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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 09:21

Climat : pourquoi des centaines de Chinois ont débarqué à Paris

200 experts, journalistes et membres d'ONG chinois ont atterri cette semaine dans la capitale. Objectif ? S'accorder avec leurs homologues européens sur un texte commun et faire bouger les lignes des négociations climatiques.
« Il faut que les pays, les entreprises, les ONG se mobilisent. C’est notre obligation commune. Car il s’agit du futur de notre planète », a souligné un universitaire lors de l’ouverture de la quatrième édition du Forum Chine-Europe ce mardi. « La question climatique est la seule qui nous réunit tous », déclarait quelques minutes plus tôt un grand cadre chinois à la tribune. Dans la grande salle de la mairie du IVe arrondissement, à Paris, se serraient, bien au chaud, 200 universitaires, chefs d’entreprise, responsables d’ONG et médias chinois, casques de traduction vissés aux oreilles, cafés en main. Tous sont venus pour échanger, quatre jours durant, à Paris, Marseille, Bruxelles ou encore Genève, avec leurs homologues européens. Message en filigrane ? Nul besoin d’attendre les gouvernements pour agir. Nulle nécessité de patienter pour dépasser les différences sociales et les exigences politiques et s’entendre entre nations, a priori peu enclines à négocier sur la question du changement climatique.
Car l’urgence est là. « Dans le contexte de la Chine aujourd’hui, la pollution est devenue quelque chose de gigantesque. Personne ne peut ignorer ça et on fait le lien entre le réchauffement et cette pollution. (…) Les habitants des villes ne veulent plus qu’on fasse des choses à leur insu, même s’il n’est pas encore courant que le gouvernement demande l’avis des populations », a expliqué Chen Yan, directeur exécutif du Forum Chine-Europe, dans un entretien diffusé par le forum.

Taxe carbone mondiale et protection des réfugiés climatiques
Au terme de ces quatre jours divisés en trois tables rondes (entreprises, ONG et villes) et douze ateliers (eau et climat, économie circulaire, financement de la lutte contre le réchauffement…), les délégués devront s’être entendus sur une déclaration commune qu’ils remettront aux délégations respectives de leurs pays la semaine prochaine à la COP de Lima.
Dans le texte de la version provisoire, présenté au parterre de participants, plusieurs points notables, notamment l’appel à l’instauration d’une taxe carbone mondiale ainsi qu’à la création d’une organisation internationale indépendante chargée de la lutte contre le changement climatique. Ailleurs, le texte évoque l’élaboration d’une déclaration de responsabilité afin de « permettre de sanctionner les personnalités et dirigeants internationaux dont les actions ont des impacts négatifs sur la planète » ou encore la mise en place d’un droit et d’une justice du climat et de l’environnement « afin de protéger les citoyens du monde victimes des atteintes à l’environnement et au climat ».

Un accord « contraignant » : la société civile chinoise saute le pas
Mais cet accord est surtout destiné à aider les parties à s’entendre autour d’un accord ambitieux à Paris en 2015. Un accord « juridiquement contraignant, à même de limiter la hausse des températures du globe en dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle ». « Les experts chinois ont d’eux-mêmes tout de suite affirmé qu’il faut (…) un traité “contraignant”. Pourtant, on sait que le gouvernement chinois hésite sur ce terme – “contraignant” – pour des questions de souveraineté. Je pense donc qu’on a besoin de mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve la société civile chinoise. Elle est encore fragile, elle a besoin de soutien, de visibilité internationale, de coopération avec les organismes internationaux, avec les Européens », a conclu Chen Yan dans ce même entretien.

Karine Le Loët Terra eco, 03/12/14

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:30

La Chine va bientôt dépasser les autres pays concernant la longueur totale de ses systèmes métropolitains, et représenter jusqu’à 8500 km de lignes d'ici 2020, a déclaré jeudi à Beijing, Yang Chuantang, le ministre des Transports.

Dix-neuf villes ont récemment étendu leurs systèmes de métro, avec un kilométrage total devrait atteindre 3000 km d'ici la fin de l'année, selon le responsable.

Les transports en commun, notamment le métro, a eu un effet majeur sur la réduction de la congestion dans la capitale chinoise, et le gouvernement va injecter plus de fonds pour promouvoir son développement, a indiqué Dai Junliang, adjoint au maire de Beijing.

Pour ce mois de décembre, quatre nouvelles lignes de métro seront ouverts au public, qui se étendra du métro de la capitale à 527 km, le plus long du pays.

La fréquentation quotidienne augmentera progressivement à plus de 10 millions d’usagers, d’après la Commission des Transports de Beijing. Par contre, pour garantir la sécurité avec un si grand nombre de passagers, la sécurité doit être renforcée, a souligné Yang Chuantang.

