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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 07:40

Après plus d'une semaine d'attente, le monde a finalement découvert la décision du président américain Donald Trump sur le rôle que son pays entendait jouer par rapport à l'Accord de Paris sur le changement climatique. Au regret de beaucoup, il a choisi de se retirer de cet accord historique dans lequel les Etats-Unis ont joué un temps un rôle clé.

Pour la plupart des personnes au fait du dossier, c'est tout sauf une surprise.

M. Trump a été très clair sur cette question, la qualifiant de canular le changement climatique lors de sa campagne électorale. Il avait déjà pris l'engagement d'annuler l'Accord de Paris et revenir sur de nombreuses décisions environnementales prises par son prédécesseur Barack Obama, le tout au nom du besoin d'aider une industrie américaine du charbon chancelante en créant des emplois.

A l'approche de sa décision finale concernant l'un des plus grands pactes globaux de lutte contre le changement climatique de l'histoire, M. Trump a assuré avoir eu de nombreuses discussions avec des partisans et des opposants au retrait du texte.

On pourrait donc penser qu'il a de très bonnes raisons de sortir de l'accord et qu'il connaît les conséquences du retrait de ce texte signé par près de 200 pays et incarnant une aspiration commune à avoir un avenir moins carboné.

Mais il faut ici mentionner que ce retrait et un relâchement dans le contrôle des émissions de CO2 ne se traduira guère par une hausse de nouveaux emplois car l'industrie des énergies fossiles est très automatisée et n'a guère besoin de davantage de main-d'oeuvre, ont souligné de nombreux experts.

S'il faudra peut-être du temps au président américain pour réaliser la pertinence de ces avis, il est d'ores et déjà la cible de plusieurs alliés importants.

Tous les autres membres du G7 se sont dit pour le moins déçus, voire en colère, devant son refus de renouveler l'engagement américain envers l'Accord de Paris lors de leur sommet la semaine dernière à Taormine en Sicile.

Ces divergences sur le climat risquent d'être un nouveau boulet pour les relations transatlantiques, après son soutien au Brexit et ses remontrances sur les contributions financières des alliés à l'OTAN.

A Paris, les Etats-Unis s'étaient engagés à réduire d'ici 2025 de 26 à 28% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005. Selon une analyse du think tank Climate Interactive, cet engagement américain représentait 21% du total des promesses de réduction d'émissions d'ici 2030 en vertu de l'accord.

Ce retrait va être difficile à compenser, mais de grands acteurs tels que l'Union européenne, l'Inde et la Chine ont redit leur volonté d'accroître leurs efforts face à ce revirement américain.

Le fiasco d'il y a 16 ans, qui avait vu les Etats-Unis rejeter le protocole de Kyoto, nous a appris nos dépens -et le monde ne le sait que trop bien- qu'avec ou sans un leadership américain, il faudra respecter les engagements pris à Paris et travailler encore plus dur pour réduire les émissions de CO2 afin de garantir un avenir meilleur à notre planète.

Et comme le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres l'a dit, si un gouvernement vient à douter de la volonté globale exprimée par l'accord, alors le monde doit demeurer plus uni que jamais pour rester sur la bonne voie.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Liu Ying, le 02/06/2017 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 10:49

Des scientifiques ont déclaré récemment avoir résolu l'énigme de la manière dont le sulfate, un composant majeur du smog (brouillard de pollution), se forme dans le nord de la Chine, y compris à Beijing.

Cette étude, publiée dans le journal américain Science Advances, a identifié des réactions chimiques de l'azote et des particules d'eau dans l'air comme les deux pièces manquantes du puzzle, concluant que réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx) spécifiquement permettrait de réduire la pollution de l'air en Chine.

Ces conclusions se basent sur une analyse de données récoltées lors du pic de smog de janvier 2013 à Beijing, l'un des cas de pollution atmosphérique les plus graves enregistrés à ce jour en Chine, au cours duquel la concentration des particules fines appelées PM2.5 a dépassé 16 fois les valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé.

À cette époque, les chercheurs ont effectué des mesures d'aérosol sur le toit d'un bâtiment de l'Université Tsinghua à Beijing, et analysé les données de toute la région.

Ils ont identifié une chaîne de réactions qui pourrait expliquer la source de sulfate inexpliquée, et découvert que les particules fines d'eau dans l'air agissaient comme réacteur, piégeant les molécules de dioxyde de souffre (SO2) et interagissant avec le dioxyde d'azote (NO2) pour former des sulfates.

