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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 21:09

Le premier projet de loi de la Chine sur la violence familiale devrait être soumis à une première lecture au mois d'août, a déclaré mercredi une porte-parole de l'Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois).

"Si tout va bien, nous attendons que la loi prenne forme après deux ou trois lectures," a indiqué Fu Ying, porte-parole de l'APN .

Un projet de loi a été rendu public pour recueillir les avis et a attiré une large participation, a-t-elle poursuivi.

La plus grande polémique concernant ce projet de loi sont les conditions qui doivent être requises par les autorités pour s'impliquer dans les affaires privées d'un couple ou d'une famille, a indiqué Mme Fu.

"Il est difficile d'atteindre un consensus pour établir la frontière à ne pas dépasser puisque la société chinoise est encore relativement conservatrice," a-t-elle observé.

Cependant, l'élaboration d'une loi sur la violence familiale a prouvé la position de l'Etat à ce sujet, qui pratique une tolérance zéro à l'égard de la violence, même dans le milieu familial, a-t-elle souligné.

Traditionnellement, la violence familiale est considérée comme étant une affaire privée et même un tabou qui doit être caché au sein de la famille. En règle générale, la police ne répond pas aux appels des victimes demandant de l'aide.

D'après la Fédération nationale des femmes de Chine (FNFC), près de 25% des femmes chinoises ont souffert de violences familiales dans leurs vies de femmes mariées.

Un sondage effectué en 2010 par la FNFC et le Bureau d'Etat des Statistiques (BES) a montré que 33,5% des filles et 52,9% des garçons interviewés avaient reçu "des punitions physiques" de la part de leurs parents pendant une période de 12 mois cette année.

Ce projet de loi, publié en novembre 2014 par le Bureau des Affaires législatives du Conseil des Affaires d'Etat, autorise les organisations sociales et les individus à dissuader, interdire et signaler les abus physiques et psychologiques commis par la famille de la victime.

Ce projet stipulera également que la police devra intervenir immédiatement quand de tels faits seront signalés.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Luo Jingping, le 04/03/2015

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:30

La réforme des salaires des dirigeants des entreprises publiques chinoises va bientôt être mise en œuvre. 72 sociétés, comme Petrochina et d'autres, seront les premières touchées par ce mouvement.

Qiu Xiaoping, Vice-ministre du Ministère des ressources humaines et de la sécurité sociale, a annoncé dans une interview diffusée le 20 novembre que la réforme du système de gestion des rémunérations des entreprises publiques entrera en vigueur au début de 2015. La réforme impliquera d'abord 53 entreprises dont les dirigeants sont responsables devant le Conseil des Affaires de l'Etat et la SASAC (Commission de contrôle et d'administration des actifs de l'Etat), et ceux des entreprises publiques nommés par le Département de l'organisation du Gouvernement, comme PetroChina, Sinopec, China Mobile ainsi que 19 autres sociétés publiques du secteur des finances, des chemins de fer et autres, soit au total 72 entités.

Le Vice-ministre a précisé que « par rapport à la politique actuelle, après la réforme, les salaires de nombreux dirigeants d'entreprises publiques va baisser, et pour certains, la baisse sera même relativement forte ».

Il est également à noter que, après la mise en œuvre de la nouvelle politique, la structure des salaires des dirigeants des entreprises publiques va également changer : par rapport à l'ancien système en deux parties composé du salaire de base et des primes de performance, le nouveau système inclura désormais également des primes d'intéressement.

De même, le nouveau système de salaires comprendra également un mécanisme de « récupération ». Aux termes du projet à venir, au cas où l'évaluation annuelle ou à terme des dirigeants sera insuffisante, ceux-ci ne percevront pas les primes de performance ni les primes d'intéressement. En d'autres termes, si leurs performances ne sont pas bonnes, ils pourront se voir demander de restituer les rémunérations qui auront déjà été versées.

( Source: le Quotidien du Peuple en ligne ) 21.11.2014

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 08:09

Beijing organisera une audition publique sur la hausse des prix des tickets de bus et de métro ce mois-ci.

