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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 07:34

L'éclatement de la bulle immobilière ne vas pas provoquer un effondrement de l'économie chinoise. Une fois de plus, les mécanismes de "l'économie de marché socialiste" vont être mis en œuvre.

La Chine est confrontée au dégonflement d'une bulle spéculative immobilière qui serait fatale à n'importe quelle économie de marché. Pour autant, les analyses qui en déduisent l'effondrement prochain de l'économie chinoise ignorent la capacité de prestidigitation financière qui constitue l'une des bases de l' « économie de marché socialiste ». Les autorités chinoises sont en train de mettre en place un plan de refinancement en circuit fermé selon une logique qui a connu des précédents, et qui indique les limites des réformes financières dans le pays.

La Chine de 1999 était au bord de la catastrophe économique. Avec un système bancaire miné par des créances douteuses (emprunts ne pouvant être remboursés) qui représentaient officiellement 20% de l'encours de prêts des grandes banques du pays - un chiffre qui serait revu ultérieurement à 35% ! -, n'importe quelle économie de marché aurait implosé - comme les voisins asiatiques de la Chine l'avaient fait deux ans plus tôt.

Refinancement en circuit fermé

Mais c'est ici que la magie de l'« économie de marché socialiste », dans laquelle le système financier reste contrôlé par l'Etat, a œuvré une première fois à grande échelle. Avec un principe simple : une rationalisation accompagnée d'un refinancement en circuit fermé.

En 1999, la Chine crée ainsi quatre AMC - Assets Management Companies -, des structures de défaisance géantes chargées de reprendre, et de gérer, les créances douteuses des grandes banques chinoises.

La création de ces AMC, qui existent toujours, est financée par des obligations qu'elles émettent en 1999, et qui sont souscrites ... par les mêmes banques dont le bilan est ainsi nettoyé. Banques qui sont parallèlement priées de rationaliser leur politique de prêts, et de financer des projets économiquement viables.

Nouveau dérapage

Aujourd'hui, la Chine se retrouve de nouveau au bord de la catastrophe économique. En cause cette fois, une bulle immobilière qui menace de faire perdre leur valeur à une bonne partie des actifs garantissant les prêts bancaires.

Ces prêts ont en effet à nouveau explosé, notamment à destination des collectivités locales, à l'occasion de la relance de l'économie nationale en 2008 ; et ils ont à nouveau financé des projets dont une partie n'était pas viable économiquement. Ils ont ainsi nourri la bulle immobilière qui à nouveau, dans une économie de marché, mènerait à un effondrement de l'économie en dépréciant les bilans des banques.

Même type de réponse

Mais la Chine de 2014, si elle a évolué, n'a pas foncièrement changé de système financier. Et un nouveau tour de magie, sur les mêmes bases d'une rationalisation et d'un refinancement en circuit fermé, est en cours de déploiement.

Le gouvernement a donné le signal de la rationalisation en septembre, en interdisant les nouveaux emprunts par les LGFV (Local Government Financial Vehicles), les sociétés de financement sur lesquelles les gouvernements locaux se sont appuyés massivement entre 2008 et 2014, pour souscrire des emprunts auprès des banques chinoises.

Mais dans le même temps, il a donné le signal du refinancement, en annonçant que les gouvernements régionaux émettraient désormais des obligations. Dans la mesure où 70% des obligations domestiques chinoises sont souscrites par les banques du pays, l'idée est clairement que ces banques refinancent le paiement des emprunts qui leur sont dus par les LGFV, par le produit des obligations ainsi émises.

Nomination cohérente

En marge du IVè Plenum du XVIIIè Comité central du Parti communiste chinois, une nomination (en attente de confirmation) est venue confirmer le déploiement de ce plan. Li Shiyu devrait en effet prendre la tête de l'Agricultural Bank of China (ABC), l'une des quatre principales banques du pays. Or dès 2011, ce vice - gouverneur de la People's Bank of China (PBOC, la banque centrale du pays), s'exprimait sur la nécessité d'une titrisation de la dette dans le pays, pour soulager les bilans des banques chinoises.

Les limites des réformes financières

C'est cependant à un plus haut niveau de nominations que viendront les indications déterminantes sur l'avenir de la gestion financière du pays.

Le corollaire de la prestidigitation financière associée à l'économie de marché socialiste, est en effet que les réformes financières n'aillent pas à leur terme. Le jour où le renminbi sera pleinement convertible, et où les banques chinoises seront des intermédiaires de marché plutôt que des outils du gouvernement, le refinancement en circuit fermé ne sera plus possible.