Le taux de réaction était également renforcé lors de l'incident de 2013 par la stagnation de la météo, piégeant le NO2 près de la surface de l'air et générant des concentrations des NO2 trois fois supérieures à celle de l'air propre.

Ce processus "s'amplifiait de manière autonome", selon les chercheurs, car les concentrations croissantes de la masse d'aérosol entraînaient une augmentation de la teneur en aérosols dans l'eau, accélérant l'accumulation de sulfates et provoquant une aggravation du nuage de pollution.

"Cette étude révèle le mécanisme unique de formation des sulfates dans la PCN (plaine de la Chine du Nord), qui diffère des scénarios traditionnels", a expliqué dans un courrier électronique à Xinhua, Guangjie Zheng, directrice de cette étude et chargée de recherches à l'Université Tsinghua.

"Dans des environnements moins pollués comme les États-Unis ou l'Europe, les sulfates sont formés principales par la chaîne de réaction OH (hydroxyde) traditionnelle dans la phase de gaz atmosphérique, ou par la chaîne de réactions de l'H2O2 (peroxyde d'hydrogène) et de l'O3 (ozone) dans la chimie des nuages. Dans le cas des nuages de pollution de la PCN, toutefois, la chaîne de réaction dominante pour la formation des sulfates devient la chaîne de réactions NO2 dans l'eau d'aérosol."

Les conclusions de cette étude montrent "la nature complexe" des nuages de pollution en Chine, selon Mme Zheng.

"Le SO2 provient principalement des centrales électriques, le NOx provient des centrales et des véhicules, tandis que le NH3 (ammoniaque) et les poussières minérales, qui servent de substances neutralisantes, sont présentes de manière naturelle et par émissions anthropogènes liées à l'industrie et aux poussières diffusés", explique-t-elle.

Ces polluants de diverses sources sont émis avec une haute intensité et simultanément, provoquant une situation de pollution lourde unique, et changeant ainsi la chaîne de formation de sulfates dominante. La complexité des nuages de pollution dans la PCN démontre une nouvelle fois l'importance des stratégies scientifiques de réduction des émissions.

Par exemple, la réduction du NO2 et de l'oxyde nitrique, qui peuvent réagir dans l'air pour former du NO2, devraient réduire les niveaux de pollution de sulfate bien plus que prévu dans les modèles traditionnels sur la qualité de l'air.

Ces résultats "devront être pris en compte dans les stratégies futures en matière de qualité de l'air et d'émission de polluants dans le nord de la Chine, et peut-être dans d'autres régions", concluent les chercheurs dans leur étude.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xinhua, le 25/12/2016

 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 06:55

Beijing s'efforce actuellement de transformer ses chaudières à charbon en utilisant des énergies propres dans le cadre des efforts visant à assainir l'air de la ville.

La métropole transforme ses chaudières à charbon, qui produisent environ 7.000 tonnes de vapeur chaque heure, en les rendant plus respectueuses de l'environnement. A la fin de l'année, les équipements verts installés permettront à Beijing de réduire de deux millions de tonnes la consommation de charbon, entraînant une diminution annuelle de la quantité de poussières, de dioxyde de soufre et d'oxyde d'azote de 30.000 tonnes, 16.000 tonnes et 5.000 tonnes, respectivement, selon le Bureau municipal de la protection de l'environnement.

La ville a lancé un "projet d'énergie verte" visant à transformer ses chaudières à charbon en 1998.

Beijing, la densité des PM2,5, particules fines, a baissé de 10,1% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de l'année, a déclaré le bureau la semaine dernière.

L'indice moyen des PM2,5 pendant cette période était de 62 microgrammes par mètre cube, selon le bureau. Ce niveau était de 80,6 microgrammes en 2015 et de 95,7 microgrammes en 2012.

 

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xu Yongchun, le 26/10/2016 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 08:29

La Chine compte 69,3 millions d'hectares de forêts plantées, le plus au monde, après plus de six décennies de travail de reboisement, a indiqué Zhang Jianlong, directeur du Bureau national des forêts.

La superficie totale des forêts est passée de 1,24 milliard de mus au début des années 1950 à 3,12 milliards de mus (208 millions d'hectares), couvrant 21,66% du territoire, contre 8,6% il y a plus de 60 ans, a précisé M. Zhang lors d'une conférence nationale sur l'accélération du reboisement ce week-end à Hohhot.

Le bureau vise à planter davantage d'arbres dans les régions le long de la région de l'initiative "la Ceinture et la Route", de la région Beijing-Tianjin-Hebei, et de la Ceinture économique du fleuve Yangtsé.