Le nombre des effectifs dans certains systèmes de métro n’est pas suffisant, et certains membres du personnel ne sont pas qualifiés pour utiliser la haute technologie, d’où un potentiel de risques au niveau de sécurité.

exercice de sécurité

Jeudi, le système de métro de Beijing a réalisé un exercice mettant en scène une situation hypothétique où une rame de métro avait déraillé, blessant des dizaines de passagers.

Des employés de métro et de bus, le personnel médical et des agents de la circulation, ont répété les opérations de secours pour venir en aide aux passagers piégés et assurer la reprise du trafic.

Chen Wen, directeur en charge des interventions d'urgence et de la coordination du Metro Group de Beijing, a expliqué que plus de 70 plans d'urgence ont été préparés pour gérer différentes situations.

La capitale dispose de 26 équipes professionnelles de secours composées d’au moins 500 membres, avec plus de 600 exercices chaque année pour affiner les capacités à faire face aux situations d'urgence, comme un incendie dans une station de métro ou des pannes d'équipement.

En plus des exercices fréquents, le ministre a appelé à des lois et règlements visant à promouvoir et a améliorer la gestion et la sécurité de métro.

( Source: le Quotidien du Peuple en ligne ) 05.12.2014

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 19:48

La Chine espère que la Conférence sur le climat à Lima aboutira à un consensus concernant les éléments clés d'un nouvel accord mondial sur la réduction des émissions de carbone, a annoncé lundi la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying.

La 20e session de la Conférence des parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) se tient à Lima, capitale du Pérou, du 1er au 12 décembre.

La session a pour but d'ouvrir la voie à un nouvel accord sur le changement climatique, qui devrait être voté fin 2015 à Paris et entrer en vigueur en 2020.

Mme Hua a affirmé que la conférence de Lima constituait une étape importante pour la COP de 2015 à Paris afin d'aboutir à ce nouvel accord.

La Chine s'efforcera, avec toutes les parties, de promouvoir les résultats positifs de la conférence de Lima en accord avec le principe d'égalité, les responsabilités communes mais différenciées, et le principe de capacités respectives, a promis Mme Hua lors d'une conférence de presse régulière.

La Chine espère que la conférence pourra apporter les résultats souhaités en accord avec les principes d'ouverture, de transparence, de participation élargie et de consensus à travers la consultation, a-t-elle ajouté.

Xie Zhenhua, directeur adjoint de la Commission nationale du développement et de la réforme, et le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Liu Zhenmin, ont dirigé la délégation chinoise à Lima.

La Chine organisera une série d'événements supplémentaires lors de la conférence de Lima pour présenter les politiques, les actions et les réussites de la Chine dans la lutte contre le changement climatique, a annoncé Mme Hua.

Elle a souligné que les pays développés devaient continuer à prendre des initiatives pour réduire largement les émissions avant 2020, tout en offrant des soutiens financiers, technologiques et structurels aux pays en développement, afin de les aider à s'adapter et à lutter contre le changement climatique.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xing Yaofeng, le 01/12/2014

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 14:29

Un monde plus ouvert, une finance plus prégnante : la Chine a joué un rôle clef dans les changements majeurs du dernier quart de siècle. Mais la Chine change de modèle, et le monde entier est à nouveau impliqué.