Dans ce contexte, les rumeurs sur le remplacement de Zhou Xiaochuan, gouverneur de la PBOC depuis 2002, et partisan affirmé de réformes financières en profondeur, prennent tout leur sens. Le maintien ou non du gouverneur de la banque centrale du pays, et l'identité de son éventuel remplaçant, constituera une indication importante, sur la disposition de l'équipe au pouvoir à prendre le risque de se passer du ressort fondamental de l' « économie de marché socialiste ».

Jean-François Dufour, Directeur, DCA Chine-Analyse 27/10/2014 La Tribune

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 18:44

Le président chinois Xi Jinping a souligné que l'Etat de droit était une garantie fondamentale pour construire "une Chine sûre", appelant les organes politiques et juridiques du pays à établir un système de sécurité publique novateur et rigoureux.

M. Xi s'est ainsi exprimé dans une instruction sur le travail de sécurité du pays publiée lundi.

"Les organes politiques, judiciaires et de la sécurité publique doivent structurer leur travail dans le cadre des efforts pour promouvoir l'Etat de droit, s'efforcer davantage à construire une Chine sûre et s'en tenir à l'Etat de droit dans leurs pensées et mesures pour résoudre les conflits et les problèmes", a indiqué M. Xi.

Soulignant que la loi est la force essentielle pour guider et assurer la sécurité nationale, le président chinois a appelé à accélérer la création d'un système global de sécurité publique.

Les commentaires de M. Xi coïncident avec une réunion qui s'est tenue lundi dans la province du Hubei (centre-sud) sur le travail national de sécurité publique.

"La gestion de la sécurité publique doit être centrée sur les questions spécifiques et suivre l'esprit de l'Etat de droit, de la réforme et de l'innovation... afin de promouvoir une Chine sûre ; de prévenir, contrôler ou résoudre efficacement les problèmes affectant la stabilité sociale ; et de renforcer davantage le sentiment de sécurité et le contentement du peuple", indique un communiqué publié à l'issue de la réunion.

De hauts responsables, dont Meng Jianzhu, directeur de la Commission des Affaires politiques et juridiques du Comité central du Parti communiste chinois, Zhou Qiang, président de la Cour populaire suprême, et Cao Jianming, président du Parquet populaire suprême, ont assisté à la réunion.

"Les conditions de vie du peuple, l'ordre et la stabilité sociale, ainsi que notre paix à long terme doivent être assurés", souligne le communiqué de la réunion.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xing Yaofeng, le 03/11/2014

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:43

Ce désert dans la vallée du Yarlun Zangbo est entouré de montagnes arides. Un groupe d'agriculteurs y ont planté contre toute attente des argousiers avec du sol nutritif sur les rives couvertes de galets. Derrière eux, une forêt artificielle d'une superficie de 13 000 mu (un mu = 0,067 ha) un morceau de tapis vert sur le plateau Qinghai-Tibet

Le district de Namling, situé sur la rive nord du Yarlung Zangbo, est le deuxième district le plus peuplé de la Région autonome du Tibet. Les précipitations annuelles y sont de 200 ml tandis que l'évaporation annuelle dépasse 2 000 ml. Malgré sa situation proche du Yarlung Zangbo, ce désert est caractérisé par des terres infertiles et la désertification due à un trop fort ensoleillement et de trop faibles précipitations.

La rive du fleuve en cours de reboisement appartient au canton d'Aima, dont le nom signifie en tibétain « une grande étendue de terre ». Ce désert long de 12 km et large de 7 km couvre une superficie totale de 80 km² et est couvert de galets et de dunes mouvantes. Dans le passé, les tempêtes de sable faisaient rage en automne et des coulées de boue se produisaient l'été.

Pour les générations futures

Cela fait déjà quatre ans que le chef du village Songdong procède au reboisement. Lors de la saison morte, il vient en moto avec les autres villageois pour continuer le travail. Il se souvient : « Quand j'étais petit, il y avait souvent des tempêtes de sable. En automne et en hiver, le sable envahissait les maisons et les cours. Aujourd'hui, les dunes se sont stabilisées, le sable a arrêté de nous envahir. »

Les bienfaits du reboisement sont donc bien visibles : « D'abord, on a réussi à stabiliser les dunes puis on a embelli l'environnement et permis de rendre le climat moins sec. Avant, juin-juillet étaient très secs. Maintenant, il fait plus humide grâce à la forêt. Cela favorise l'agriculture. Le plus important, c'est que nous pouvons fournir un meilleur environnement à nos générations futures. » Son fils et sa fille font leurs études au collège de Namling, respectivement en première et en troisième années. « S'ils ne peuvent pas passer l'examen d'entrée à l'université, ils reviendront vivre ici. »

Selon le directeur de l'Office forestier du district, les travaux pour le reboisement, « les faits ont prouvé que depuis le reboisement il y a des années, la fréquence des tempêtes de sable a été réduite d'un tiers. Les arbres favorisent la conservation de l'eau et la stabilisation des dunes. La teneur en oxygène de l'air a augmenté de 5 % et l'humidité de 10 %. »