La Chine a lancé en 1979 un programme de 70 ans pour planter des arbres dans le nord, nord-ouest et le nord-est du pays, afin d'améliorer l'environnement écologique.

La Chine a efficacement contrôlé la désertification, avec la superficie des déserts en baisse continue pendant ces dix dernières années.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xing Yaofeng, le 28/08/2016

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:23

PLANTER OU REPLANTER. La Chine est le pays au monde le plus touché par la désertification… et l’un de ceux qui replantent le plus d’arbres pour s’en protéger.

Sous le regard de 150 journalistes, Shang Youfu plonge une grande tige de métal, au bout d’un tuyau, dans le sable chaud du désert mongol. Un petit bouillonnement d’eau, aussitôt absorbée, et son collègue plante une tige dans le sable humidifié. Le paysan au visage brûlé par le soleil ajoute un peu d’eau et recommence la manœuvre un mètre plus loin.

« Ceux-là ne survivront pas, c’est juste pour la démonstration », admet Shang Youfu. Pour replanter le désert, la période la plus propice court en effet d’avril à mai. « À cette période, les boutures survivent dans 90 % des cas », indique l’ouvrier agricole de 58 ans, pour qui la santé des plants est aussi une question d’argent.

Son salaire dépend du nombre d’arbres plantés chaque jour et de leur taux de survie. Shang Youfu est employé par l’entreprise Elion, qui possède 8 000 km2 de terrain cédés gracieusement par la province de Mongolie intérieure en 1988 pour trente ans renouvelables, à condition que l’entreprise restaure ce terrain confronté à la désertification.

Cette année, cette oasis artificielle fourmillait d’experts et de journalistes pour un forum sur la désertification organisé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).

En Chine, le désert progresse vite, menaçant non seulement les zones cultivables, mais aussi les villes. Dans les années 1990, les tempêtes de sable à répétition ont frappé le nord-est du pays. La principale cause de ce phénomène, mais pas la seule, est le « Grand Bond en avant », la tentative de développement accéléré lancée par Mao Zedong en 1958.

27 % DU TERRITOIRE CHINOIS TOUCHÉ PAR L’EXTENSION DU DÉSERT

À l’époque, pour tenter de devenir le premier pays producteur d’acier au monde, la Chine a encouragé l’abattage des arbres pour faire tourner les hauts-fourneaux. Le surpâturage et le réchauffement climatique se sont ajoutés à la déforestation, et la Chine est désormais le pays du monde le plus touché par l’extension du désert : 27 % du territoire est touché, soit 400 millions de Chinois affectés.

Pour l’économie du pays, le coût de la désertification est estimé à 16 milliards d’euros par an.

Le géant asiatique est aujourd’hui l’un des pays qui plantent le plus d’arbres. Dans sa contribution nationale en vue de la conférence de Paris sur le climat, la Chine est d’ailleurs l’un des rares pays à avoir intégré un paragraphe sur le reboisement, qui a l’avantage d’« augmenter les puits de carbone ».

Dès 1978 avait été lancé le concept de « grande muraille verte » : une immense barrière d’arbres censée d’une part fixer les dunes et empêcher la progression du désert, et d’autre part stopper les tempêtes de sable s’abattant régulièrement sur les grandes villes de l’Est, dont Pékin, en première ligne, mais parfois Tokyo au Japon, ou Séoul en Corée du Sud.

Dans les années 1990, et jusqu’au début des années 2000, de violentes tempêtes de sable ont touché la capitale cinq à dix fois par an, aveuglant la population pendant un ou deux jours et laissant la capitale recouverte d’un fin manteau jaune.

« DEPUIS LES ANNÉES 2000, LE GOUVERNEMENT PREND CES QUESTIONS AU SÉRIEUX »

Ces tempêtes sont aujourd’hui plus rares et moins violentes, grâce aussi à de meilleures pratiques agricoles. Mais les bonnes intentions se sont heurtées aux objectifs productivistes du pays le plus peuplé au monde.

«Le problème est que la Chine a adopté des politiques contradictoires : si vous êtes un éleveur du Gansu (province aride du Nord), vous pouvez recevoir un jour la visite d’un agent du ministère de l’agriculture qui vous expliquera qu’il faut produire plus, explique Victor Squire, un chercheur australien à la retraite qui a passé sa vie à étudier les déserts chinois. Et le lendemain, la visite d’un agent du ministère de la forêt qui vous expliquera que vous recevrez des subventions si vous acceptez de réduire votre cheptel, pour limiter le surpâturage. »

Dans ces jeux d’injonctions contradictoires, le ministère de la forêt a longtemps été le parent pauvre.

