de 1750 que le désamour pour la Chine s'expose au grand jour. Le point aveugle de ce désamour tient au fait que la pensée européenne délaisse l'humain au profit du politique. La Chine apparaît négativement chez Montesquieu, notamment dans L'esprit des lois (chapitre 21 du livre VIII) où il qualifie de « despotique » l'Empire chinois.

Là naît le schisme entre l'Europe et la Chine. Il s'incarnera autant dans la société civile que dans la « philosophie ». Cette dernière devient exclusivement européenne. Tout le travail de Confucius ne relèvera donc plus que de la pensée. C'est à Emmanuel Kant que nous devons l'affirmation de cette séparation en 1756, dans le cadre de son cours de Königsberg sur la « géographie physique », où il évoque l'Asie. Il décrète que Confucius n'avait aucune notion de philosophie morale : « Leur maître Confucius n'enseigne rien dans ses écrits hors une doctrine morale destinée aux princes ». Il conclut alors : « le concept de vertu et de moralité n'a jamais pénétré dans la tête des Chinois ».

Hegel reposera la question de la philosophie en Orient, tout en scellant la séparation officielle. Il écrit dans les notes de ses cours, publiées sous le titre Leçons sur l'histoire de la philosophie, une section consacrée à « La philosophie orientale ». Il y écrit « Nous avons deux philosophies : 1° la philosophie grecque ; 2° la philosophie germanique. » Il s'ensuit que « ce qui est oriental doit donc s'exclure de l'histoire de la philosophie. » En d'autres termes, la philosophie ne peut venir de Chine.

Le débat était clos. Mais voilà que le président Xi Jinping met en marche la « Route de la Soie ». Elle avance, elle relie. Elle est un lien. Un pont jeté entre les cultures, un appel à travailler ensemble. En tant que lien, elle va vers l'Europe, donc vers le passé. Elle avance, elle est aux portes de l'Europe. Son avancée, son ampleur ravivent les blessures, les plaies, les fantômes et les vieux démons européens.

Dans son ouvrage intitulé la Gouvernance de la Chine, Xi Jinping donne une leçon de politique au monde. Il y explique clairement son projet « One Belt, One Road », il y montre la volonté de la Chine de tendre la main à ses voisins et à ses amis. Mais au-delà du projet économique, il montre combien nous manquons d'imagination et que notre politique mais surtout nos vies ont besoin de ce rêve. Ce rêve, comme tout rêve chinois est un rêve concret. Il est une réalité en marche. Il est déjà si bien avancé qu'il donne le vertige. Et nous occidentaux, nous tremblons face à cette perspective, face à cette immensité en marche.

Le plus beau de l'histoire, c'est que Xi Jinping ne néglige personne sur le chemin et surtout pas la jeunesse. Il y consacre un discours, où il écrit « les jeunes doivent garder en tête que les ‘discours creux nuisent à l'Etat, tandis que les actions concrètes renforcent'. Il est indispensable qu'ils soient dévoués à leur poste de travail, qu'ils commencent leur tache par eux-mêmes et par des petits riens, et qu'ils accomplissent des exploits notables afin d'assurer l'épanouissement de leur vie » .

A qui veut entendre, voir et surtout faire un effort d'imagination, la pensée chinoise offre un rêve concret, une réalité en marche. Rêve que nous aurions pu prendre en marche en 1750 mais nous l'avons refusé en instaurant ce schisme - précipitant ainsi la fin des Lumières. Jamais nous n'avons eu autant besoin de la Chine pour créer de nouveaux espaces de pensée, de nouveaux rêves, de nouvelles concrétisations économiques et politiques.

2- La Chine de demain passe par La route de la Soie

La Route de la Soie peut être cet axe autour duquel nous pouvons articuler une nouvelle façon d'envisager le politique, l'économique et le culturel.

Elle ne néglige personne. Au fur et à mesure des milliers de kilomètres parcourus sur cette route au coeur du Xinjiang, j'ai pu me figurer ce que signifie ce projet.

Bâtir la « Route de la Soie », c'est réunir, rassembler non seulement l'ensemble de la population chinoise (c'est associer les cinquante six ethnies ensemble) mais aussi les pays frontaliers, et ceux plus lointains. C'est regarder le futur avec les yeux du présent, sans oublier les traces du passé. Un passé riche d'histoires, de rencontres, d'échanges, de batailles, de dépassement de soi, de transmission des savoirs.