Un habitant tibétain de 38 ans nous fait part de ses impressions après sa participation au reboisement en mars : « dans le passé, les vitres de notre maison étaient régulièrement brisées par les tempêtes de sable, le sol de la cour était couvert de sable. Le reboisement permet d'éviter ces problèmes. J'ai participé au reboisement et j'en vois les bénéfices. »

Reboisement et économie

L'économie du district de Namling s'appuie sur l'agriculture et le pâturage. La superficie des terres labourées est de 110 000 mu, soit un peu plus de 1 mu par habitant. Les agriculteurs doivent, en saison morte, aller travailler à Lhassa ou à Nagqu pour subsister.

Le reboisement a permis de combler les pertes économiques des agriculteurs lors de mauvaises récoltes, mais également de créer des emplois. Ils n'ont donc plus besoin d'aller à la ville pour travailler. D'après le chef du village de Songdong, « Les revenus sont satisfaisants quand on vend des pommes de terre, des orges et du blé au moment de bonne récolte, la plantation d'arbres les années de mauvaises récoltes permet d'améliorer le quotidien. Le revenu issu de la plantation et celui issu de l'agriculture sont presque équivalent. »

Mima, 49 ans est père de trois enfants, dont le plus âgé est étudiant. « Nous avons encore quelques problèmes pour subsister, reconnaît Mima. Dans le passé, je travaillais à l'extérieur pour gagner de l'argent. Maintenant je plante des arbres en saison morte. Le revenu est presque le même que celui que je gagnais en travaillant à la ville. »

Mima s'est aussi lancé dans l'élevage. D'après lui, grâce à l'amélioration de l'environnement, l'élevage est plus diversifié. « On ne perd plus le bétail à cause des tempêtes de sable. De plus, on peut élever des cochons et des volailles. »

Afin d'augmenter les revenus par le reboisement, on a laissé certains morceaux de terrain vierges sur les rives pour la planter des noyers et des arbres à gouqi. Des forêts d'exploitation ont également été plantées. Une zone écologique pilote a également été mise à l'essai pour planter des pommes de terre et de l'orge.

Comme l'explique le directeur de l'Office forestier du district, ce sont les agriculteurs locaux qui plantent les arbres. Au premier semestre cette année, le gouvernement a embauché plus de 5 500 personnes, le nombre des travailleurs embauchés durant une journée peut parfois atteindre les 150 personnes. Le revenu quotidien peut atteindre 150 yuans. Le minimum étant de 70 à 80 yuans.

L'Office forestier a recruté 30 villageois pour former un groupe de gardes forestiers qui se chargent de l'irrigation, de la fertilisation, de la taille, de la prévention et du contrôle des maladies des plantes et des insectes nuisibles ainsi que du maintien des grilles. Les membres de ce groupe gagnent un peu plus de 1 300 yuans par mois divisé en un salaire fixe et un salaire au mérite. Le nombre de gardes forestiers s'élèvera à 50 cette année.

Programme écologique du plateau Qinghai-Tibet

Le programme de reboisement de la vallée du Yarlung Zangbo dans le district de Namling du Tibet a été baptisé Zone écologique pilote rive nord du Yarlung Zangbo. Il est projeté de reboiser sur une superficie de 100 000 mu sur 10 ans. Ce n'est que le point de démarrage et la zone pilote du programme de reboisement des bassins des deux fleuves et des quatres rivières du Tibet (le Yarlung Zanbo, le Nujiang, les rivières de Lhassa, Nianchu, Yalong et Shiquan). Cela constitue le cœur de l'équilibre écologique du Tibet. Le programme, dont la mise en place durera de 2014 à 2030, couvrira 44 districts tibétains.

La Région automone du Tibet a investi un total de 30 milliards de yuans pour le programme de reboisement dans les bassins des deux fleuves et des quatres rivières, qui a démarré dans le district de Namling cette année. On compte, d'ici 2030, élargir la superficie des forêts artificielles à 10 milllions de mu sur la base des 2 millions de mu actuels. C'est le plus grand programme d'investissement après le chemin de fer Qinghai-Tibet.

« Ce programme de reboisement favorisera la protection environnementale de la région, voire même ailleurs en Chine et en Asie du Sud-Est », déclare Dong Yijun, directeur du service de reboisement de l'Administration des forêts du Tibet.

D'une géographie et d'un climat particuliers, le Tibet a mis en place une commission de consultation composée d'académiciens de l'Académie des Sciences de Chine pour reboiser de façon raisonnée. Suite aux propositions de ces experts, il a été prouvé qu'il était essentiel de reboiser en respectant les particularités de la faune et de la flore locale.