La donne a changé, selon Yang Youlin, le coordinateur pour l’Asie-Pacifique de la CNULCD, et ancien employé du bureau chinois de lutte contre la désertification, dépendant du ministère de la forêt.

« Depuis les années 2000, le gouvernement prend ces questions au sérieux. Quand j’ai rejoint le gouvernement, en 1994, le budget du bureau contre la désertification était ridicule. Depuis, il a été multiplié par 100. »

UN MODÈLE QUI FAIT DÉBAT

Des progrès que confirme Victor Squire. « Après beaucoup d’erreurs et de tâtonnements, la formation des acteurs de terrain porte ses fruits. La Chine a acquis une vraie expérience en matière de lutte contre la désertification », assure le chercheur.

Il cite en exemple de nouvelles techniques d’arrosage, la manière de planter autour d’une dune pour la réduire petit à petit ou encore la sélection d’essences adaptées aux différents terrains, après avoir privilégié longtemps des arbres à rendement rapide comme le peuplier, gourmand en eau et fragile. À Kubuqi, un centre de recherche travaille à sélectionner les plantes les plus résistantes.

Le modèle défendu par l’ONU fait cependant débat. À la fin du forum sur la désertification, un jeune journaliste demande ainsi à un représentant d’Elion si un jour la Chine verra pousser une ville comme Las Vegas, aux États-Unis.

Ce dernier n’hésite pas : « Avant, il fallait faire trois jours de chameau pour arriver ici. Grâce au développement, tout le monde a désormais des conditions de vie proches de celles de la ville. Oui, nous pouvons créer un Las Vegas chinois ! », assure-t-il.

Le représentant de l’ONU, Yang Youlin, tient pour sa part à préciser : «Las Vegas ou Dubaï ne sont pas des exemples à suivre. Dans ces villes, également confrontées aux tempêtes de sable, la gestion de la terre est inexistante.»

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 19:37

EXPLICATION Le président chinois Xi Jinping a annoncé vendredi 25 septembre à Washington une contribution de 2,7 milliards d’euros au « Fonds vert », qui doit aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique.

QUELLE EST LA NATURE DE LA PROPOSITION CHINOISE SUR LE CLIMAT ?

Dans le cadre des discussions entre les dirigeants chinois et américain, qui président les deux nations qui polluent le plus, Barack Obama et Xi Jinping ont affirmé leur volonté d’avancer ensemble dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La Chine a annoncé qu’elle allait débloquer 3,1 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) pour alimenter le « fonds vert », qui doit aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique. Cette décision marque un changement majeur de l’approche chinoise, qui, jusqu’à présent, rejetait la faute sur les pays riches occidentaux, en évoquant leur responsabilité historique dans le réchauffement climatique.

L’année dernière lors de leur rencontre à Pékin, les deux chefs d’État avaient annoncé un accord inédit dans lequel ils présentaient leurs objectifs en termes d’émissions de gaz à effet de serre : réduction de 26 à 28 % d’ici à 2025 par rapport à 2005 pour les États-Unis, « pic » à l’horizon 2030 pour la Chine. Cette fois, Xi Jinping se montre plus ambitieux.

DANS QUEL CONTEXTE INTERVIENT CETTE PROPOSITION CHINOISE ?

Cette annonce chinoise arrive au moment où piétine la question du financement de l’aide aux pays en développement. La création du Fonds vert a été entérinée en 2009, au sommet de Copenhague, avec pour objectif de lever 100 milliards de dollars d’ici à 2020. Mais pour le moment, l’objectif serait loin d’être atteint – ce qui risque de compliquer les négociations lors de la COP21 qui s’ouvrira dans deux mois à Paris.

Lors d’un déjeuner, dimanche 27 septembre à New York, présidé par François Hollande et en présence d’une trentaine de chefs d’État, la question de ce fonds devait encore être abordée. Dans ce contexte, la proposition financière chinoise, supérieure à celle des États-Unis (3 milliards de dollars), est une bonne nouvelle. Reste à savoir si elle sera suffisante pour donner un coup d’accélérateur aux négociations.

LA CHINE VEUT-ELLE S’IMPOSER COMME LEADER MONDIAL DANS LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ?