Vingt-cinq personnes, dont des fonctionnaires, des représentants du secteur, des législateurs locaux et des résidents, participeront le 28 octobre à cette audition, a déclaré un porte-parole de la Commission municipale du développement et de la réforme de Beijing lors d'une conférence de presse.

Ce porte-parole a dévoilé deux projets de tarification du métro : deux yuans (33 cents américains) pour un trajet de moins de trois kilomètres ou trois yuans pour un trajet de moins de six kilomètres.

Dans le cadre du deuxième projet, les navetteurs devront payer plus pour les plus longs trajets.

Les navetteurs qui possèdent une carte de transport pourront bénéficier d'une réduction de 20% lorsque le coût mensuel de leurs trajets dépasse 100 yuans, et d'une réduction de 50% pour un coût supérieur à 150 yuans.

Dans le cadre des deux projets, un trajet simple coûtera en moyenne 4,3 à 4,4 yuans.

Selon les deux projets de tarification du bus, le coût moyen d'un trajet de bus sera augmenté à 1,3 ou 1,5 yuan, a ajouté le porte-parole.

Malgré cette hausse des prix, le gouvernement municipal de Beijing devrait continuer de financer 50% des coûts de fonctionnement du métro et 62% des coûts de fonctionnement du bus.

A Beijing, le nombre de passagers du métro a atteint 3,2 milliards en 2013, en croissance de 350% par rapport à 2007. Les subventions gouvernementales ont augmenté de 13,5 milliards de yuans en 2010 à 20 milliards de yuans en 2013.

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xu Yongchun, le 13/10/2014

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 22:42

Plusieurs milliers de travailleurs ont mis fin à une grève de deux jours devant une usine taïwanaise de produits électroniques dans la province chinoise du Guangdong (sud), après que les responsables de l'entreprise ont promis de réduire leurs propres salaires de 10% à 30%.

Les cadres supérieurs de Dongguan Masstop Liquid Crystal Display Co., Ltd. ont pris la décision d'abaisser leurs rémunérations afin de réduire les coûts, après des négociations avec les représentants des ouvriers.

L'usine appartient à Wintek Corporation, fabricant électronique taïwanais, qui est un fournisseur d'Apple.

Wintek (China) Technology Ltd, une autre filiale de l'entreprise à Dongguan, a également repris jeudi la production, mais sans avoir annoncé de résolution, a précisé Xu Liqing, fonctionnaire local chargé de l'information.

Quelque 16.000 ouvriers des deux filiales se sont mis en grève mardi et mercredi afin de protester contre le montant beaucoup moins élevé que prévu de leurs primes pour la Fête de la mi-automne.

Un ouvrier dont le nom de famille est Zhang a expliqué que chaque travailleur avait reçu pour la Fête de la mi-automne de l'année dernière une prime de 700 yuans (114 dollars) et une boîte de gâteaux de lune.

Selon un communiqué de presse de Dongguan Masstop Liquid Crystal Display Co., Ltd, la réduction de ces primes s'explique par les mauvais résultats enregistrés récemment par l'entreprise.

Durant la grève, les travailleurs ont bloqué des routes près de leurs usines.

( Source: Xinhua )12.09.2014

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 21:17

Un sondage, mené en ligne sur le célèbre réseau social chinois Sina Weibo, rapporte qu'un peu plus de 90% des répondants sont pour le mariage homosexuel.

Plus de 100.000 « Weibonautes » ont répondu au sondage qui a également attiré l'attention de plus de 10 millions de lecteurs.

Selon des informations fournies par le réseau social, 80% des jeunes et 44% des personnes âgées supporteraient le mariage gay. Les femmes seraient plus nombreuses que les hommes à le soutenir avec 84% d'entre elles qui y seraient favorable, alors que 71% des hommes accepteraient qu'une loi favorisant le mariage homosexuel soit votée dans le pays.

On notera cependant que le panel n'est pas forcément représentatif de toute la population chinoise. En effet, si les jeunes sont largement présents sur le réseau social Weibo, ce n'est pas le cas des personnes plus âgées.