La Chine est dans le rouge, mais ce n’est plus la couleur du bonheur. Les indicateurs pointent tous un fort ralentissement de l’économie. Il serait périlleux de s’arrêter à la croissance affichée du PIB, qui dépassera comme prévu 7 % cette année – rythme toutefois le plus faible depuis vingt-quatre ans. Les chiffres physiques, comme la production d’électricité, révèlent une activité bien moins soutenue. Certains économistes estiment que l’économie chinoise ne progresserait guère plus vite que l’économie américaine. La banque centrale chinoise vient d’ailleurs d’abaisser ses taux d’intérêt, pour la première fois depuis deux ans. En réalité, pour la première fois depuis trois décennies, tout ne se passe pas comme prévu. Le virage vers une économie de consommation, après une longue ligne droite de croissance tirée par les exportations, se révèle ardu à négocier. D’où une reconcentration du pouvoir au sommet, dans les mains du président Xi Jinping, sans équivalent depuis Mao. Tout ça se passe très loin, me direz-vous. Et vous pourriez ajouter que si la croissance de la Chine s’étiole, son rythme a encore de quoi faire des jaloux en Europe. Vous avez naturellement raison. Sauf que la Chine a changé le monde, conformément au titre du best-seller écrit par le journaliste Erik Izraelewicz il y a une décennie, et qu’elle va continuer à le changer. Depuis un quart de siècle, trois grandes forces ont en effet chamboulé la planète. D’abord, la mondialisation : l’essor des échanges de marchandises, et aussi d’informations, d’hommes, de capitaux. Ensuite, la montée en puissance des technologies de l’information qui transforment nos façons de communiquer, d’acheter, de produire, et, au-delà, la forme de nos sociétés – on pourrait parler de numérisation. Enfin, l’ascension mal maîtrisée de la finance la « financiarisation », pour reprendre un terme français repris par les Anglo-Saxons – qui a abouti à la crise la plus profonde dans les pays avancés depuis près d’un siècle (il y a bien sûr une quatrième force qui nous concerne au premier chef, la construction d’une monnaie unique bancale, mais celle-ci est régionale). Or la Chine a joué un rôle central dans la mondialisation et la financiarisation. Commençons par la finance, où la Chine a joué la stratégie de la fourmi. En accroissant ses exportations pour soutenir son activité, le pays a dégagé de formidables excédents commerciaux. Depuis le début des années 2000, elle a recyclé ces milliers de milliards de dollars en achetant des titres financiers jugés sûrs, comme des obligations du Trésor américain. Ce recyclage massif a eu deux effets majeurs. D’abord, il a alimenté la machine à liquidités, aux côtés de la Réserve fédérale américaine, qui entendait lutter contre les effets récessifs provoqués par l’éclatement de la bulle Internet. Les taux d’intérêt à long terme ont été longtemps trop bas, alimentant le gonflement de l’énorme bulle qui a explosé en 2007-2008. Ensuite, la préférence des Chinois pour les obligations d’Etat a incité les autres investisseurs à chercher d’autres produits qui avaient l’air presque aussi sûr, comme les obligations de Fannie Mae et Freddie Mac (banques américaines de refinancement hypothécaire qui se sont effondrées une semaine avant la banque Lehman Brothers) ou les produits titrisés qui bénéficiaient alors par dizaine de milliers de la meilleure notation possible, le fameux AAA. Dans la mondialisation des échanges, la Chine a joué un rôle encore plus évident. Devenu l’atelier du monde, elle est le premier exportateur de la planète avec le huitième des ventes mondiales de marchandises, six fois plus qu’au début des années 1990. Avec Internet et la baisse du prix des transports, les entreprises ont éclaté leurs chaînes de production dans le monde, avec souvent une partie de la production en Chine. Le pays est aussi devenu le deuxième importateur de la planète, et le premier pour toute une série de matières premières comme le cuivre, l’acier, le blé ou tout récemment le pétrole. Il y a quelques années, les experts débattaient gravement pour savoir si la flambée des matières premières relevait d’un supercycle ou d’une nouvelle ère. La réponse est désormais connue : il s’agissait d’un supercycle… chinois. Mais ce cycle s’achève. L’écart des salaires, qui avait dopé le moteur des exportations, se réduit. Des experts du FMI et de la Banque Mondiale ont montré que l’impact de la croissance chinoise sur les importations du pays est beaucoup moins fort qu’avant. Et cet effet se retrouve à l’échelle de la planète. Ce que nous avons appelé « la mondialisation » n’était peut-être qu’un moment bien particulier dans l’ascension heurtée des échanges internationaux, une séquence de deux décennies marquée par l’émergence sur la scène mondiale, à une vitesse hallucinante, du pays le plus peuplé de la planète. La Chine va bien sûr continuer d’employer sa puissance de frappe financière en achetant des terres en Afrique, des entreprises en Europe. Elle va aussi mieux exploiter ses propres ressources humaines et physiques, en développant les provinces de l’intérieur avec des transports plus efficaces. Elle va aussi de plus en plus organiser l’économie de l’Asie, avec des accords commerciaux et des spécialisations de pays. Elle devra gérer l’excès d’endettement accumulé pour lutter contre le ralentissement mondial, au risque d’une crise financière. Elle devrait s’efforcer d’assainir son air et son eau. Ce faisant, elle va aussi dessiner notre avenir, comme elle le fait depuis un quart de siècle.
Vittori Jean-Marc, Les Echos du 25 novembre 2014

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 08:24

La Chine compte appliquer la "tolérance zéro" sur un grand nombre de nuisances à l'environnement et prendre des mesures contre les autorités locales qui protègent les pollueurs ou entravent les inspections, montre un document gouvernemental.

Un vaste programme d'inspection doit être achevé d'ici la fin 2015 et ses résultats seront rendus publics, promet ce document diffusé mercredi soir sur le site du gouvernement chinois.

Toute réglementation régionale qui entrave la mise en oeuvre des normes environnementales au niveau national devra être supprimée d'ici juin 2015, ajoute le texte.

La pollution de l'air, du sol et des rivières en Chine est devenu un problème de taille pour le Parti communiste au pouvoir face à une opinion publique de plus en plus réticente à payer le prix environnemental de la croissance économique.

Pékin a déclaré cette année la "guerre à la pollution" et adopté des amendements depuis longtemps attendus à sa loi de protection de l'environnement de 1989.