Il est clair que la Chine fait preuve d’une confiance en elle sans précédent, après avoir affirmé pendant des années qu’elle n’était encore qu’un pays en voie de développement. En plus de sa contribution au Fonds vert, elle a annoncé, samedi, la mise en place en 2017 d’un marché national de quotas de CO2.

Dans ce système, qui existe notamment en Europe, chaque entreprise industrielle dispose d’un « quota d’émissions » : celles qui optent pour des technologies vertes n’utiliseront pas tous leurs quotas et pourront les revendre, tandis que les entreprises les plus polluantes seront pénalisées car elles devront acheter des quotas supplémentaires. « Il ne fait aucun doute que la Chine est prête à mener la lutte mondiale contre le réchauffement climatique », affirme Li Shuo, analyste en chef sur le climat à Greenpeace Asie.

Pour le professeur Zhang Haibin de l’Université de Pékin au département des affaires internationales, « la Chine joue un gros coup politique international sur le terrain du climat, domaine que le monde entier observe avec attention et dont ce dernier bénéficiera à l’avenir ».

Cette nouvelle stratégie internationale chinoise sur le climat montre aussi sa volonté de s’imposer plus largement comme un acteur majeur sur la scène mondiale.

27/9/15 LA CROIX

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 04:07

Le ministère chinois de la Protection de l'environnement a ordonné des contrôles de sécurité à l'échelle nationale sur les installations nucléaires, plusieurs semaines après les explosions meurtrières survenues dans un entrepôt deTianjin (nord) où étaient stockés des produits chimiques dangereux.

Dans un communiqué publié sur son site officiel, le ministère explique que ces contrôles se dérouleront jusqu'à novembre pour s'assurer de l'absence de risques de sécurité au sein des installations nucléaires, des constructeurs d'équipements nucléaires et des mines d'uranium.

Ces contrôles visent à tirer les leçons des explosions de Tianjin, qui ont coûté la vie à 165 personnes.

Dans le communiqué, le ministère ordonne aux entreprises de mener des auto-examens pour "s'assurer que ces installations et équipements soient sûrs et sous contrôle".

Les autorités locales de la protection de l'environnement sont également exhortées à renforcer les examens de sécurité.

La Chine compte actuellement plus de 50 unités nucléaires en service ou en construction.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Dai Ying, le 14/09/2015

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 08:25

Premier pollueur mondial, la Chine a envoyé, mardi 30 juin, un signal très positif pour les négociations climatiques qui patinent. A cinq mois de la conférence de Paris, la COP21, le premier ministre, Li Keqiang, a dévoilé sa « contribution » à la lutte contre le changement climatique en s’engageant à plafonner ses émissions de gaz à effet de serre autour de 2030 et à réduire radicalement son intensité carbone.

Pékin n’a pas d’autre choix que d’agir, et d’agir vite. Non pas pour plier face aux pressions internationales : ses arguments sur la responsabilité historique des Américains et des Européens dans le réchauffement climatique sont recevables dans les discussions internationales. Ils ne le sont plus, toutefois, sur la scène politique intérieure, car l’environnement est devenu l’une des premières, si ce n’est la première, préoccupations des citoyens chinois. Toujours inquiets des risques d’instabilité politique, leurs dirigeants ont bien compris les risques de l’immobilisme dans ce domaine.

Première émettrice de pollution, la Chine en est aussi la première victime. L’opinion chinoise s’est largement réveillée sur les questions environnementales ces dernières années. Plusieurs centaines de millions de Chinois se sont émus, en mars 2015, lors de la diffusion sur Internet du documentaire alarmant sur les conséquences du « smog » réalisé par la journaliste Chai Jing, et rapidement bloqué par les censeurs. Ils manifestent encore aujourd’hui dans le sud de Shanghaï, inquiets de l’éventuelle installation d’une usine pétrochimique, comme ils l’ont fait avant à Chengdu, Xiamen et ailleurs. Comme l’a expliqué le premier ministre, Li Keqiang, l’an dernier, la première chose que font beaucoup de Chinois le matin est de regarder sur leur téléphone portable le niveau de pollution de l’air aux particules fines – généralement inquiétant, surtout dans la moitié nord du pays.

Le contexte actuel de décélération de la croissance économique offre aux dirigeants une occasion unique : du seul fait de la chute de la demande, la consommation de charbon de la Chine a commencé à baisser en 2014.