Parmi les commentaires favorables, avancés par les votants, on peut lire :

« Je soutiens fortement le mariage gay, l'égalité et l'amour suprême ! Tout le monde a le droit d'être heureux ! »

« Il est contre-nature de ne pas écouter sa propre nature. »

Et dans le camp des opposants :

« J'y suis fortement opposé ! Le mariage entre deux personnes du même sexe n'est pas naturel. Ne laissons jamais une telle chose se produire. »

« Dans ce cas pourquoi ne pas accepter le mariage entre 3 ou 4 personnes... »

« Je ne suis pas contre l'homosexualité mais je m'oppose au mariage gay. »

« Je respecte le droit de chacun à choisir qui il aime mais je ne suis pas certain que le mariage gay tel qu'il se présente dans les pays occidentaux, soit compatible avec les valeurs traditionnelles et l'ordre éthique chinoises. »

Si le sujet fait débat dans le pays et si les questions et remarques soulevées sont les mêmes que partout ailleurs, aucun projet de loi en faveur du mariage homosexuel n'est actuellement à l'étude en Chine.

Il y aurait aujourd'hui bien plus de 120 millions de gays et lesbiennes en Chine selon une association chinoise de parents d'homosexuels.

La Rédaction
© Chine Informations - La Rédaction, le 09/09/2014

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 21:11

Le China Business News, basé à Shanghai, a annoncé jeudi que les grandes banques chinoises, celles qu’on appelle aussi parfois les « big five » pourraient bien être les premières cibles de la réforme encouragée par le gouvernement et visant à réduire les salaires des cadres supérieurs des entreprises publiques.

Selon toute vraisemblance, a confié au journal un initié du secteur bancaire, les cadres supérieurs de la Banque industrielle et commerciale de Chine (China Industrial and Commercial Bank), de la Banque de la Construction de Chine (China Construction Bank), de la Banque Agricole de Chine (China Agricultural Bank), la Banque de Chine (Bank of China) et la Banque populaire de Chine (People's Bank of China) seront ceux qui devront faire face en premier aux réductions de salaire touchant les dirigeants des entreprises publiques du pays.

Zhang Yun, président de la Banque agricole de Chine a été le premier parmi les dirigeants des cinq grandes banques d'État à défendre ouvertement la réforme. La banque « soutiendra fermement et appliquera strictement la décision », a déclaré M. Zhang lors de la conférence de presse sur les résultats semestriels de la banque, qui a eu lieu mardi.

D’après l’initié cité plus haut, la future réforme aurait suscité une panique grandissante chez les hauts dirigeants et cadres moyens des cinq grandes banques.

Des rumeurs ont laissé entendre que la Banque de la Construction de Chine préparait un plan de réduction des salaires visant à diminuer les rémunérations des présidents de 50%, des chefs de service de 30%, et du personnel de 10%, mais cela n'a pas été confirmé.

Toutefois, selon des articles de presse, les baisses pourraient atteindre pas moins de 70%, et un plafond de 600 000 Yuans (100 000 Dollars US) pourrait être imposé aux salaires annuels des cadres.

De son côté, un cadre de niveau intermédiaire d'une banque d'Etat s’est plaint à des journalistes que leurs salaires sont inférieurs à ceux rencontrés dans les banques commerciales du pays à investissements participatifs conjoints et celles à capitaux étrangers.

Les statistiques montrent qu'en 2013, la Ping An Bank est arrivée en tête de liste pour les salaires annuels des cadres supérieurs, suivie par la Mingsheng Bank et la China Merchants Bank.

Conformément à la réglementation mise par la Commission de Régulation Bancaire de Chine, la part de salaire des cadres dirigeants évaluée à la performance devra être maintenue en dessous du triple de leur salaire de base, et le paiement d'au moins 40% de cette fraction devra être retardé de plus de trois ans.

Un dirigeant de niveau intermédiaire craint que les réductions de salaire prévues ne réduisent la capacité des banques à attirer les talents.