Ces nouvelles clauses donnent aux autorités des pouvoirs accrus pour surveiller et sanctionner les pollueurs par des amendes ou des peines de prison.

La mise en oeuvre des mesures anti-pollution reste l'une des principales préoccupations du gouvernement. Le ministère de la Protection de l'environnement s'est plaint le mois dernier que certaines provinces préféraient "la forme au fond" quand il s'agissait d'appliquer les nouvelles normes.

(David Stanway; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) PEKIN (Reuters) -jeu. 27 nov. 2014

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:30

La réforme des salaires des dirigeants des entreprises publiques chinoises va bientôt être mise en œuvre. 72 sociétés, comme Petrochina et d'autres, seront les premières touchées par ce mouvement.

Qiu Xiaoping, Vice-ministre du Ministère des ressources humaines et de la sécurité sociale, a annoncé dans une interview diffusée le 20 novembre que la réforme du système de gestion des rémunérations des entreprises publiques entrera en vigueur au début de 2015. La réforme impliquera d'abord 53 entreprises dont les dirigeants sont responsables devant le Conseil des Affaires de l'Etat et la SASAC (Commission de contrôle et d'administration des actifs de l'Etat), et ceux des entreprises publiques nommés par le Département de l'organisation du Gouvernement, comme PetroChina, Sinopec, China Mobile ainsi que 19 autres sociétés publiques du secteur des finances, des chemins de fer et autres, soit au total 72 entités.

Le Vice-ministre a précisé que « par rapport à la politique actuelle, après la réforme, les salaires de nombreux dirigeants d'entreprises publiques va baisser, et pour certains, la baisse sera même relativement forte ».

Il est également à noter que, après la mise en œuvre de la nouvelle politique, la structure des salaires des dirigeants des entreprises publiques va également changer : par rapport à l'ancien système en deux parties composé du salaire de base et des primes de performance, le nouveau système inclura désormais également des primes d'intéressement.

De même, le nouveau système de salaires comprendra également un mécanisme de « récupération ». Aux termes du projet à venir, au cas où l'évaluation annuelle ou à terme des dirigeants sera insuffisante, ceux-ci ne percevront pas les primes de performance ni les primes d'intéressement. En d'autres termes, si leurs performances ne sont pas bonnes, ils pourront se voir demander de restituer les rémunérations qui auront déjà été versées.