Le gouvernement chinois a su saisir cette chance. Pour la première fois, à l’issue de la visite de Barack Obama à Pékin en novembre 2014, il a fixé une date – 2030 – pour le pic de ses émissions de gaz à effet de serre, un objectif réitéré à Paris par M. Li. Pékin s’est donc enfin fixé l’objectif en termes absolus et ne prête plus le flanc aux critiques. Mardi 30 juin, le premier ministre chinois s’est également engagé à réduire de 60 % à 65 % l’intensité de son économie en carbone d’ici à 2030.
On ne peut s’empêcher de regretter que la Chine n’ait pas saisi l’occasion pour se montrer plus ambitieuse. Certains experts prévoient que le pic d’émissions de CO2 du pays sera en réalité franchi entre 2020 et 2025, du fait de la plus faible croissance de l’économie chinoise, mais aussi du développement de son parc de centrales nucléaires et, plus marginalement, de ses investissements dans les énergies renouvelables. L’objectif de 2030 aurait donc pu être avancé.

Mais ne boudons pas notre plaisir : les efforts chinois sont les bienvenus et il faut les saluer. La publication des engagements de la Chine, 42e des 195 Etats participant à la conférence de Paris en décembre à faire connaître sa contribution, a aussi le mérite de marquer l’entrée en piste des grands pays émergents, essentielle pour la réussite de la COP21. A l’Inde, maintenant, de s’engager.

Le Monde, 01/07/15

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 19:54

Dans le monde entier, le débat sur les énergies « propres » fait rage. Encore un domaine où la Chine prend la tête du cortège. Explication.

« L’économie verte », créatrice à la fois d’emplois et d’air pur, que les politiciens européens évoquent si souvent comme une espèce d’utopie pour un avenir éloigné, est une réalité en Chine. Il faut dire que le pays est sur la sellette depuis le sommet de Copenhague en 2009. En 2010, avec 23 % des émissions de CO2 mondiales, elle se voyait décerner le titre peu envié de premier pollueur de la planète.

Premier pollueur ? L’argument est à relativiser. D’abord, les émissions de CO2 doivent être prises dans une perspective historique : que pèsent les émissions chinoises d’aujourd’hui dans le réchauffement climatique, par rapport à celles de l’Europe qui brûle du charbon, puis du pétrole, depuis la Révolution industrielle ? Ensuite, accuser la Chine c’est bien gentil, mais n’oublions pas que les biens ici fabriqués sont en grande partie destinés aux marchés étrangers ; la responsabilité des émissions est donc largement partagée ! Enfin, comparer les émissions chinoises (donc d’1,3 milliard d’habitants) avec les émissions de pays plus petits n’a pas beaucoup de sens. Il est évident que les pays les plus peuplés émettent le plus de CO2 ! Par habitant en revanche, le Chinois émet moitié moins que l’Européen le plus vertueux et quatre fois moins que l’Américain moyen !

Cela dit, quelles que soient les circonstances historiques et les responsabilités respectives, il faut agir. D’une part, parce qu’au fur et à mesure du développement économique, la population du pays tend vers un mode de vie de plus en plus énergivore. D’autre part, parce que les ressources énergétiques sont déjà exploitées au maximum et que les approvisionnements étrangers coûteront probablement de plus en plus cher.

Depuis plusieurs années déjà, des projets-pilotes, des initiatives régionales, des plans de grande ampleur ont été mis sur les rails. En octobre 2012, le Bureau de l’information du Conseil des affaires d’État de Chine a publié le Livre blanc sur la politique énergétique chinoise qui définit un catalogue d’objectifs mesurables et de projets concrets d’ici à 2030. Dans ses grandes lignes, ce plan veut mettre l’accent sur les économies d’énergie et sur les énergies vertes. Le plan distingue entre énergies « renouvelables » qui sont l’hydroélectricité, le photovoltaïque, le biogaz et l’éolien, et les énergies « vertes », qui sont les mêmes plus le nucléaire (non émetteur de CO2). L’objectif est d’atteindre 20 % d’énergies vertes d’ici 2020 et le « pic d’émissions » en 2030, date à partir de laquelle la consommation énergétique du pays devrait décroître (avec un PIB qui devra continuer de croître).

Selon l’AIE, 2014 est l’année où l’on a vu les premiers résultats de ces investissements, puisque les émissions de CO2ont reculé de 2 % par rapport à 2013, pour la première fois depuis 2001.