Les experts impliqués dans l'élaboration du plan de baisse des rémunérations estiment pour leur part que le fait que les cadres supérieurs des entreprises publiques reçoivent un revenu annuel de plusieurs millions de yuans, tout en profitant des privilèges des hauts fonctionnaires, fait depuis longtemps l’objet de controverses.

La semaine dernière, le Président Xi Jinping a déclaré que les salaires déraisonnablement élevés des dirigeants des principales entreprises publiques devaient être ajustés, et les a exhortés à avoir un plus grand sens des responsabilités et le sens du dévouement.

( Source: le Quotidien du Peuple en ligne ) 29.08.2014

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 18:13
Le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a annoncé jeudi que le salaire mensuel moyen des 166 millions d'ouvriers migrants en Chine avait augmenté de 13,9% l'année dernière. Les ouvriers migrant, définis comme ceux qui travaillent loin de chez eux pour plus de six mois, ont gagné en moyenne 2.609 yuans (429.2 dollars) par mois, a déclaré le ministère. Fin 2013, on dénombrait 269 millions de paysans travaillant dans des secteurs non agricoles, soit 2,4% de plus que l'année précédente.
 
© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xu Yongchun, le 20/02/20
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 18:02
Pour Han Dongfang, syndicaliste et fondateur du China Labour Bulletin, le paysage social a changé en vingt ans. Les conflits du travail se sont multipliés. Émerge un mouvement ouvrier.

Mon combat pour les ouvriers chinois, de Han Dongfang 
en collaboration 
avec Michaël Sztanke. Éditions Michel Lafon, 2014, 240 pages, 17,95 euros.

«Un mouvement ouvrier a véritablement émergé en Chine avec la multiplication des grèves et des conflits. De plus en plus de travailleurs n’hésitent plus à porter plainte devant la justice. Une vraie conscience de classe s’affirme qui peut transformer la Chine et profiter au reste du monde du travail en consolidant les solidarités et les luttes pour de meilleures conditions sociales. » Han Dongfang se félicite de cette perspective : c’est son combat. Ce fils de paysan, ancien cheminot, est une figure du mouvement de 1989 pour avoir créé la Fédération autonome des travailleurs de Pékin. Il fut condamné à deux ans de prison. Il vit aujourd’hui à Hong Kong où il a fondé le China Labour Bulletin, une source incontournable pour prendre le pouls des revendications ouvrières en Chine. Depuis vingt ans, avec son équipe de juristes et de chercheurs, il aide à distance les salariés, les informant de leurs droits en vertu des lois chinoises sur le travail, encore trop peu respectées.

Han Dongfang rejette l’étiquette de dissident. « Nous ne voulons pas faire la révolution, explique-t-il lors de son récent passage à Paris. Mon but est de défendre les ouvriers chinois en favorisant les négociations collectives dans les conflits sociaux. C’est une approche constructive déconnectée des enjeux idéologiques et de pouvoir. En ce sens, j’ai beaucoup évolué sur la question du rôle d’un syndicat. Nous ne cherchons pas l’affrontement politique. Je le dis aux ouvriers : “Si le Parti communiste quittait le pouvoir, votre vie serait la même et vous seriez exploités de la même manière, par le même patron, qui serait alors soutenu par des officiels différents.” L’autonomie et la liberté à l’égard du Parti sont nécessaires. Pour autant, dans notre stratégie, la première des priorités consiste à ne pas être soumis aux patrons. Les syndicats doivent conquérir leur indépendance vis-à-vis des employeurs et briser leur toute-puissance par la négociation collective. »

Han Dongfang estime ainsi que le moment est « idéal ». Le développement économique de la Chine, longtemps tourné vers les exportations qui imposaient un faible coût de main-d’œuvre, a aujourd’hui besoin de l’essor d’un marché intérieur. Donc d’une augmentation du pouvoir d’achat. Dans le même temps, une nouvelle génération d’ouvriers plus revendicative a changé le paysage social chinois et le syndicat officiel « commence doucement à se réveiller et à essayer de réajuster son rôle, constate Han. Il est clair que les changements doivent avoir lieu avec lui ; déjà dans certaines entreprises, le responsable du syndicat officiel a été élu directement par les salariés ». Reste à former ces élus à une réelle pratique syndicale.