Le directeur de l'Office forestier du district de Namling nous explique : « L'irrigation est extrêmement difficile ici à cause des terrains caillouteux. Nous avons donc choisi de planter des arbres. Nous avons importé de l'intérieur du pays des espèces résistant à la sécheresse qui s'adaptent au sol du Tibet, tels que l'orme, le saule et l'argousier. »

D'après Meng Xiangtao, chef adjoint du district de Namling et cadre venu de Weifang du Shandong pour aider le Tibet, « le taux de survie des forêts artificielles au Tibet est très faible à cause de la sécheresse et de la méthodes de l'entretien des arbres. » Le gouvernement local a adopté ainsi trois mesures pour assurer le taux de survie des arbres plantés : construire des canaux d'irrigation avant la plantation des arbres pour résoudre le problème du manque d'eau dans la plupart des régions puis rendre les méthodes de plantation plus scientifiques, par exemple, la profondeur des trous, la proportion des engrais après le remplacement du sol, la sélection des bourgeons, la prévention et le contrôle des maladies des plantes et des insectes nuisibles, la sélection de jeunes arbres et enfin installer des fils de fer barbelés autour des arbres pour que les bœufs et les moutons ne mangent plus l'écorce. »

« Le taux de survie de nos arbres dépasse 95 % pour cette année et d'après nos prévisions 85 % dans trois ans. C'est un miracle au Tibet » s'exclame Meng Xiangtao.

Li Wuzhou, membre de la rédaction

La Chine au présent 29-October-2014

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:50

Une enquête de la Banque mondiale en apporte la preuve formelle.

L’année 2014 est celle du Cheval dans le ­calendrier chinois, et cet animal se décrit comme « libre, créatif, émancipé », selon la mythologie asiatique. C’est donc sous cet emblème que la Chine sera devenue la première économie mondiale par l’importance de la richesse réelle qu’elle produit annuellement. Voilà qui est de bon augure : le cheval est prédestiné à faire la course en tête. La nouvelle a curieusement peu retenu l’attention, malgré son côté spectaculaire. La passion des hit-parades n’est-elle pas une seconde nature de notre époque ? On en a à peine discuté lors de l’Assemblée annuelle d’octobre 2014 du FMI et de la Banque mondiale, les institutions où se mesure la richesse économique de la planète. Il y a deux raisons à cette discrétion. Les calculs faits conjointement par la Banque mondiale et le FMI sont relativement techniques. Et par ailleurs ce changement d’ordre entre les deux géants économiques n’arrange politiquement personne, ni les Chinois ni les Américains ! Pour bien comprendre comment les nouveaux chiffres placent la Chine en numéro un, il convient de faire un bref détour sur ce qu’est la richesse économique. Son évaluation relève, on le sait, de la « comptabilité nationale » (établie par l’Insee en France), laquelle s’articule parfaitement avec la comptabilité des entreprises. La production d’un pays est par construction l’ensemble de ce que produisent les gens, qu’ils aient ou non le statut juridique d’une entreprise. Autrement dit, c’est la somme de toutes les « valeurs ajoutées » de chaque personne physique ou morale. Cela porte un nom : le PIB, produit intérieur brut. Rappelons la signification des trois lettres : « produit », au sens de production ; « intérieur », ce qui est fabriqué sur le territoire national ; et « brut », car on ne tient pas compte de l’amortissement du capital qui a contribué à fabriquer les biens et services. Le calcul des PIB de chaque pays obéit à des règles comptables homologuées par l’ONU, les biens et les services produits étant valorisés à leur prix de marché et dans la monnaie nationale. Élémentaire. Pourtant les choses se compliquent dès qu’il s’agit de ramener ces PIB dans une même monnaie nationale, le dollar, condition sine qua non pour les comparer. Certes, il ­suffit de prendre le taux de change des monnaies nationales tel qu’il est fixé sur les marchés des changes. Et c’est ce qui est fait : en 2013, le PIB des États-Unis a été de 16 800 milliards de dollars, celui de la Chine de 8 905 milliards de dollars, la France se situant à 2 789 milliards de dollars. Cette conversion aux taux du marché des changes n’est en réalité pas satisfaisante. Elle ne reflète que très imparfaitement la vraie valeur des choses, et voici pourquoi. Chacun d’entre nous, en tant que touriste, a pu en effet constater qu’on achète en général bien plus de marchandises avec 100 euros à ­Pékin qu’à Paris ou à New York. La plupart des produits sont moins chers parce que la main-d’œuvre est fondamentalement moins bien payée. Ce constat trivial est lourd de conséquences. Pourquoi, vu de ­Sirius, une heure de femme de ménage ou une coupe de cheveux ­serait-elle valorisée moins cher à Pékin qu’à Paris ? Ne s’agit-il pas réellement du même service ? Dans l’absolu, et en toute justice (quel mépris sinon pour le coiffeur chinois !), une coupe de cheveux devrait être appréciée de façon identique, au même prix, à supposer bien sûr qu’elle soit de même qualité. Pour qu’il en soit ainsi, il faut donc corriger les taux de conversion des monnaies. Au lieu de prendre les taux de change habituels, les statisticiens établissent des « parités de pouvoir d’achat » (PPA) : les PPA indiquent ce qu’on peut réellement acheter avec chaque monnaie. La coupe de cheveux a alors la même valeur à Pékin qu’à Paris ou New York. Et au lieu qu’un dollar américain vaille 6,4 yuans (le taux du marché des changes), le billet vert n’en vaut plus que 3,5 en PPA. Du coup, le PIB chinois remonte à 16 200 milliards de dollars (en PPA) en 2013, selon les chiffres officiels du FMI. Il talonne si bien le PIB américain qu’en appliquant les taux de croissance prévus pour 2014, 7,4 % en Chine et 2,2 % aux États-Unis, il le dépassera au 31 décembre 2014 (17 399 contre 17 170 milliards de dollars en PPA). La messe est dite. Précisons que le calcul des PPA ne se fait pas en chambre mais à l’issue d’enquêtes très fouillées sur le terrain. Il s’agit d’observer précisément les prix d’un très grand nombre de produits et de services. Ces recherches sont effectuées dans tous les pays par le Programme de comparaison international (PCI) qui dépend de la Banque mondiale. La dernière enquête, qui a mobilisé des centaines de techniciens, a été effectuée en 2011 (la précédente remontant à 2005). Les travaux ont mis deux ans pour être dépouillés et ils ont conduit le FMI et la Banque mondiale à donner ces nouvelles ­estimations des PIB en PPA. La Chine devançant les États-Unis ? La première ne cherche pas à s’en vanter, elle que le FMI classe dans la catégorie « pays émergents et en développement » par le niveau de vie individuel de ses habitants, ce qui lui donne des droits spécifiques dans les négociations internatio­nales. Quant aux Américains, la rétrogradation au deuxième rang n’enlève certes rien à leur puissance militaire, monétaire (BNP Paribas sait ce qu’il en coûte de se frotter au dollar) ou à leur pouvoir d’influence idéologique. Reste que cette dégradation est de mauvais aloi pour le Congrès américain, traditionnellement hostile à la montée en puissance de la Chine, taxée de concurrence déloyale