La force de ce plan est qu’il répond à diverses préoccupations et rassemble plusieurs objectifs. Par exemple, les énergies renouvelables sont vues non seulement comme un moyen d’améliorer la qualité de l’air et de faire baisser les émissions de CO2, mais aussi comme une façon de réduire la dépendance du pays envers les importations d’hydrocarbures. Au-delà des objectifs écologiques et sanitaires, la Chine voit aussi dans les énergies renouvelables un moyen de renforcer sa sécurité énergétique. La transition énergétique est en même temps un formidable réservoir d’emplois. Selon une étude récente publiée par l’Institut d’études urbaines et environnementales de l’Académie des sciences sociales de Chine, 4,5 millions d’emplois directs seront créés, et plusieurs dizaines de millions d’emplois induis, d’ici à 2020, par les investissements dans les énergies renouvelables. Enfin, la course aux énergies propres répond à la priorité gouvernementale dans la « nouvelle normalité » qui est de favoriser l’innovation et la création de PME. Contrairement à l’Europe où les initiatives écologiques sont souvent l’objet d’un débat idéologique entre « idéalistes » et « réalistes », elles s’inscrivent ici dans la logique globale du développement économique et social du pays. Créer des emplois, améliorer la qualité de l’air, renforcer la sécurité énergétique, faire des économies, tel est le programme dévolu au développement des énergies vertes.

Le « mix énergétique » doit évoluer

Au-delà du consensus général sur une politique qui fait plus de place à l’énergie renouvelable, il faut bien constater que chaque type d’énergie verte présente ses aspects positifs et négatifs, aucune ne présentant que des avantages. Surtout, chacune correspond à des conditions locales et mondiales bien particulières. Aussi bien en Chine qu’ailleurs, l’idée du « mix » énergétique est désormais entrée dans les esprits. Seul un « mix » énergétique, c’est-à-dire une combinaison des différentes sources d’énergie, pourra faire face au double défi qui consiste à répondre à la demande croissante sans mettre à mal les ressources naturelles limitées de notre planète.

Le plan annoncé par la Chine (20 % de la consommation énergétique fournis par des énergies propres) ne pourra être tenu qu’à certaines conditions, soulignait Michel Aglietta, de l’Agence française de développement, lors de son intervention à la conférence sur la transition énergétique chinoise organisée à Beijing en novembre 2014. L’étalement urbain, qui favorise les déplacements en voiture, par exemple, et le choix de la Chine de remplacer massivement le charbon par du gaz, vont à l’encontre des objectifs affichés. En revanche, l’investissement dans le solaire, l’éolien, le biogaz et les technologies innovantes est encourageant.

Des investissements en hausse constante

En 2014, le pays a investi un total de 336 milliards de yuans (1 euro ~ 6,25 yuans) dans de nouvelles capacités de production éolienne, solaire et autres énergies renouvelables. Avec 378 GW de capacité installée, la Chine s’est hissée au premier rang des pays producteurs d’énergie renouvelable, principalement hydroélectrique et éolienne. Depuis l’année dernière, la Chine est le premier producteur et consommateur mondial d’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique, dont la production cumulée est équivalente des productions d’énergie totales de la France et de l’Allemagne additionnées.

Des pistes nouvelles sont en cours de développement. Lorsqu’on parle d’énergie renouvelable, on pense d’abord à l’éolien et au photovoltaïque. Mais selon les régions, d’autres sources d’énergie verte sont possibles. La Chine est déjà le troisième producteur mondial d’éthanol (après les États-Unis et le Brésil), un carburant qui fait rouler dès à présent 20 % du parc automobile chinois. À en croire les experts chinois, ces cultures ne menacent pas la sécurité alimentaire du pays, malgré le nombre croissant de fermiers qui se reconvertissent à l’éthanol, contredisant les inquiétudes affichées par le Fonds monétaire international qui s’inquiète de plus en plus de la compétition qui s’installe au niveau mondial entre bio-fuels et agriculture nourricière et qui tend à pousser vers le haut les prix des produits agricoles.

Économies d’énergie

La source d’énergie la moins controversée, ce sont les économies d’énergie. Selon les pays, le manque d’isolation des bâtiments, la mauvaise qualité des routes et des véhicules, les déperditions de réseau électrique et les équipements électriques obsolètes peuvent représenter jusqu’à 50 % de la facture énergétique totale. Dans bien des pays, on pourrait donc, par des mesures relativement simples, rapides et durables, réduire la consommation d’énergie et donc éviter ou reporter la construction de nouvelles centrales électriques, faire baisser la facture pétrolière, et au final améliorer aussi bien la qualité de l’air que faire des économies. Cette piste est également privilégiée en Chine, puisqu’elle est mentionnée en tête des mesures prioritaires annoncées par le Livre blanc sur l’énergie publié en 2012. L’une des mesures concrètes consiste à limiter l’usage de l’air conditionné et du chauffage. Une circulaire du Conseil des affaires d’État recommande que la température à l’intérieur des bâtiments publics ne soit pas fixée en-dessous de 26°C l’été, et qu’ils ne soient pas chauffés à plus de 20°C l’hiver.