 

Dominique Bari

Tribunes - le 27 Janvier 2014

Essai

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 16:24
Les responsables dans les districts défavorisés peuvent désormais cesser de se préoccuper du PIB régional, car les autorités centrales ont décidé de faire de la réduction de la pauvreté la priorité de leur travail.

Le pays va réformer le système d'évaluation des responsables dans les districts défavorisés en donnant la priorité à la réduction de la pauvreté et non plus au PIB régional, selon une directive publiée samedi par les bureaux généraux du Comité central du PCC et du Conseil des Affaires d'Etat.

Le PIB ne sera plus un critère d'évaluation dans les districts où l'écologie est fragile ou dont le développement est restreint par le gouvernement pour assurer une croissance durable, selon la directive.

"Le pays considérera l'amélioration des conditions de vie des personnes vivant dans la pauvreté et la réduction de la population pauvre comme des indicateurs majeurs" afin d'inciter les responsables dans les régions défavorisées à faire de la réduction de la pauvreté la priorité de leur travail, souligne la directive.

( Xinhua )
27.01.2014
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 10:04
 
Que sont devenus les travailleurs chinois après la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 ? La plupart des Chinois recrutés par les Britanniques sont restés jusqu’en 1920. C’est le cas de ceux qui avaient été recrutés en 1917 pour un contrat de trois ans. « Ils ont servi pour la reconstruction et le nettoyage des champs de bataille dans l’Artois et à Ypres dans les Flandres », précise Ma Li, auteure des Travailleurs chinois dans la première guerre mondiale (2012). Parmi les Chinois employés par la France, les derniers sont repartis en 1922. Fortement invités par les autorités françaises à rentrer chez eux, une petite minorité décide de rester. Emmanuel Ma Mung, géographe, spécialiste des migrations chinoises, estime qu’ils furent entre 2000 et 3000 Chinois à s’installer à Paris, en banlieue et dans certaines grandes villes de province. « Ces personnes venaient tous de la province de Zhejiang au sud de la Chine, notamment de la petite ville de Qingtian et de Wenzhou, explique-t-il. Ils ont retrouvé à Paris, des personnes originaires de la même province, déjà installées en France avant la Première guerre mondiale. Il y avait dans cette région une tradition migratoire ancienne, celle des colporteurs de Qingtian, qui traversaient la Chine et la Russie pour vendre des objets de pierres et des statuettes ».

A Paris, ces Chinois se retrouvent à l’îlot Chalon, près de la gare de Lyon. « Il y avait dans ce quartier des cantines chinoises qui étaient devenuus des petits centres consulaires, indique Marie Holzman, sinologue, auteur de Chinois de Paris (1989). Un point de rencontre pratique pour ces hommes débarqués en bateau à Marseille qui arrivaient en train à la gare de Lyon. « Il faut garder à l’esprit qu’ils n’étaient jamais sortis de leur village et qu’ils ne parlaient pas un mot de français ni même de mandarin », rappelle Marie Holzman. Selon Ma Li, 80% des travailleurs chinois venus travailler en France étaient illettrés. Après la guerre, la plupart deviennent colporteurs. « Comme ceux qui étaient là avant, ils vendaient sur les marchés des produits de maroquinerie », ajoute Emmanuel Ma Mung. A partir du milieu des années 1920, les Chinois s’installent également dans d’autres quartiers. A Richard-Lenoir, ils travaillent dans l’ébénisterie. Dans le Sentier et aux Arts-et-Métiers, ils sont embauchés dans des ateliers de textile tenus par les Juifs. Petit à petit, les Chinois rachètent ces ateliers. « L’expansion des Chinois dans le quartier des Arts-et-Métiers date véritablement de la seconde guerre mondiale, précise Marie Holzman. Beaucoup de Juifs ont alors été déportés par les Allemands. Dès qu'un atelier était vide, les Chinois s'installaient ».