( Source: le Quotidien du Peuple en ligne ) 21.11.2014

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:22

Le sommet de l’Apec qui a réuni à Pékin 21 États du Pacifique consacre le rôle mondial de la Chine face à des États-Unis diminués et divisés. Xi Jinping, le dirigeant chinois qui dispose des plus grands pouvoirs depuis Deng Xiaoping, entend fonder le leadership chinois sur trois piliers : la réforme et le nationalisme économiques ; la domination en Asie autour du projet de Nouvelle Route de la soie ; la rivalité assumée avec les États-Unis. Après la modernisation intérieure lancée en 1979, après le choix du capitalisme dans les années 1980, après l’ouverture extérieure qui a culminé avec les Jeux olympiques de Pékin et l’Exposition universelle de Shanghaï, la Chine débute les années 2010 en rompant avec la diplomatie prudente de Deng Xiaoping. Xi Jinping entend tirer tout le parti d’une configuration très favorable à la Chine pour quatre raisons. Elle est devenue la première économie du monde en termes de parité de pouvoir d’achat (base 2011). Elle est en situation, face à un Japon vieillissant et stagnant, de conduire l’intégration de l’Asie, vers laquelle bascule le centre de gravité du capitalisme mondial. Elle bénéficie du trou d’air des États-Unis qui cumulent la faible autorité du président, la paralysie de leur système politique, la perte de cohérence de leur diplomatie et de leur stratégie. Elle s’affirme comme le partenaire privilégié tant des grands émergents comme le Brésil ou l’Afrique que des pays en rupture de ban avec l’Occident comme la Russie, l’Iran, voire la Turquie de Recep Erdogan. La diplomatie chinoise a ainsi effectué une démonstration de force sur trois terrains : la relation bilatérale sino-américaine ; la domination de l’Asie-Pacifique ; la gestion des crises mondiales. Xi Jinping s’est félicité de l’émergence d’un nouveau modèle de relations entre les États-Unis et la Chine, fondé sur trois accords majeurs. Le premier met en place un système d’échanges d’informations et d’alerte pour prévenir les confrontations militaires en Asie et éviter les risques de collision sur mer ou dans les airs. Le deuxième libéralise les échanges dans le secteur clé des technologies de l’information. Le troisième fixe des engagements pour la réduction des gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique : pic d’émission autour de 2030 et production de 20 % de l’énergie à partir de sources décarbonées du côté chinois ; réduction de 26 à 28 % des émissions d’ici à 2025 côté américain. Mais sous ces accords pointe la rivalité féroce pour le contrôle de l’intégration économique de l’Asie. Les États-Unis avaient un temps d’avance avec le projet de partenariat transpacifique (TPP) conçu pour encercler la Chine avec douze pays. La Chine a comblé son retard en proposant un grand marché asiatique autour d’une Nouvelle Route de la soie qui rassemblerait quinze pays - à l’exclusion des États-Unis. Parallèlement, elle est le principal promoteur de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, créée le 24 octobre dernier, avec pour double objectif d’organiser l’Asie autour des Asiatiques - au premier rang desquels la Chine - et de faire pièce aux institutions de Bretton Woods jugées trop favorables à l’Occident. Enfin, elle met à profit toutes les occasions pour contester la domination américaine de l’Internet. La stratégie chinoise manie la carotte et le bâton. D’un côté, les revendications territoriales, la montée en puissance militaire, les pressions économiques et financières, avec pour test les tensions avec le Japon illustrées par la poignée de mains glaciale entre Xi Jinping et Shinzo Abe. De l’autre, la volonté de calmer les craintes nées de sa volonté de puissance, via les aides économiques et financières pour les alliés ou encore l’apaisement face aux réactions violentes des peuples, à l’image de la relance des liens avec le Vietnam après les violents affrontements autour de la zone maritime exclusive. L’adoucissement formel de la posture diplomatique en Asie va de pair avec la mise en scène d’un rôle d’arbitre et de médiateur mondial, face à des États-Unis présentés comme source d’instabilité et de conflits, notamment dans la nouvelle guerre froide qui les oppose à la Russie de Vladimir Poutine. La Chine, dont l’économie, équivalente à celle de l’URSS en 1980, est désormais huit fois plus importante, a tout à gagner à se rapprocher de la Russie et de ses hydrocarbures - d’où le contrat gazier de 400 milliards de dollars sur trente ans. Elle se pose à la fois acteur et garant d’une reprise du dialogue entre les anciennes superpuissances de la guerre froide. Le sommet de Pékin marque ainsi un renouveau de la Chine comme empire du milieu. En évoquant le rêve chinois, Xi Jinping a marqué le caractère global de son ambition qui vise à restaurer la Chine non seulement comme puissance mais aussi comme civilisation. L’objectif consiste à assumer le leadership en termes de capacité à conduire des réformes et des stratégies de long terme, mais aussi de valeurs, d’attractivité et de créativité. Tandis que la Nouvelle Russie rejoue le XIXe, tandis que les États-Unis s’interrogent sur leur puissance perdue du XXe siècle, Xi Jinping fait du XXIe siècle celui de la Chine.

Baverez Nicolas, Le Figaro du 17 novembre 2014

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 21:32

La Chine s'apprête a produire en masse son premier avion électrique et les concepteurs attendent un énorme marché dans le pays et à l'étranger.

«Le RX1E devrait recevoir son certificat de navigabilité de l'Administration chinoise de l'aviation civile (CAAC) avant la fin de cette année, et la production devrait commencer dès l'année prochaine», a indiqué jeudi à China Daily, Yang Fengtian, un professeur de l'Académie chinoise d'ingénierie.

L'enseignant est intervenu à l'occasion de la 10e China International Aviation and Aerospace Exhibition, communément appelé Airshow China, à Zhuhai, la province du Guangdong.

«Ce sera le premier avion électrique à être certifié par l'autorité de l'aviation civile. Le succès de ce projet montre bien que la Chine est devenue un chef de file technologique dans ce domaine», a-t-il ajouté.

Yang Fengtian, qui est également président de l'Université aéronautique de Shenyang (SAU) dans la province du Liaoning, a dirigé le développement d'avions légers bi-places. Deux prototypes de l'avion participant actuellement à l'Airshow China, dont l'un qui exécute chaque jour une prestation lors de l'événement.

Un avion électrique fonctionne sur les moteurs électriques, l'électricité provenant notamment de piles à combustible, de cellules solaires, de supercondensateurs, ou de batteries.

La plupart de ces avions sont encore aujourd'hui des modèles expérimentaux. Le premier vol d'un appareil électrique motorisé a eu lieu en 1973.

«Nous prévoyons d'atteindre une production annuelle de 100 aéronefs dans les trois ans, et la construction d'une usine pouvant fabriquer 100 RX1Es chaque année a débuté à Shenyang», a expliqué le président de la SAU. Précisant que l'appareil, équipé d'un un jeu de piles, sera vendu pour près de 1 million de yuans (163 000 $).

Facilité d'utilisation, entretien facile, faible coût d'exploitation, niveaux de sécurité élevés et respect de l'environnement, sont les arguments clés qui devraient convaincre de nombreux acheteurs pour desservir un large éventail d'objectifs : comme les patrouilles de police, la formation de vol, le divertissement et travaux de cartographie, a-t-il noté.