Robin Jean-Pierre, Le Figaro du 20 octobre 2014

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 08:09

Beijing organisera une audition publique sur la hausse des prix des tickets de bus et de métro ce mois-ci.

Vingt-cinq personnes, dont des fonctionnaires, des représentants du secteur, des législateurs locaux et des résidents, participeront le 28 octobre à cette audition, a déclaré un porte-parole de la Commission municipale du développement et de la réforme de Beijing lors d'une conférence de presse.

Ce porte-parole a dévoilé deux projets de tarification du métro : deux yuans (33 cents américains) pour un trajet de moins de trois kilomètres ou trois yuans pour un trajet de moins de six kilomètres.

Dans le cadre du deuxième projet, les navetteurs devront payer plus pour les plus longs trajets.

Les navetteurs qui possèdent une carte de transport pourront bénéficier d'une réduction de 20% lorsque le coût mensuel de leurs trajets dépasse 100 yuans, et d'une réduction de 50% pour un coût supérieur à 150 yuans.

Dans le cadre des deux projets, un trajet simple coûtera en moyenne 4,3 à 4,4 yuans.

Selon les deux projets de tarification du bus, le coût moyen d'un trajet de bus sera augmenté à 1,3 ou 1,5 yuan, a ajouté le porte-parole.

Malgré cette hausse des prix, le gouvernement municipal de Beijing devrait continuer de financer 50% des coûts de fonctionnement du métro et 62% des coûts de fonctionnement du bus.

A Beijing, le nombre de passagers du métro a atteint 3,2 milliards en 2013, en croissance de 350% par rapport à 2007. Les subventions gouvernementales ont augmenté de 13,5 milliards de yuans en 2010 à 20 milliards de yuans en 2013.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xu Yongchun, le 13/10/2014

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 19:10

La Chine projette d'introduire un nouveau régime comptable afin de mettre un terme à la "suprématie du PIB" et d'instaurer un modèle de croissance axé sur un développement économique, social et environnemental plus équilibré.

Ce nouveau régime comptable, dont l'introduction a été récemment annoncée par le Bureau d'Etat des statistiques (BES), est un système d'évaluation économique qui ne s'appuiera plus uniquement sur le taux de croissance mais prendra en compte l'optimisation structurelle, la modernisation industrielle, l'innovation, la protection de l'environnement, et l'amélioration du niveau de vie de la population.