Dans quelle mesure ces immigrés chinois s’intègrent-ils dans la société française de l’époque ? « Ils se sont intégrés économiquement, mais il ne faut pas oublier qu’en arrivant en France, ils n’avaient jamais vu une école de leur vie. Il est très difficile de saisir leur vision du monde », déclare Emmanuel Ma Mung. Selon Ma Li, l’intégration se fait notamment par le mariage. Nombre des Chinois épousent des Françaises, souvent des migrantes venues d'Alsace, de Normandie et de Bretagne. Une petite partie d’entre eux sont politisés et syndicalisés, en particulier, ceux qui ont travaillé dans les usines françaises. Comme pour beaucoup de Chinois de l’époque, leur conscience politique naît pendant la Conférence de paix de Paris. La Chine, qui se trouvait dans le camp des vainqueurs de la guerre parce qu’elle avait pourvu les Alliés en main d’œuvre, assiste impuissante au transfert de la province du Shandong au nord de la Chine (détenue par les Allemands) au Japon. « Or, la grande majorité des travailleurs chinois venaient du Shandong. Pour eux, c’était une humiliation, insiste Ma Li. C’est à cause d’eux qu’est né le mouvement du 4 mai 1919, qui voit plus de 3000 étudiants se réunir devant la place Tiananmen, pour manifester contre le traité ».

Selon l’historienne, les travailleurs chinois découvrent les idées marxistes et anarchistes au contact des milliers de jeunes concitoyens venus étudier en France dans les années 1920, tels Zhou Enlai (premier ministre chinois de 1949 à 1976) et Deng Xiaoping (président de facto de la Chine de 1978 à 1992). Entre la fin de la guerre et 1927, 4000 jeunes chinois avaient fréquenté les universités françaises dans le cadre du mouvement Travail-Etudes, créé par le Chinois Li Shizeng, philanthrope et admirateur de la culture française. « Ces Chinois sont d'autant plus sensibles au discours communiste dans les années 1920 qu'ils sont venus ou restés parce que la France est le pays de la Révolution, explique Marie Holzman. 1789 exerce une très grande fascination sur eux. Le pôle d'attraction n'était pas encore l'URSS qui émergeait à peine de sa révolution. A l'époque, on allait faire ses études à Paris ». Pour Emmanuel Ma Mung, l’influence de ces étudiants est à relativiser : « D’après les témoignages recueillis, les intellectuels comme Zhou Enlai venaient manger dans les cantines de l'îlot Chalon, ils y rencontraient ces Chinois d’extraction très populaire. Leur but était de les éduquer, mais ils n’ont pas été très suivis, parce que la différence sociale était trop énorme ».

Lorsque l'îlot Chalon est rasé au début des années 1970, beaucoup de Chinois s'installent à Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise), mais aussi dans les quartiers parisiens des Arts-et-Métiers et de Belleville. Au sein des familles immigrées chinoises, la mémoire des travailleurs de la première guerre mondiale s'est peu à peu éteinte. « On sait qu'un grand oncle est venu travailler pendant la guerre, mais cette mémoire est restée cantonnée dans les familles, explique Emmanuel Ma Mung. Il n'y a pas eu de travail de mémoire collectif ». L'une des seules démarches a été tuée dans l'oeuf : l'Association générale des travailleurs chinois en France avait demandé dans les années 1920 que leurs concitoyens morts pendant la première guerre mondiale soient enterrés dans un cimetière, mais cette demande fut rejetée par les autorités françaises, pour des raisons budgétaires. Ce n'est que le 11 novembre 1988, qu'une plaque commémorative est apposée près de la gare de Lyon à Paris (Voir photo). Elle est inaugurée par Paul Quilès, député, membre du Conseil de Paris et ancien ministre de la Défense. Une stèle « à la mémoire des travailleurs et des combattants chinois morts pour la France » est ensuite érigée en 1998 dans le jardin Baudricourt, à Paris dans le 13e arrondissement. Dernier geste de reconnaissance en date de la part de l'Etat français envers ces travailleurs chinois : le financement par le ministère de la défense d'un important travail de recherche sous la direction de l'historienne Ma Li, en 2012.

 

 

Le Monde 26/12/2013

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