Le marché chinois aurait besoin d'au moins 1000 RX1E pour répondre à la demande des entreprises de l'aviation générale.

Avec une masse maximale au décollage de 480 kg et une vitesse de croisière jusqu'à 160 km/h, le RX1E peut voler 90 minutes basé sur une charge complète de ses batteries.

Le biplace est capable de transporter des charges de 230 km et voler à une altitude de près de 3000 mètres.

Chaque heure de vol coûtera seulement 20 yuans, dont 5 yuans pour recharger les batteries, selon Song Mingkai, un concepteur du RX1E.

Roland Bosch, un organisateur du salon allemand «e-flight-expo », a déclaré qu'il était venu à Zhuhai pour inviter Yang et le RX1E en Allemagne. «La conception et le moteur du RX1E sont très bons. Je suis persuadé que l'appareil va connaître un grand succès sur le plan mondial, car à ma connaissance, c'est actuellement l'un des meilleurs avions électriques du marché».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne 14.11.2014
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 18:14

Le Forum d’Asie-Pacifique s’est déroulé exactement comme le souhaitaient les stratèges chinois.Les 21 Etats membres ont réaffirmé leur engagement en faveur du projet de libre-échange promu par Pékin.

Succès total. Difficile de nier ce que les médias chinois exprimaient hier : la réunion, à Pékin, du Forum de coopération Asie-Pacifique (Apec), fut un sans-faute. Au plan logistique, comme en matière politique, la Chine est parvenue à atteindre les objectifs qu’elle s’était assignés­. Une opération de communication entièrement réussie. « La Chine a parfaitement démontré son statut et son poids au plan international », résumait le « Quotidien de la Clarté ».

Il y a eu, d’abord, cette qualité de l’air globalement bonne – voire excellente durant la journée d’hier – et qui contraste cruellement avec le quotidien des Pékinois. Une réussite qui ne doit rien au hasard, mais aux mesures draconiennes prises par les autorités pour interrompre l’activité industrielle et réduire fortement le trafic automobile. Il y a eu, ensuite, un déroulement des opérations impeccable, marqué notamment par un fastueux banquet, lundi soir, sur le site olympique de la capitale, puis par une réception, au nord de la ville, dans un impressionnant complexe construit pour l’occasion, au design futuriste. Mais surtout, il y a eu cette vaste entreprise de séduction. De plus en plus crainte par ses voisins, du fait de sa puissance militaire croissante et, plus encore, de son agressivité nouvelle concernant les litiges territoriaux, la Chine s’est employée à adoucir son image. En témoigne le timide geste d’apaisement avec le Japon.

La perspective d’un rêve

Rétrospectivement, l’objectif stratégique de Pékin apparaît limpide : il s’agissait d’utiliser l’Apec pour se poser en rassembleur de toute la région, en moteur capable de tirer l’Asie-Pacifique sur le chemin de la coopération. Tous les pays, a expliqué Xi Jinping, le président chinois, sont « les bienvenus pour prendre le train du développement chinois ». Dans la droite ligne de son slogan bien connu du « rêve chinois », Xi Jinping a proposé la perspective d’un rêve pour l’Asie-Pacifique, plaçant implicitement la Chine en son centre.

Joignant les actes à la parole, la deuxième puissance économique mondiale a obtenu la signature d’une résolution anticorruption. Elle a annoncé au cours de la période récente, et durant l’Apec, des initiatives multiples et massives pour financer le développement des infrastructures dans la région. Elle a également confirmé avoir bouclé les négociations pour un accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

Pékin a surtout exhumé un projet évoqué il y a huit ans, mais jusque-là mis de côté, pour créer une vaste zone de libre-échange dans toute la région. Là encore, il s’agissait de fédérer, par opposition au projet des Etats-Unis d’un partenariat transPacifique (TPP) ne regroupant que 12 pays – et excluant la Chine. Alors que les analystes chinois accusent Washington de chercher de plus en plus à isoler la Chine, Barack Obama a habilement apporté son soutien au projet de zone de libre-échange promu par Pékin, remerciant la Chine pour cette initiative qui a donc été actée hier soir. Mais il a utilisé des termes suffisamment flous pour que chacun comprenne qu’il s’agissait d’une perspective de long terme. La veille, il avait surtout exhorté les pays participant aux négociations du TPP à un dernier effort, pour conclure au plus vite un accord « potentiellement historique ». Le but est clair : créer le TPP sans la Chine, quitte, éventuellement, à lui permettre, ensuite, de le rejoindre… mais en se pliant aux conditions définies par d’autres.