Ainsi, plus de quarante indicateurs, comprenant entre autres le ratio de la dette publique par rapport aux recettes budgétaires, la consommation des habitants, le taux d'urbanisation, le ratio des dépenses en recherche et développement par rapport au PIB et la réduction de la pollution, seront publiés régulièrement par le BES.

Selon le bureau, les statistiques du gouvernement mettaient trop l'accent sur le PIB et sa croissance, tandis que ce nouveau régime permettra de mieux tenir compte de la qualité du développement économique.

La croissance à deux chiffres maintenue durant la dernière décennie a propulsé la Chine au rang de deuxième plus grande économie du monde.

Le rythme de croissance était dans une large mesure le but ultime poursuivi par les responsables du gouvernement parce que le taux de croissance déterminait leur promotion.

Ce culte de la croissance a eu des conséquences néfastes comme la surcapacité industrielle, une mauvaise structuration de l'économie et des dommages environnementaux.Et outre ces problèmes, l'économie a affiché une croissance de 7,4% au cours du premier semestre, un taux bien éloigné de la croissance à double chiffre.

Cependant, au lieu de mettre en oeuvre des mesures de relance pour soutenir la croissance, le gouvernement actuel s'est attaché à promouvoir les réformes, la restructuration économique et l'amélioration du niveau de vie de la population.

Bien que l'économie chinoise soit soumise à une pression à la baisse croissante depuis le début de l'année dans un contexte de conjoncture économique mondiale complexe et de lente reprise économique dans les pays développés, le gouvernement ne sera pas distrait par les fluctuations mineures d'indicateurs individuels, a déclaré Li Keqiang lors de la Réunion annuelle des nouveaux champions du Forum économique mondial qui s'est tenue récemment à Tianjin.

M. Li a indiqué que la priorité aujourd'hui était le contrôle structurel et que les efforts seraient coordonnés entre la stabilisation de la croissance, la promotion de la réforme, le réajustement de la structure, l'amélioration du niveau de vie de la population et la prévention des risques. La modernisation industrielle et la réduction de l'écart entre le développement urbain et rural seront promues par le biais de l'innovation scientifique et technologique.

En outre, le Premier ministre s'est engagé à ce que la Chine prenne des mesures pour réduire la pollution et économiser l'énergie. Il a ajouté que le pays étudiait actuellement les objectifs de contrôle des émissions de gaz à effet de serre, y compris la réduction des émissions de CO2 et de l'intensité des émissions de carbone, et l'accroissement de la part des énergies non-fossiles d'ici 2030.

Les données officielles indiquent que l'intensité carbone a diminué de près de 5% au cours du premier semestre, la plus importante baisse depuis plusieurs années, en raison du réajustement structurel visant à améliorer la qualité de la croissance économique.

On peut aujourd'hui voir la transition vers une croissance de qualité s'opérer dans le pays, au moins 70 districts, d'après les données, ayant déjà adopté le niveau de vie de la population et la protection de l'environnement comme principaux critères pour évaluer la performance politique des responsables au lieu de la croissance du PIB.

"A long terme, la restructuration économique est une nécessité pour la Chine ; à court terme elle est urgente pour contrer l'impact de la crise financière mondiale", a noté Xie Lujiang, professeur à l'Ecole du Parti du Comité central du Parti communiste chinois (PCC).

M. Xie a ajouté que l'objectif fondamental de la restructuration était de transformer la Chine en un pays moderne, dans le vrai sens du terme, et que celle-ci impliquait des changements sur plusieurs fronts, y compris politique, économique, institutionnel et des intérêts corporatistes.

Le BES a dévoilé un calendrier pour l'introduction du nouveau régime comptable et certains indicateurs seront publiés dès cette année.

Par ailleurs, le Premier ministre a également appelé à adopter un point de vue dialectique vis-à-vis de la croissance économique, car la Chine, un pays en voie de développement, a encore besoin d'un certain niveau de croissance, mais la qualité de la croissance doit être jugée selon qu'elle crée ou non des emplois, qu'elle améliore le niveau de vie de la population et qu'elle sert les objectifs de protection de l'environnement et de conservation de l'énergie.

L'ère de la "suprématie du PIB" est achevée.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Gao Yuye, le 08/10/2014

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:10

Le Hebei, la province la plus polluée au nord de la Chine, s'est fixée des objectifs de réhabilitation écologique pour les rivières, lacs, mines, forêts et eaux souterraines.

La province, qui entoure les villes de Beijing et de Tianjin, plantera 530.000 hectares de forêt d'ici 2017 pour augmenter la superficie de 28% (enregistrée en 2013 à 32%), selon un plan officiel publié récemment.

D'ici 2017, aucune rivière ni ses affluents ne devront être classés à un niveau inférieur à V en termes de qualité de l'eau, précise le document. La Chine classe la qualité de son eau selon six niveaux : les niveaux I à V et un autre niveau "inférieur au niveau V". L'eau de niveau III est non potable.