Une route, c'est le coeur du lien entre les cultures, les savoirs. Elle porte en elle toutes les possibilités des échanges. Et la Route de la Soie relève bien des défis : elle unifie les ethnies autour d'un projet commun. Chaque ethnie se trouve reliée, chaque culture, chaque pratique, chaque savoir peut s'échanger, se partager. Depuis toujours la Route de la Soie a eu cette vocation, la médecine ouïgour est née du mélange de celle chinoise et arabe, elle a aussi pris du savoir indien.

La force de cette route, c'est sa diversité. Cette diversité est la pépite économique et politique de la Chine.

Contrairement à ce que laisse entendre une vision occidentale de la Chine, la Chine de demain n'est pas celle des mégalopoles (telles que Shangaï), bien sûr elles auront une place capitale, mais la grande force de la Chine de demain réside dans l'existence de la diversité.

Cette diversité se trouve dans son cœur. La Chine vit et vibre de ses ethnies, de ses provinces reculées. Dans ce gigantisme géographique, la Chine peut puiser une force considérable.

Le Xinjiang incarne tout cela. A la fois région pétrie d'histoires, de légendes, elle est aussi une région qui avance, qui relève des défis hors du commun, tant sur le plan écologique, que sur celui commercial et culturel.

C'est une région traversée de milles savoirs, mille sagesses, de mille projets. Chaque habitant est une force vive de la Chine moderne. Chaque habitant a une histoire à la fois particulière (singulière) mais aussi collective. C'est cette histoire singulière qui doit nourrir celle collective.

En d'autres termes, c'est en s'attardant sur chaque point qui constitue la ligne des différents tracés de la Route de la Soie que la Chine pourra accomplir cette unification, et cette avancée amicale.

Chaque rêve personnel, individuel doit nourrir celui collectif. C'est une chance pour chaque individu, chaque village, chaque ville, chaque région et enfin chaque pays. La Route de la Soie doit aider chacun à améliorer ses conditions de vie, à construire ses propres rêves et c'est ainsi qu'elle pourra avancer dans un cheminement « gagnant-gagnant » tel que le décrit Xi Jinping. Et c'est précisément ce fil économique du « gagnant-gagnant » que nos sociétés occidentales ne comprennent pas.

3 - Une nouvelle vision de l'économie : locale, collaborative et internationale

Comprendre ce cheminement du « gagnant-gagnant », c'est renverser le système économique occidental. C'est le mettre à plat pour le rebâtir, le remettre en état de marche. Qu'est-ce que cela signifie ? Et bien c'est assez simple, c'est reprendre le principe que l'humain est au centre et non le politique.

Comprendre les besoins de chaque individu, c'est écouter les histoires, les parcours de vie. Il faut partir de chaque histoire singulière pour comprendre les besoins des individus, des familles, des villages, des villes, des régions.

Nos économies sont devenues spéculatives. Depuis deux siècles, elles ne se nourrissent que d'elles-mêmes, elles ne servent que leurs propres intérêts. Le marché ne sert que lui-même. En d'autres termes, nous créons des valeurs à un endroit. Celle-ci gonfle, puis éclate comme une bulle de savon.

Le souci des bulles économiques, c'est qu'elles éclatent, elles se crèvent, elles se percent et finissent par ne plus exister. La crise que traverse l'Europe montre combien il est important de trouver d'autres valeurs au centre de l'économie.

Si nous suivons le fil de la Route de la Soie alors nous sommes obligés de considérer les choses sous un autre angle. Pas de route sans les individus. Ils sont là pour entretenir le passé, le présent, le futur. Ils sont là pour partager les savoirs acquis au fil des siècles et apprendre de nouvelles choses.

L'économie de demain se fonde sur des savoirs particuliers, sur des histoires singulières. Elle est la base solide qui viendra renforcer l'économie existante.

Au Tibet, comme au Xinjiang, j'ai eu l'occasion de rencontrer des entrepreneurs. Ils sont le poumon de l'économie chinoise.

L'ensemble de ces entrepreneurs (petits et grands) c'est la force d'une nouvelle économie fondée sur des valeurs culturelles locales.