Enfin, des projets innovants de grande envergure ont été lancés, souvent en faisant appel à la coopération internationale. Citons les trois principaux : Smart grid, CCS, CTL.

Smart grid : la Chine et les États-Unis sont en pointe dans ce domaine qui consiste à optimiser, par l’emploi de technologies de mesure des besoins et de communication en temps réel, mais aussi de vastes batteries de stockage, l’équilibre entre production et consommation électrique. La Chine a lancé, en partenariat avec l’entreprise américaine Honeywell, un ambitieux plan de « réseau intelligent » d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de yuans, qui permettra sur la période 2016-2020 de réduire la déperdition électrique dans le réseau chinois.

CCS (carbon capture and storage) : une technologie encore en phase de test qui consiste à récupérer et à stocker le CO2là où il est produit (surtout dans les centrales à charbon), dans laquelle la Chine est en passe de devenir l’un des leaders, avec des solutions commerciales qui seront proposées dès 2015, comme l’explique Philippe Paelinck, directeur de la division carbone d’Alstom, qui participe à 3 projets CCS en partenariat avec des centrales électriques chinoises.

Enfin, le CTL (coal to liquid), est une technologie qui permettra d’améliorer le bilan écologique du charbon. Le charbon liquéfié, séparé de ses impuretés, devient une source d’énergie similaire au gaz naturel. Une technologie qui n’est pas encore au point commercialement mais très prometteuse, surtout pour la Chine qui restera pendant encore plusieurs décennies le premier producteur et le premier consommateur mondial de charbon.

Tous ces efforts doivent concourir non seulement à améliorer la qualité de l’air en Chine, mais aussi à faire baisser l’« intensité énergétique » de l’économie chinoise, c’est-à-dire d’abaisser la consommation d’énergie par unité de PIB. L’objectif affiché pour parvenir au « pic de consommation énergétique » en 2030 est une baisse de 17 % par unité de PIB, qui suit une baisse de 20 % déjà réalisée sur la période des XIe et XIIe plans quinquennaux qui s’achève. Un objectif qui va de pair avec la modernisation de l’économie et sa tertiarisation. Plus l’économie se recentrera sur des services à haute valeur ajoutée, moins elle comptera, en proportion, sur la production massive de biens manufacturés, et moins elle consommera d’énergie par unité de PIB. On l’oublie parfois, mais la création d’emplois qualifiés est écologique.

Combiner emploi et écologie : une leçon à méditer pour les décideurs occidentaux qui donnent souvent l’impression de brasser du vent sur ces questions.

CHRISTOPHE TRONTIN, membre de la rédaction La Chine au Present

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 14:20

Pour la première fois en plus de dix ans, les émissions chinoises de dioxyde de carbone ont diminué en 2014. Cette baisse serait d’environ 2% par rapport à 2013, d’après une estimation de Bloomberg New Energy Finance. Cette étude est basée sur les données du Bureau National des Statistiques Chinois concernant la demande d’énergie primaire.

Une baisse qui s’explique principalement par la réduction du recours au charbon par la Chine (-3,9%) pour produire de l’électricité, au profit d’autres sources d’énergie comme le pétrole, le gaz naturel, mais aussi les énergies renouvelables. Une baisse non négligeable puisque le charbon représentait les deux tiers de l’énergie primaire consommée par ce pays de 1,4 milliard d’habitants (64,2% aujourd’hui).

Ce sont donc les efforts du pays en faveur de l’environnement qui commencent à porter leurs fruits. La semaine dernière, le gouvernement chinois a annoncé la mise en place d’un plan visant à réduire la consommation nationale de charbon de 160 millions de tonnes d’ici à 2020. Parallèlement, le pays espère que sa consommation d’énergie non-fossile atteindra 15% du total de l’énergie consommée d’ici à la fin de la décennie.

La Chine a déjà investi plus de 89,5 milliards de dollars dans les énergies propres, particulièrement en solaire et en éolien. Elle construit également de nombreuses centrales nucléaires, qui fourniront de l’électricité en grande quantité et sans émissions de CO2.

Publié le 16 mars 2015 EDF

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