La province du Hebei s'attaquera également d'ici deux ans aux 664 mines à ciel ouvert qui se trouvent près des chemins de fer, des autoroutes et des villes.

L'investissement total pour ces projets dépassera les 60 milliards de yuans (9,7 milliards de dollars).

Le Hebei fait face à une grande pression pour réduire les émissions et traiter le problème de la pollution. La province compte sept des dix villes les plus polluées de la Chine pour la première moitié de l'année, selon le ministère de la Protection de l'Environnement.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Li Na, le 05/10/2014

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 13:21

Dans la tradition poétique chinoise, le vin contribue à la présence en l’instant présent et à la saisie de la fluidité du vivant. Il permet une décontraction de la conscience qui, ainsi libérée, peut saisir la subtilité du jeu de la vie. La poésie chinoise est indissociable de l’art de la calligraphie qui exprime la relation entre vide et plein, entre non-dualité et dualité.

L’ouvrage commence par un hommage à Liu Ling (3e siècle) membre d’une « joyeuse compagnie de lettrés excentriques d’inspiration taoïste », « les Sept Sages de la Forêt de bambous ». Dans cette lignée de poètes de l’ivresse, s’inscrivent Tao Yuan-ming (365-427), le maître des Cinq Saules ou le célèbre immortel banni Li Po (701-761).

Voici quelques extraits de ce recueil précieux et rafraichissant qui dissout les conditionnements dans l’ivresse pour révéler la beauté de ce qui se présente.

Extrait de Devant le vin de Li Po :

...
Pin rouge s’est retiré sur la Fleur d’or
An-ki est retourné sur la mer Peng
ces gens-là obtinrent l’immortalité en des temps antiques
ils devinrent immortels soit, mais où sont-ils aujourd’hui ?
cette vie flottante est rapide comme l’éclair
en un clin d’œil les couleurs se transforment
si ciel et terre sont immuables,
comme nos visages changent !
si devant le vin vous refusez de boire,
à retenir ainsi votre sentiment, qu’
attendez-vous donc ? …

Levant ma coupe de Han Yu (768-824) :

désabusés ceux qui courent après le renom
qui dispose d’une journée de libre ?
depuis quelques temps, sans compère,
je lève ma coupe face à la montagne
du sud

Me réveillant de Liu Chia (824- ?) :

ivre je m’allonge au milieu des herbes parfumées
quand de l’ivresse je me réveille le soleil s’est couché
pichets et coupes sont à moitié renversés
les invités ont dû partir depuis longtemps déjà
je ne me rappelle pas avoir cueilli des fleurs
comment se fait-il qu’il y ait une fleur dans
ma main ?

Banalité et immortalité sont inséparables. Les poèmes des « immortels du vin » rendent compte d’un lâcher-prise salutaire pour l’esprit enfin libéré des entraves d’un moi trop pesant. Il existe ainsi une sagesse du vin qui est une sagesse tout court.

Et ce sage conseil d’Hervé Collet et Cheng Wing Fun, à suivre sans réserve :

« Pour un usage poétique de ce recueil, à consulter sans modération, le lecteur est naturellement convié, si ce n’est déjà fait, à se munir de « la chose dans la coupe ». A quoi bon, en effet parler de cela à quelqu’un qui est sobre ? »

Nous savons en effet que sur les voies d’immortalité, la question posée est toujours celle du vase et de ce qu’il contient.

Inscrit sur le kiosque montagnard de l’ermite Ch’ui de Chian Chi (710-780) :

un sentier dans les pivoines, la mousse est rouge vif
une fenêtre en montagne, emplie de bleu d’émeraude
je t’envie, ivre au milieu des fleurs,
papillon voltigeant dans l
e rêve

Rémi Boyer lafauteadiderot.net

L’art de l’ivresse. Poèmes chinois traduits et présentés Hervé Collet et Cheng Wing Fun, collection Spiritualités vivantes, Editions Albin Michel.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 07:55

L'ouvrage est une critique interne acerbe de la pensée économique néoclassique dominante.- DR

Les Éditions de l'Atelier renouent avec leurs glorieuses ainées les Éditions Ouvrières en publiant, L'imposture économique, la traduction du livre coup de poing ‘Debunking Economics’ de l’économiste australien Steve Keen.