Yves Bourdillon / Journaliste | Le 11/11 LES ECHOS

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:11

Pour la première fois, un ouvrage de l'économiste australien Steve Keen est traduit en français. Son auteur a accordé en exclusivité à "Marianne" un entretien provocateur. Il accuse. Oui, les néolibéraux, égaux à eux-mêmes, n'ont rien appris, rien oublié.

Marianne : Auriez-vous la gentillesse de commencer par résumer votre livre ?

Steve Keen : Mon livre a un objectif principal : démythifier les manuels d'économie, qui fonctionnent comme des photos retouchées de magazine féminin. Tous les défauts y ont été soigneusement masqués. Quand les défauts sont révélés, tout ce que les gens tenaient pour vrai dans l'économie contemporaine se révèle être faux.
Pouvez-vous donner quelques exemples des défauts les plus graves des manuels d'économie ?
Avec plaisir. Naïvement, quand on ouvre les livres d'économie, on pense qu'ils ont été écrits par des savants qui maîtrisent leur domaine, ou en ont au moins compris les mécanismes généraux. On s'attend par exemple qu'ils aient intégré le rôle de la monnaie. Or, quasiment toutes les démonstrations économiques partent de l'hypothèse absurde que l'argent est simplement un « voile » qui obscurcit plus ou moins l'échange des marchandises physiques entre l'acheteur et le vendeur. Ils oublient donc les banques, la dette et la monnaie ! Pas mal, non ? Les conséquences de cet oubli sont redoutables. C'est la principale raison pour laquelle la très grande majorité, voire la quasi-unanimité, des économistes n'ont pas vu arriver la crise de 2008. L'explosion du crédit bancaire qui a alimenté la spéculation sur le logement aux Etats-Unis n'était pas intégrée dans leurs modèles mathématiques. Cela a aussi une grande importance pour vous, Européens. La politique d'austérité qui force à réduire le déficit budgétaire est fondée sur des modèles qui n'intègrent ni les banques, ni la monnaie, ni la dette. Elle dérive d'une des applications les plus influentes mais les plus absurdes de la pensée économique moderne, le concept d'« équivalence ricardienne »*, une notion imaginée par l'économiste conservateur américain Robert Barro que l'on retrouve dans quasiment tous les manuels d'économie.
Pourquoi dites vous de ce modèle qu'il est absurde ?
Ce modèle est construit sur trois piliers. Tout d'abord, il suppose que, sur le long terme, les budgets des Etats doivent être équilibrés, alors même que les Etats ont tendance à solder leur dette avec de l'inflation. Deuxièmement, il ne fonctionne que si tous les « agents économiques » sont rationnels et connaissent parfaitement la situation des marchés monétaires, ce qui est aussi une absurdité. Troisièmement, les ménages choisissent rationnellement entre consommation et épargne en fonction de leur propre existence, mais aussi de l'avenir, en intégrant les intérêts de leurs enfants, petits-enfants, et cela à l'infini. Robert Barro en déduit que le déficit budgétaire entraîne la contraction des dépenses de consommation et de la croissance parce que les ménages constitueront de l'épargne pour permettre à leurs arrière-arrière-arrière-petits-enfants de payer les hausses d'impôts que le déficit ne manquera pas, à terme, d'entraîner. En revanche, si le budget est en excédent, ils dépenseront plus parce qu'ils anticipent que leurs descendants auront moins d'impôts à payer. Les présupposés de cette démonstration sont complètement illusoires.
Pourquoi ?
D'abord, Robert Barro oublie deux choses fondamentales. Il ignore la monnaie et oublie que les déficits sont nécessaires à la croissance économique, car ils rendent possible l'accroissement des liquidités. Il existe en effet une corrélation entre ces deux éléments : sans croissance de la masse monétaire, pas de croissance économique. Il y a deux sources de croissance monétaire : l'Etat et les banques. Les Etats, en dépensant plus d'argent qu'ils n'engrangent d'impôts ; les banques, en prêtant au-delà des remboursements des ménages et des entreprises. Pour limiter l'inflation, il faut évidemment encadrer ces actions. Mais, récemment, ce ne sont pas les Etats qui ont créé trop de monnaie, ce sont les banques, qui portent donc la responsabilité de la crise. Ensuite, l'hypothèse selon laquelle nous arbitrerions entre consommation et épargne en fonction des impôts que paieront nos petits-enfants est tout simplement délirante. Pourtant, de très grands économistes ont validé sa proposition. Des éditeurs l'ont publiée, et dans quasiment tous les manuels d'économie du monde cette hypothèse est présentée comme une évidence.
Et ce n'est pas une évidence, justement ?
Si ce concept d'« équivalence ricardienne » ne résiste donc pas à une lecture critique de bon sens, pourquoi l'Union européenne continue-t-elle sa politique de retour à l'équilibre budgétaire ?