L'économie forte de la Chine c'est celle qui va allier l'économie locale, avec des productions en circuits courts qui valorisent chaque habitant, chaque savoir local. Une économie plus solidaire, plus équitable et donc valorisant les savoirs locaux, les énergies vertes. Une économie dialectique qui sera la force de la Chine de demain.

Qu'est-ce qu'une économie dialectique ? Pour moi, il s'agit d'une économie qui suivrait une méthode dialectique. C'est-à-dire qui analyserait la réalité en mettant en évidence les contradictions de celle-ci et chercherait à les dépasser. Mais comment dépasser ces contradictions du réel ? La Chine a déjà bien compris en mettant en place des centres sociaux qui expliquent les aides dont peuvent bénéficier les habitants. Mais il ne faut pas s'arrêter là. L'erreur fondamentale de l'économie occidentale c'est d'avoir créer une monnaie à vitesse unique.

La réalité du terrain, nous montre que cette monnaie détruit le potentiel des individus. Plus personne n'arrive à se nourrir, à se loger sans s'endetter.

Si nous partions des rêves individuels, des besoins « authentiques », nous pourrions entendre que l'économie doit au minimum se situer sur deux étages. Un étage pour le quotidien et un étage pour le commerce national et/ou international. L'histoire passée de la Route de la Soie est pleine de cette proposition. Les monnaies retrouvées tout le long de la Route en attestent. Les valeurs se sont échangées au fil des siècles à la fois sur un plan local et sur un plan international.

Une économie dialectique serait donc celle capable de permettre à chaque individu de bénéficier des fruits de son travail mais également permettre à chaque strate de la société de s'améliorer pour le bien de tous. Poursuivre un but commun c'est déjà faire le premier pas en ce sens. Cette économie dialectique doit donc être collaborative, diversifiée (car ancrée dans chaque histoire individuelle) et internationale. Mais la partie internationale ne doit pas faire souffrir celle individuelle. C'est cet équilibre entre passé et futur que la Route de la Soie dit explorer.

Pour conclure, la Chine est un pays qui a la plus longue histoire. Elle ne s'est pas constituée en un jour. Son histoire est un long processus de compréhension des cultures et des savoirs qui la constituent. Elle est multiple, et unitaire, la Chine avance forte de ses savoirs ancestraux.

En avançant le long de son histoire, la Chine a appris de toutes les cultures ethniques qui la constituent. En se basant sur elles, la Chine a développé des technologies bien avant les civilisations occidentales.

Comprendre la Chine de demain, s'est s'interroger sur ce qui la constitue aujourd'hui (les coutumes, les politiques, les ethnies, les questions environnementales, l'éducation, les technologies nouvelles etc.). La Chine est un pays vivant, mouvant, qui doit poursuivre son histoire. Mais contrairement aux pressions qu'elle reçoit de la part des autres pays, la Chine ne doit pas baser son histoire sur celles des autres pays. Elle doit continuer à avancer en étant son propre moteur, selon son propre savoir, sa propre sagesse. Elle doit se recentrer sur ses forces vives : ses régions, ses ethnies et donc sa diversité. En faisant cela la Route de la Soie gagnera en stabilité et pourra avancer en toute sérénité.

A propos de l'auteur : Sonia Bressler est docteur en philosophie et épistémologie, ses recherches sur le langage l'ont conduite après l'obtention de son doctorat à prendre un train pour la Chine. De ce périple en mai 2005 est né non seulement un premier récit Paris-Moscou-Pékin mais également son amour de la Chine.

le Quotidien du Peuple en ligne | 01.09.2015

(Note : Cet article n'engage que son auteur et ne représente en aucun cas une position institutionnelle de people.cn)

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 06:10

Le coup d'envoi du premier projet américain de train à grande vitesse impliquant un investissement chinois est attendu pour le mois de septembre 2016, a-t-on appris jeudi d'un haut responsable chinois.

Ce projet de train à grande vitesse, Xpress West, également connu sous le nom de "Southwest Rail Network", connectera Las Vegas (Nevada) et Los Angeles (Californie) sur un réseau de 370 km de long.