Steve Keen est la figure de proue du ‘New Economic Thinking’ qui mène une critique interne acerbe de la pensée économique néoclassique dominante. Il dévoile de l’intérieur les graves incohérences des fondements logiques et mathématique de l’économie libérale. L'auteur (dé)montre comment l’économie s’est construite un corpus scientifique de base et sur des fondements dont il montre le caractère non scientifique. Cet ouvrage est « fondateur » pour l’économiste Gaël Giraud (à la fois spécialisé en économie mathématique et membre de la Compagnie de Jésus) qui signe l’introduction et assure la direction scientifique de la traduction. Selon lui, Keen jette les bases solides d’une « autre économie » démontant une à une les grandes pièces de l’édifice dogmatique. La force subversive du livre de l’économiste australien est qu’il n’utilise jamais de critique externe proposant un travail critique interne encore jamais fait. L’imposture économique s’inscrit dans une actualité importante : des mouvements de contestations étudiants grandissent dans les universités (en Grande-Bretagne, à Cambridge, Manchester et Londres, en France, avec le collectif étudiants PEPS économie, le Rethinking Economics, réseau de membres en Angleterre, USA, Inde, Italie, Israël, Brésil, et Chili). Ils dénoncent avec force, tout comme le fait Steve Keen dans son livre, l’obstruction de débats sur les causes de la crise financière de 2007 et sur les raisons pour lesquelles les économistes ne l’ont pas vu venir. Ce livre a suscité de nombreux débats académiques lors de sa publication en anglais et invite à engager une réforme profonde de l’enseignement de l’économie dans le monde.
Des initiatives sont déjà en marche...

« L'imposture économique » par Steve Keen, Introduction et traduction scientifique de Gaël Giraud - Les Éditions de l'Atelier, collection Économie, macroéconomie, microéconomie, finance (18 septembre 2014), 480 pages, 27 euros.

Steve Keen

Steve Keen est né à Sydney en 1953. Il est professeur d’économie et de finance, spécialiste de la modélisation macroéconomique monétaire. Il vient de se voir offrir à la rentrée 2014, le poste directeur du département Économie, Histoire et Politique, de l'université de Kingston à Londres. Il s’apparente aux économistes hétérodoxes postkeynésiens et fait partie de cette poignée d’économistes qui avaient dès 2005, publiquement alerté sur l’imminence d’une grave crise financière. Son rôle de premier plan et son travail de pionnier, lui ont valu le Revere Award for Economics de la Real-World Economics Review et d’être reconnu par ses pairs comme l'économiste « qui a, le premier et le plus clairement, prévu et donné l’alerte sur l’effondrement de la finance mondiale. Son travail est le plus à même d'empêcher à l’avenir une autre crise financière mondiale ».
Le professeur Steve Keen tient un blog très influent (www.debtdeflation.com/blogs) et un compte twitter @ProfSteveKeen

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 08:03

Au début du mois d'août dernier, Greenpeace a diffusé des photos démontrant une déforestation importante au cours des dernières années en Chine. Par le biais de photos satellite prises entre 2009 et 2013, on constate indéniablement que les forêts disparaissent à grands pas dans le pays. Parmi les régions les plus touchées, on peut citer le Zhejiang, le Hainan, ainsi que le Yunnan. La province du Zhejiang dans le sud de la Chine est particulièrement touchée par la déforestation massive. Sur les images comparatives, on peut constater que de grandes forêts verdoyantes ont laissé place à des champs en terrasse. Depuis 2009, Greenpeace aurait déjà constaté la disparition de plus de 210 hectares de forêts au profit de terres arables, ce qui équivaut à 280 terrains de football. Ces étonnants changements sont attribués à une politique spécifique de la région qui favorise les terres arables au détriment des « forêts à faible rendement », une expression que d'aucuns interprètent à leur façon. Mais selon Wu Hao, responsable de l'organisation Greenpeace en Chine, derrière cette politique se cache une réalité accablante. La raison principale mais indirecte à la déforestation est l'expansion massive des villes dans le Zhejiang. Alors que les villes engloutissent les terres agricoles environnantes, des forêts entières dans des zones plus éloignées disparaissent pour compenser la perte en créant de nouveaux terrains dédiés à l'agriculture. En effet, la politique en Chine impose que chaque acre de terre arable supprimé pour des raisons non agricoles soit compensé par un acre de nouvelles terres destiné à être cultivé. Profitant d'une faille dans la réglementation en vigueur, de nombreuses forêts naturelles –même protégées- sont ainsi abattues. Cette politique de « l'amélioration des forêts à faible rendement » va cependant à l'encontre de la politique nationale de protection des forêts. Cette déforestation profite donc à l'élargissement des villes mais aussi à l'industrie du bois qui semble ainsi bénéficier d'une source intarissable. Et le problème risque encore de s'amplifier avec le désir du président chinois Xi Jinping d'aider 100 millions de personnes à s'installer dans les villes d'ici 2020. Reste au pays de mettre en place une nouvelle politique nationale et globale pour protéger ses forêts sans quoi le résultat pourrait s'avérer dramatique dans quelques années.

© Chine Informations - La Rédaction, le 23/09/2014

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