L'austérité budgétaire provoque la récession, car elle réduit la quantité de monnaie en circulation. Et même pis, à chaque fois que l'on tente de se rapprocher de l'équilibre budgétaire, on s'en éloigne. Les tentatives répétées des gouvernements pour réduire leur dette publique conduisent les ménages et les entreprises à faire de même, de sorte que tous contractent leurs dépenses, provoquant la chute du PIB. J'ai le sentiment qu'un jour on écrira que les tentatives répétées de réduire les dettes du secteur public sont les causes de la crise européenne, et non pas sa solution. A chaque tentative, la masse monétaire se réduit et fait plonger l'économie réelle avec elle. Je peux vous donner un autre exemple de la vacuité du modèle néoclassique**. La théorie de la concurrence ne résiste pas non plus au bon sens. Les économistes mainstream pensent que le marché le plus efficace est celui qui met en concurrence « un nombre très important d'entreprises qui n'ont pas de pouvoir sur le marché ». Pour atteindre cet objectif, il faut que les coûts de production croissent quand la production augmente. Sauf que cette situation n'est jamais réalisée.
Pourquoi le capitalisme dans son acception néolibérale est-il encore une référence, s'il est si facile de le critiquer ?
Il y a une différence entre un système social et sa théorie. En fait, la théorie néoclassique n'a rien à voir avec le capitalisme. La réussite du capitalisme est de motiver les gens et d'allouer des moyens considérables à l'innovation. C'est un sujet que la théorie économique néoclassique ne traite pas du tout. Cet avantage du capitalisme a évidemment sa part d'ombre, comme les innovations financières destructrices à l'instar des armes financières à destruction massive qui ont provoqué la crise des subprimes. Il y a aussi des objections plus graves, comme celles que l'important travail empirique de Thomas Piketty a fait émerger. Au fil des générations, une telle accumulation de richesses peut entraîner un retour à une société quasi féodale où des riches désœuvrés vivent de la fortune accumulée par leurs ancêtres. Enfin, le capitalisme décentralisé est incapable de faire face à la crise écologique que nous vivons. Il est possible que le capitalisme d'Etat, comme celui que l'on trouve en Chine, soit mieux armé pour cela. Une chose est sûre : la solution néoclassique n'est pas efficace. La crise écologique ne pourra être résolue en se contentant d'augmenter le prix du carbone.
Pourquoi les théoriciens hétérodoxes ont-ils tant de mal à se faire entendre ?
Je pense tout d'abord que nous sommes beaucoup plus audibles depuis la crise de 2008, c'est très net en Europe ; d'autant plus que la dépression perdure à cause des politiques mal orientées de l'Union européenne. La crise qui nous attend va relancer le débat. La réduction de la dette privée aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne a été insignifiante, et, par conséquent, je pense que nous devrons faire face à une nouvelle crise à brève échéance, disons au cours de la prochaine décennie.
Combien de temps faudra-t-il pour enrayer le regain des théories libérales ?
Je déteste être pessimiste, mais je pense qu'il faudra attendre jusqu'à la prochaine crise. Elle se produira bien avant 2024. La critique sera alors plus audible. Mais est-ce que cela sera suffisant pour nous faire adopter des politiques judicieuses ? La société humaine est peut-être le système le plus complexe qui ait jamais existé, et l'esprit humain n'est pas bien outillé pour le penser. Peut-être qu'un tel choc pourra faire comprendre qu'en période de crise la réduction des dépenses publique est une hérésie ?
La critique du libéralisme serait elle une spécificité française ?
Cela me fait sourire. Les hétérodoxes français ont beaucoup plus d'alliés qu'ils ne le pensent ! Il existe une importante littérature anglaise, dont mon livre n'est qu'un exemple. En revanche, j'ai l'intuition que vous avez une spécificité dans cette critique. Ayant moi-même un arrière-arrière-grand-père français, il est bien possible qu'il y ait quelque chose du style français dans ma critique.
D'après le professeur d'économie Jean Gadrey, l'économiste australien Steve Keen, mondialement réputé, est « considéré comme l'un des rares "grands" à avoir prédit, dès 2006, l'imminence d'une crise profonde, [et comme un] fin connaisseur de la théorie néoclassique » et des débats qu'elle a suscités depuis soixante ans. Il enseigne aujourd'hui en Angleterre, à la Kingston University, où il dirige le département d'économie, d'histoire et de science politique. Son travail est très influencé par Keynes, Marx, Minsky, Sraffa, Schumpeter et Quesnay. La première édition de son livre - Debunking Economics - a été très remarquée par la critique. Il s'en est vendu 20 000 exemplaires en langue anglaise et il a tout de suite été traduit en chinois. La seconde édition a connu un succès plus rapide et il est maintenant traduit en français.

Marianne2 du 09 novembre 2014

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Published by chineenmouvement - dans ECONOMIE
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