Xpress West a approuvé, la semaine dernière, la création d'une joint-venture avec China Railway International USA CO., afin de construire et exploiter la ligne ferroviaire, selon Shu Guozeng, directeur adjoint du Bureau du groupe central de direction chargé des affaires financières et économiques.

China Railway International USA CO. est listée dans le registre d'un consortium chinois, dirigé par l'opérateur ferroviaire national China Railway.

Avec un capital initial de 100 millions de dollars, la nouvelle ligne à grande vitesse stimulera largement l'emploi sur l'axe reliant les deux Etats. Les nécessaires actions de régulations et de commercialisations commenceront dans les cent prochains jours.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Li Na, le 17/09/2015

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 04:07

Le ministère chinois de la Protection de l'environnement a ordonné des contrôles de sécurité à l'échelle nationale sur les installations nucléaires, plusieurs semaines après les explosions meurtrières survenues dans un entrepôt deTianjin (nord) où étaient stockés des produits chimiques dangereux.

Dans un communiqué publié sur son site officiel, le ministère explique que ces contrôles se dérouleront jusqu'à novembre pour s'assurer de l'absence de risques de sécurité au sein des installations nucléaires, des constructeurs d'équipements nucléaires et des mines d'uranium.

Ces contrôles visent à tirer les leçons des explosions de Tianjin, qui ont coûté la vie à 165 personnes.

Dans le communiqué, le ministère ordonne aux entreprises de mener des auto-examens pour "s'assurer que ces installations et équipements soient sûrs et sous contrôle".

Les autorités locales de la protection de l'environnement sont également exhortées à renforcer les examens de sécurité.

La Chine compte actuellement plus de 50 unités nucléaires en service ou en construction.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Dai Ying, le 14/09/2015

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 09:56

Les pieds bandés, qui aujourd'hui ont quasiment disparu depuis leur interdiction, faisaient partie il y a quelques années, des stéréotypes sur la Chine. Aujourd'hui encore, de nombreux Occidentaux ignorent le but implicite de cespieds bandés qui représentaient – pensait-on à l'époque –, le summum de la beauté féminine.

L'historien Jason Wordie, installé à Hong Kong, a récemment dépoussiéré le mythe pour révéler que cette pratique sexiste n'était ni plus ni moins à connotation sexuelle.

La croyance populaire voulait en effet que la position des doigts de pieds repliés vers la voûte plantaire permette de rendre les muscles des cuisses et du plancher pelvien (muscles vaginaux) plus tendus et serrés, augmentant le plaisir sexuel des hommes qui les possédaient.

Ainsi, lorsque les messieurs regardaient les jeunes femmes aux pieds bandés se promener hanches ballantes dans les rues, ils les imaginaient certainement dans leur lit.

Les premiers récits de voyage décrivent d'ailleurs la manière « séduisante » avec laquelle ces femmes chinoises marchaient et comme elles se balançaient doucement. Et les raisons physiologiques pour cette démarche chancelante « attractive » n'ont jamais été sérieusement remises en question par les observateurs occasionnels.

Il faut rappeler que les femmes qui se faisaient bander les pieds avaient alors pour but de séduire – grâce à leurs pieds de riches hommes afin de vivre dans l'abondance sous leur toit.

Pour ces derniers, avoir sous son toit une femme ou plusieurs concubines aux pieds bandés était une marque claire de leur puissance et leur richesse, un moyen de déclarer implicitement « Regardez combien je suis riche ! Je peux aisément me permettre de nourrir toutes ces bouches inutiles. »

En effet, ces femmes économiquement improductives avaient pour seule fonction dans la société – de par leurs pieds bandés – d'être belle et « décorative » ainsi que de satisfaire sexuellement les hommes et de procréer.

Afin de garder les doigts de pieds unis et repliés, les pieds devaient être étroitement bandés, d'une manière bien précise, avant de chausser de minuscules chaussures décoratives. Les bandages pouvaient alors rester pendant des jours, voire des semaines.

Les femmes possédant des pieds « réduits » à 10 centimètres, les fameux « pieds de lotusd'or » étaient les plus prisés.

La vive opposition à cette pratique de la part des missionnaires chrétiens du XIXe siècle a permis un changement progressif jusqu'à son interdiction complète en 1912 dans le pays.

© Chine Informations - La Rédaction, le 05/09/2015

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